‹ Léonard drame en cinq actes et sept tableauxChapitre 41 sur 95 · SCÈNE VIH · texte numérisé non relu

SCÈNE VIH

LA CIGALE, HERBILLON, LA MÈRE MOREL, puis LÉO.NARD.

LA CIG.ALE, donnant à Herbillon de l’argent <|u’elle a tiié de sa

commode.

Tenez... voilà, monsieur... quarante-cinq francs...

HERBILLON

Et voici votre quittante...

LA MÈRE MOREL

Vous en a-t-il fallu de ces aiguillées de fil pour amasser tout ça!...

HERBILLON

Allez voir madame Herbillon, mon enfant, elle vous a recommandée, m’a-t-elle dit, à plusieurs personnes de nos amis.

* Herbillon, la Cigale, Léonard.

UîOiV.VRl»

' LA CIGALE

Ah ! que vous êtes bons, tous deux... et que je vous suis reconnaissante, monsieur!

HERBILLON

Par exemple !... faire travailler le pauvre, mais c’est le devoir du riche.

LÉONARD, à part en etilrani.

Mon Dieu... je respire à présent... je suis* plus calme...

HERBILLON, presqii’à lui-méme.

Quel est ce jeune homme?...

LA MÈRE MOREL, à M. Herbillon.

C’est le frère à mamzelle Madeleine...

HERBILLON

Ah! votre frère...

LA CIGALE, hésilanl.

'Oui... oui... monsieur...

LA MÈRE MOREL, à Leonard, passant près de lui.

C’est monsieur Herbillon... notre propriétaire... (Elle enire dans la chambre à gauche.)

LÉONARD, saluant.

Monsieur...

HERBILLON

Vous demeurez à Paris, jeune homme?

LÉONARD

Depuis ce matin.

, HERBILLON

El vous venez voir votre sœur...

tA CIGALE, vivement.

Mieux que cela... j’espère bien qu’il ne me quittera plus!...

Oui... oh! oui... c’est aussi mon espoir... qu'une bonne chance me vienne, qu’un emploi, si modeste qu'il soit, m’arrive, et, comme loi, Madeleine, je travaillerai... pour pouvoir vivre à les côlés, pour te voir... pour t'entendre... pour t’aimer...

LA CIGALE, bas.

N’en dis pas tant...

HKRBII.LON.

Vous savez écrire... compter?...

LA CIGALE

Et très-bien, même... oh! il est joliment savant... allez, monsieur...

* Herbillun, la CiKalc, Lcuiiard.

TAIU.KAL' III

HERBILLÛN.

Et que faisiez-vous avant de venir à Paris?

LÉONARD, embarrassé.

J’étais... j’étais...

LA CIGALL, très embarrassée.

Il était... soldai... Monsieur !

LÉONARD, à pari, et la main sur son rœur.

Ah! cela me fait mal, ce qu’elle vient de dire là ! ' 'herbili.on.

Et vous vous nommez?

LÉONARD

Léonard...

HERBILLON

Eh bien, je penserai à vous, monsieur Léonard... vous avez l’air d’un honnête garçon . . .

LÉONARD

Ah! monsieur... mettez-moi à même de gagner ma vie... et... je vous demande bien pardon... je ne sais pas m’exprimer... mais... tenez... essayez moi, monsieur... et vous verrez...

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