‹ Leonard Limosin, peintre de portraitsChapitre 122 sur 331 · FACIEBAT · texte numérisé non relu

FACIEBAT

Si l'on rapproche cette gravure des descriptions qui précèdent, notamment de la description B, on sera frappé de l'analogie des deux compositions dont la conception parait avoir appartenu à un seul et même artiste. Ainsi, sur l'une et l'autre pièce, les Lapithes accourent autour d'une table, à gauche de laquelle se voient deux hommes saisissant une femme qu'un Centaure veut enlever.

De ce rapprochement il semblerait résulter d'abord, conformément à la tendance admise, de voir nos artistes tributaires des graveurs, que Léonard a emprunté sa composition à ,1a planche d'Enée Vico. Mais il suffira d'observer que la gravure en question porte la date de 1542, et qu'elle est, par conséquent, postérieure de six ans au. couvercle de coupe. En outre, le sujet exécuté par Léonard comprend un nombre de figures plus considérable que celui de la gravure d'Enée Vico. II faut donc écarter absolument toute idée de copie de ce document par notre émailleur.

Toutefois Vasari nous a appris, comme on vient de le voir, que la gravure d'Ënée Vico était exécutée d'après un dessin du Rosso, un des chefs de l'école de Fontainebleau. A quelle époque maitre Roux composa-t-il ce dessin? c'est ce que nous ignorons. Mais comme il était à Fontainebleau bien avant 1536, on pourrait supposer, à la rigueur, que son dessin est luimême antérieur à cette date, et que, dans ce cas, il aurait pu être communiqué par maître Roux à Léonard.

Jusqu'à la preuve formelle de ce fait, que rien n'a établi encore, nous

Page 1