GALIOT DE GENOUILLAG
vaincre, de rapprocher ces deux portraits : les physionomies et la coupe de la barbe sont identiques, la coiffure et le costume également les mêmes, sauf des variantes de détail sans intérêt; personnage en buste de trois quarts à gauche, présente de la même façon sur les deux plaques dont les dimensions sont les mêmes à quelques millimètres près. Nous sommes convaincus que Témailleur a voulu représenter deux fois le même personnage et s'est servi pour cela d'un carton unique.
Nous avons eu l'honneur de soumettre les reproductions photographiques des deux portraits à M. H. Bouchot, qui a confirmé pleinement notre opinion. L'avis du savant conservateur du Cabinet des estampes est qu'il convient absolument de rejeter le nom de Charles Tiercelin, et que le personnage représente sur les deux émaux paraît bien être Galiot de Genouillac, le grand maître de l'artillerie, le créateur du beau château d'Assier.
Nous reproduisons ici (n° 70) le portrait possédé par le musée de South Kensington, où il est appelé Charles Tiercelin, afin que l'on puisse aisément en faire la comparaison avec les reproductions du portrait de Galiot de Genouillac (collection Spitzer) indiquées ci-dessous à l'article iconographique.
Nous avons dit aussi, à propos du personnage représenté sous la figure de saint Paul, et qui a toujours été appelé jusqu'ici l'amiral Chabot (n"" 28), que le rapprochement de ce portrait avec ceux de Galiot de Genouillac obligeait, selon nous, à y voir également le grand maître de l'artillerie. Les reproductions que nous indiquons de nos numéros 28, 69 et 70 permettront au lecteur de se convaincre de l'exactitude de notre observation.
C. — p. 35. — L'émaillerie française de la Renaissance est représentée par des pièces exceptionnelles, et qui seraient à elles seules la gloire d'une collection... Ce sont enfin deux rares portraits de Léonard Limosin. L'un est Galiot de Genouilhac (1466 à 1546), grand maître de l'artillerie sous François P'',le créateur du Château d'Assier, « la plus superbe maison qu'on sçauroit voir, » dit Brantôme. L'autre portrait de très grand modèle, représente Catherine-Marie de Lorraine (notre n« 120).
Le Musée Spitzer, par Edmond Bonnaffé, 1890.
D. — P. 129. — Peintre émailleur et valet de chambre des rois Henri II et François II, il fat amené, à une époque où l'on avait la manie du portrait en peinture, en bronze, en cire, au crayon, à pourtraire tous les personnages quelque peu marquants de la cour des Valois et plusieurs fois les mêmes.
La collection Spitzer nous montre Jacques Galiot de Genouillac, grand maître de l'artillerie de FrançoisP' (1466 11546), et bien d'autres aussi finement exécutés et aussi ressemblants à en juger par les médaillons et dessins malgré les difficultés et les déboires dont la cuisson est la source.
UArt, 1889, 2« vol. — VExposilion rétrospective d'objets d'art français au Trocadéro, par M. Jules Manniieim.