SCÈNE II
Les .Mêmes, LÉ0N'.\RD *.
' LÉONARD, en entrant, au garçon.
François... du feu... ma pipe est éteinte.
LE GARÇON
Le feu demandé., voilà.
LÉONARD
Attends un peu... boule de loto... et no tire pas encore tes guêtres... Écoute le menu de mon Balthazar... Une chopine... deux sous de pain, et du veau aux carottes.
LE GARÇON
Oui... m’sieu la Flâne.
LÉONARD, menaçaiK. '
Hein... Tu as dit...
LE GARÇON, interdit. <
Damel... comme on vous appelle ici.
LÉONARD, à part.
Il a raison .. Les imbéciles... avec leur sobriquet I
TÊTE-NOIRE, à Larigole, lui montrant Léonard.
Vois-lu ce garçon-là?
* Larigole, Tète-Noire ii table, Léoii.-ir(l II une autre table-
LÉONARD
LARIGOLE.
Oui.
TÊTE-NOIRE
Eh bien... cV-si mon homme.
LARIGOLE. . .
Ah!... ton second... en herbe.
TÊTE-NOIRE, haut.
Bonjour, Léonard.
LÉONARD
AhI... c’esi toi... Bonjour.
Y a de la place à notre table... Viens donc ?
LÉONARD. '
Non.
TÊTE-NOIRE
Ah !... t'es guère poli.
/ LÉONARD
J’ suis comme ça... Après?...
TÊTE-NOIRE
Rien.
LARIGOLE, bas.
Ce jeune homme est froid.
TÊTE-NOIRE
Oui... mais tôt ou lard... il viendra à moi.
LARIGOLE.
Comment?
TÊTE-NOIRE
Il a un vice...
LARIGOLE.
Lequel ?
Le plus grand... la paresse...
LARIGOLE.
Tu as raison... cela mène à tout. {Criaoi,) Garçon... un litre... et un chinois.
LE GARÇON, comptant l'argent que lui donne Larigole.
Y a rien pour boire?
LARIGOLE, se levant,
Veux-tu te sauver, ivrogne... (A Tête-Noire.) Tu sais... j’ suis toujours là... Nous sommes des vieilles connaissances... nous n’avons jamais eu à nous plaindre l'un de l'autre... Je suis rond en affaire. .. moi... '
PHKMIKH TABLKAl
TÊTE- NOIRE
Très-rond. .. Tu mère devait être juive, et Ion père aiabel
(Larigole serre la maiu àTéie-Noire, et disparaît au milieu des arbres.)
TÉTE-NOlRE.
François... donne-moi donc le journal... hein...
LE GARÇON, ruiissaiU de servir Leonard qui mange et dont il (piille la labié en donnant le journal àTèie-Noire.
Voilà... et après vous. (A pari en s’éloignani.) V’ià-t-il un journal qu’ils aiment ici... ils l’aimcfit lant, que irés-souvenî,. . ils remportent. ,
TÊTE-NOIRE , lisant.
« Cour d’assises !.. . » (Parlé.) Mots sinistres !... toujours quand je les lis... ils me font froid...
(Marcol entre, jelle un regard sur les quatre hommes qui lui désignent * de l'oeil Téte-Noire ; il l'examine silencieusement, puis il s'approche de la table, el s’assied en face de lui. )