‹ Léonard drame en cinq actes et sept tableauxChapitre 91 sur 95 · OÙ · texte numérisé non relu

OÙ

LÉONARD

Dans ce pavillon.

LÉOMAUI)

TÉTE-NOlRE, examinant le pavillon, EÉONARÜ.

Là?

Oui. . .

Tant mieux, c’esl au rez-de-chaussée.

TÉTE-NOIRE, à Léonard.

Indique-nous... au jusie... la place.. .

LÉONARD

' La place...

(En dehors, voix de r.* cioxie, cliunlanl.)

Aux conseils du mauvais génie,

Résiste encor comme autrefois,

Fabio, c’est moi, c’est Ion amie,

Elntends ton cœur, entends ma .voix.

LÉONARD, tressaillant.

La Cigale....

LARIGOLE, à part.

Que le diable . . l’enrhume. . .

TÉTE-NOlRE.

Eh bien? finis-en donc.

LÉONARD, avec force, et désignai^t le pavHlon .

Dans la seconde pièce, près de la cheminée, à gauche, derrière une boiserie à sccre', c'est là qu’est l’argent.

Dépêchons. . . Un coup de main, Larigole. . •

LARIGOLE.

Voilà ... (Et en disparaissant tous deux, ils enfoncent la porte du |>a Villon.)

TÈTB-NOIRE.

C’est là !

LARIGOLE.

Viens. (On entend briser une boiserie).

LÉONARD

Oh ! les malheureux !... les malheureux !...

TÉTE-NOIRE, â Larigole en reparaissant .

Vile, partageons. . .

LÉONARD, se plaçant devant la table.

Un insLint.. .

Quoi?. . .

TÉTE-NOIUE.

TAHLEAU VII

l.fÛNARD.

J’ai quelque chose à vous dire...

TÊTE-NOIRE

Tu nous diras cela dans la rue...

LÉONARD

Non.. . ici.. .

TÊTE-NOIRE

Alors. . . dis vite. . .

LÉONARD

Écoute. . . Il y a trois ans. . . c’est toi qui m’as perdu. . . .

TÉTE-NOIRE

C’est possible.. . . Je te fais riche aujourd’hui, nous sommes quittes. <

LÉONARD, à Larigole.

Toi aussi ; déjà tu étais son complice. . .

LARIGOLE.

Après...

, LÉONARD*

Attendez. . . attendez. . . Depuis mon retour, vous vous êtes acharnés tous deux après moi . . . Vos lâches dénonciations m’ont fermé toutes les maisons où je voulais vivre honnête. . . Partout vous m’avez fait refuser le travail et le pain... Vous avez amassé dans mon cœur-., la rage et la haine... Vous m’avez réduit au désespoir.

TÉTE-NOlRE.

Est-ce fini?... Que veux-tu... en deux mots?...

Je devine. . . moi. . . la plus grosse part.. .

LÉONARD

Une part dans vos crimes, non . . . mais votre t-hàliment a tous deux.

TÉTE-NOIRE, à demi-voix.

Ah! nous y voilà!...

LARIGOLE.

Hein !

LÉONARD

Ce vol que vous vouliez commettre... . que vous auriez exécuté sans moi, je ne m’y suis associé que pour renqiécher, et vous entraîner à votre perte.

TÉTE-NOIRE

Notre perle. . .

" Tt‘U‘-Noire, LariKOlc, Lwiiard, devant la table.

LEO.N'AIU)

liS

l*ar exemple I

LÉONARD

Vous ne toucherez pas â la fortune de cet homme, qui le premier m’avait tendu la main, et vous ne sortirez de cette maison que pour être frappés par la loi.

TÉTE-NOlRE

La loi !

LARIGOLE.

*11 nous a trahis !. . .

LÉONARD

On ne trahit que les honnêtes gens... mais des coquins comme vous, on fait une bonne action en les livrant' à la justice. . .

TÊTE-NOIRE

C’est ce que nous verrons.. Viens, Larigole!...

LÉONARD, les ajustaut avec deux pistolets.

Vous ne passerez pas. . .

TÉTE-NOlRE.

Allons donc...

LÉONARD

Prenez garde. . .

TÊTE-NOIRE

Place. . .

Vous le voulez.. .

LARIGOLE.

Ote-toi de là. . .

LÉONARD, tirant.

Mourez donc. . . (Les pistolets ne partent pas.) Mon Dieu ! TÊTE-NOIRE, avançant les uiains.

Voici les capsules.

LÉONARD, stupéfait.

Ah !

LARIGOLE.

Qu’en dis-tu ?

LÉONARD, à part.

Ce signal qu’il attend, je ne peux plus le donner. .. (Haut.) N’importe, armé ou non... je vous perdrai .. A moil...à moi !...

TABI.KAII VU

TÉTE-NOIHE, se iirccipilanl sur Léonard ot le frappant.

Tu vas le laire. . .

LÉONARD, tombant.

A moi !.. . à moi !...

LA RIGOLE, prés du mur.

Oh!.‘. . oh !... il y a (Ju monde là derrière !

TÊTE-NOIRE

Sauve qui peut!. . .

' LARIGOLE.

Ev chacun de notre côté. (Tête-Noire disparaît par la gauche, et [.arigole par la droite.)

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