GALIOï DE GENOUILLAG
retombe à peu près verticalement ; une bande noire bordée de deux traits plus clairs, orne le dessus de la toque ; enfin la signature, composée de deux LL saute aux yeux sur le coin inférieur de droite. Chez M. Soltykott', aucune trace de rinceaux à arabesques sur la poitrine du personnage; pas un seul petit pli transversal sur la manche, mais au contraire une sorte de grande échancrure longitudinale ; le parement droit du collet se dirige obliquement de l'épaule au milieu de la poitrine; aucune apparence de bande sur le chapeau, ni de signature dans le coin droit inférieur du tableau. Il y a donc des motifs nombreux et positifs de distinguer ici deux portraits avec variantes de Galiot de Genouillac.
2° Mettant de côté la planche en couleurs, qui n'est Cju'une interprétation personnelle d'artistes dont le talent n'est pas en cause, nous comparerons maintenant la photographie Soltykoff avec la j^hototypie Spitzer (édition à 50 francs du catalogue) à un point de vue tout spécial. Nous examinerons le réseau des fentes dont le fond est rayé en tous sens, cherchant ici, comme termes de comparaison des indices accidentels que dissimulerait tout dessinateur, mais que révèle le procédé photographique avec une impitoyable franchise. Le résultat de ce second examen est catégoriquement opposé à celui du premier. Les deux réseaux de fentes reproduits par les deux épreuves sont identiques, ils émanent évidemment d'un modèle commun. Nous ne pouvons ici entrer dans le détail de la direction des principales rayures. Il nous suilît d'indiquer le moyen de contrôle dont nous nous sommes servis, et d'ailirmer qu'il ne laisse aucun doute sur l'identité de l'émail.
Le Galiot de Genouillac de la collection Spitzer et celui de la collection Soltykoff ne font qu'une seule et même pièce.
Les textes sont d'ailleurs d'accord avec cette constatation, puisque le portrait Soltykoff disparaissait en 1861, alors que celui de M. Spitzer fjiisait sa première apparition en 1889. Quant aux dimensions, on dit d'une part 17 centimètres sur 14 centimètres, et d'autre part, 193 millimètres sur 140 millimètres; et l'on sait qu'il n'y a pas, à être surpris, outre mesure, de ces variations.
Que s'était-il passé dans l'intervalle? Ce' que l'on ne peut que regretter trop souvent : une restauration sans doute, restauration qui, de détail en détail, avait amené un vrai changement de costume, et peut-être aussi l'adjonction d'une signature. Nous n'osons pas nous prononcer absolument sur ce point, l'épreuve de la photographie Soltykoti" pouvant ne pas rendre nettement et dans toute leur étendue les contours extérieurs de l'émail.
Toujours est-il qu'en 1861, M. le baron Seillière reçoit des mains du prince Soltykoff le portrait de Galiot de Genouillac tel que nous le montre la photographie de M. Giraudon, c'est-à-dire dans l'honnête intégrité de son exécution première. Et, en cet état, il offre une analogie bien plus frappante avec le Galiot (dit Tiercelin) de la collection Soulages. Tels quels, voici sincèrement les deux portraits de Galiot de Genouillac par Léonard Limosin.
Iconographie. — Reproduction en couleurs dans la colledion Spitzer, grand catalogue avec album, édité à 1 500 francs, n^ 72.
Phototypie dans le catalogue de vente de la même collection, édité à 50 francs, n^ 488.
Photographie n^ 2529, en vente chez M. A. Giraudon, éditeur, 15, rue Bonaparte, Paris (prise sur la pièce lorsqu'elle faisait partie de la collection SoUykoft).