‹ Léonard drame en cinq actes et sept tableauxChapitre 5 sur 95 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les .Mêmes, LÉ0N'.\RD *.

' LÉONARD, en entrant, au garçon.

François... du feu... ma pipe est éteinte.

LE GARÇON

Le feu demandé., voilà.

LÉONARD

Attends un peu... boule de loto... et no tire pas encore tes guêtres... Écoute le menu de mon Balthazar... Une chopine... deux sous de pain, et du veau aux carottes.

LE GARÇON

Oui... m’sieu la Flâne.

LÉONARD, menaçaiK. '

Hein... Tu as dit...

LE GARÇON, interdit. <

Damel... comme on vous appelle ici.

LÉONARD, à part.

Il a raison .. Les imbéciles... avec leur sobriquet I

TÊTE-NOIRE, à Larigole, lui montrant Léonard.

Vois-lu ce garçon-là?

* Larigole, Tète-Noire ii table, Léoii.-ir(l II une autre table-

LÉONARD

LARIGOLE.

Oui.

TÊTE-NOIRE

Eh bien... cV-si mon homme.

LARIGOLE. . .

Ah!... ton second... en herbe.

TÊTE-NOIRE, haut.

Bonjour, Léonard.

LÉONARD

AhI... c’esi toi... Bonjour.

Y a de la place à notre table... Viens donc ?

LÉONARD. '

Non.

TÊTE-NOIRE

Ah !... t'es guère poli.

/ LÉONARD

J’ suis comme ça... Après?...

TÊTE-NOIRE

Rien.

LARIGOLE, bas.

Ce jeune homme est froid.

TÊTE-NOIRE

Oui... mais tôt ou lard... il viendra à moi.

LARIGOLE.

Comment?

TÊTE-NOIRE

Il a un vice...

LARIGOLE.

Lequel ?

Le plus grand... la paresse...

LARIGOLE.

Tu as raison... cela mène à tout. {Criaoi,) Garçon... un litre... et un chinois.

LE GARÇON, comptant l'argent que lui donne Larigole.

Y a rien pour boire?

LARIGOLE, se levant,

Veux-tu te sauver, ivrogne... (A Tête-Noire.) Tu sais... j’ suis toujours là... Nous sommes des vieilles connaissances... nous n’avons jamais eu à nous plaindre l'un de l'autre... Je suis rond en affaire. .. moi... '

PHKMIKH TABLKAl

TÊTE- NOIRE

Très-rond. .. Tu mère devait être juive, et Ion père aiabel

(Larigole serre la maiu àTéie-Noire, et disparaît au milieu des arbres.)

TÉTE-NOlRE.

François... donne-moi donc le journal... hein...

LE GARÇON, ruiissaiU de servir Leonard qui mange et dont il (piille la labié en donnant le journal àTèie-Noire.

Voilà... et après vous. (A pari en s’éloignani.) V’ià-t-il un journal qu’ils aiment ici... ils l’aimcfit lant, que irés-souvenî,. . ils remportent. ,

TÊTE-NOIRE , lisant.

« Cour d’assises !.. . » (Parlé.) Mots sinistres !... toujours quand je les lis... ils me font froid...

(Marcol entre, jelle un regard sur les quatre hommes qui lui désignent * de l'oeil Téte-Noire ; il l'examine silencieusement, puis il s'approche de la table, el s’assied en face de lui. )

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