SCÈNE XI
TÊTE-NOIHE, puis MARCOL.
TÈTE NOIRE, criani à Léonard.
Souviens-loi, pourtant, barrière Charonne ! (A lui-méme.) Larigole a bien agi. . . comme toujours!. . . Mais viendra-t-il, ce soir?. . . lui. . . Léonard. . . Nous verrons bien. . . le jour baisse, rentrons mon établissement.
, HAUCOL, en eniruiit et d’une voix enrouée.
Eh ! petit père. . • un verre de limonade. . .
TÊTE-NOIRE, le regardant avec défiance.
Tiens, c'est vous... 1 marchand des quatre saisons... Ous qu'est donc votre voiture?
MARCOL.
Je l'ai remisée rue ^^inte-Placide. . . c'e.-t là qu'elle loge en garni. . .
LÉONARD TÉTF.-NOIRE.
Ah !• • . (En remplissant un verre qu’il donne à Marcol.) VOUS Avez
donc tout vendu vos poireaux?
MARCOL.
Oui. . . en gros. . . à un petit traiteur. . . de la rue de Vaugirard. . . j’aime changer de marchandise. . . moi. . . Et vous, ça va-t-il, l’houillon d’grenouilles?. . .
TÊTE-NOIRE
Il y a des bons jours, y en a de mauvais. . . ça dépend des coups d’snieil... et puis... y a des imbéciles. . . qu’aiment mieux l’vin...
MARCOL .'
Les ivrognes! : . . Combien?
TÉTE-NOIRE, refusant l’argent de Marcol.
Laissez donc. . . entre négociants. . . vous me donnerez un radis noir. . . Y a-t il longtemps, hein, que vous faites ce métier-là?...
MARCOL.
Trois ans. . . aux pommes reinettes. . . Je suis né natif de Pantin, jardinier d’mon état... Un beau jour.j’m’ai dit : Bôiat, au lieu d'planter des choux. . . r'vends donc ceux des autres. . . ça fatigue moins, et ça rapporte plus gros... Et vous... la vieille, est-ce que vous êtes né. . . dans la réglisse?. . .
^ TÊTE-NOIRE
Pus souvent!. ..
^ MARCOL.
Alors, vous avez roulé vot’ bosse?. . .
TÈTE-NOlRE.
De droite. . . et de gauche'. . .
Comme l'grand cousin... à ma tante Denize... t’nez... vous savez ben... un gros rougeaud... une frimousse dans vol’ genre...
TÉTE-NOIRK, à iwiT.
Cet homme n’est qu'un niais... je le craignais à tort!
MARCOL.
En v'Ià un, qui s’est balladé... qui a été... jusqu’à Strasbourg... au moins!... Y avez-vous été... vous... à Stra.«bourg ?
TÊTE-NOIRE
Peut-être bien...
TABI,KAl V
MARCOL.
Moi. fai été plus loin que ça, par exemple...
TÉTK-NOIRE,
Vraiment'^... »
MARCOL.
.\h ! oui...
TÊTE -NOIRE
OÙ donc ?
Ü'vinez...
TÊTE-NOIRE
Est-ce que je sais. . .
MARCOL.
Gageons une chopine. . . ça y est-il ?. . . hein . . . voyons, fautil vous le (lire, eh ! ben... c'est à. . . (le regardant en face.) Pondichéry !
TÊTE-NOIRF, treMaillani,
Pondichéry !...
TÊTE-NOIRE, s’élançant, -‘’ur lui.
Al) ! je le tiens. . .
TÊTE-NOIRE
Pas encore?...
MARCOL, lllltaut.
Tu es le Sanglier!...
TÊTE-NOIRE, le poussant vers l’échelle, à lerre.
Tu es le Lynx I
MARCOL.
Tu CS pris.
TÊTE NOIRE, le repoussant, et se jetant dans le trou laissé libre par l’échelle déraugée.
On no ino prend pas comine ça.
-\h ! (Il remet le couvercle du trou avec la barre de fer qui est restée auprès, et sort en disant:) Je te retrouverai!