G2. FRANÇOIS P
L'erreur commise par M. Maurice Ardant avait déjà été relevée en 1862, par le savant rédacteur du catalogue de l'exposition organisée à cette époque au musée de South Kensington. (Voir dans ce catalogue, la notice relative à Pierre Reymond.)
Cette coupe, représentant Loth et ses filles buvant, appartient au musée de Cluny, et elle est inscrite aujourd'hui au catalogue de ce musée sous le n° 4593, avec mention de la date de 1554.
Comme on vient de le voir ci-dessus, M. L. de Laborde tire une conséquence importante de cette question de dates, puisqu'il en conclut que Léonard Limosin avait été précédé de deux ans par Pierre Reymond dans l'application de l'émail aux objets usuels et à la grande vaisselle d'apparat.
Non seulement Léonard Limosin n'avait pas été précédé par Pierre Reymond, mais la date la plus ancienne que l'on relève dans l'œuvre de ce dernier (tableaux ou vaisselle) est celle de 1538, tandis que Léonard, après avoir inscrit sur ses premiers travaux datés l'année 1533, nous donne dès 1536 deux coupes dont on n'a conservé que les couvercles, celui qui vient d'être décrit, et un second, qui a figuré à la vente de la collection Fountaine à Londres, en 1884 (n° 438 du catalogue), dont nous n'avons pas à nous occuper ici parce qu'il ne contient pas de portraits.
Iconographie. — Nous ne connaissons pas de reproduction. Mais il n'est pas possible de décrire ce couvercle de coupe sans, parler de la gravure bien connue d'Enée Vico (Barlsch, XV, n^ 30): Les Lapithes combattant contre les Centaures qui veulent enlever Ilippodamie, femme de Pirithoils. Vasari nous apprend {Vie des -plus célèbres peintres, etc., Paris, 1839, in-8, t. VIII, p. 99) que cette estampe est exécutée d'après un dessin du Rosso. Sur une tablette, en bas, vers la gauche, on lit : Eneas vicco