I.a mère Morel
LA MÈRE MOREL, Süll|>iranl.
Ce qu’es! passé, ne r’vienl plus.
LA CIGALE
(> va-t-il bien ce malin, inére Morel ?...
• LA MÈRE MOREL
Dans les pri.v doux... J'ai mon rbumatisme; mais j’Itii fais balayer les escayers... ça le secoue... Ah! ça dites-nioi donc un peu pourquoi que vous vous amusez comme ça, tous les Jours, àcharbonner votre almanach?
Pour être bien sûre que je vieillis, mère Morel...
LA MÈRE MOREL
Ah ! jeunesse... vous jouez avec le feu !... Je vous attends a votre premier cheveu gris!
LA cigale.
Des cheveux gris... moi... je n’en aurai jamais...
LA MÈRE MOREL
J’en ai bien eu des blonds, moi... et cendrés !... Mais, ditcsmoi donc... ma petite Madeleine, vous n’avez pas vu mon polis- ' son?...
LA CIGALE
Benoit, votre fils... non... pas du tout.
l.A MÈRE MOREL.
Maudit garnement... OÙ qu’il peut être?
LKO.N.VWD LA CIGALE.
Avec ses cnmaradus... bien sûr... Ne vous inquiétez donc pas !
LA MÈRE MOREL
Jolie compagnie... des rien du tout... des mauvais sujets. Tenez... savez-vous ce que J’ai trouvé... l’autre jour, dans sa poche... devinez...
Quoi ?
LA MÈRE MOREL
Une pipe !
LA CIGALE
Une pipe!..
LA MÈRE MOREL
Et culottée, à son âge!... ça va sur ses quinze ans... Ah ! c’t enfant là mecausera plus de tourments... voyez-vous...
LA CIGALE
Allons, allons, il ne faut pas se désoler à l'avance, maman Morel... c’est un étourdi, pour ça... oui...
LA MÈRE MOREL
Et gourmand, et paresseux, hargneux, coléreux et répondeur l
LA CIGALE
Bast... il vous aime bien... et il a bon cœur !...
LA MÈRE MOREL
Quand la tête ne vaut rien, le cœur se gâte!...
LA CIGALE, regardant le calendrier.
Quelquefois, mère Morel, c’est le cœur qui guérit la tèle...
(On frappe).
LA MÈRE MOREL
On a frappé.
Vous vous trompez... ce n’est pas ici... je n’attends personne... Ah ! si, monsieur Herbillon, le propriétaire.
TABI.E.vr III