‹ Leonard Limosin, peintre de portraitsChapitre 157 sur 331 · LOUIS DE GUISE · texte numérisé non relu

LOUIS DE GUISE

son talent et de la faveur, il s'efForoa de se rendre maître du genre de peinture qui était le plus en vogue, de la peinture de portraits, et il réussit de manière à satisfaire les exigences les plus grandes. Si, en présence d'un pareil succès, le petit nombre de ses grands portraits étonne, c'est que, d'un côté on ne se rend pas compte des difficultés de l'émail amené à ces dimensions, à cette perfection surtout, et que de l'autre on ignore la fragilité des chefs-d'œuvre de l'art.

Voyons ce qui nous reste de ces magnifiques portraits.

Tout d'abord, en 1556, l'émailleur du roi peint Léonore d'Autriche (1), Catherine de Médicis (2), Elizabelh de France (3), le Connétable de Montmorency (4), et l'année suivante le roi de France, François II (5), le'duc de Guise, François de Lorraine (6), Marguerite de Valois (7), le cardinal Fran(;ois de Lorraine (8), et enfin Amyot (9). Ces grands portraits, véritable galerie historique inaltérable, furent exécutés pour Henri II, et décoraient ses résidences. Mais Léonard, lancé dans celle voie, faisait en même temps, pour les particuliers, beaucoup d'autres portraits d'un même mérite, quoique de moindres dimensions. Il les répétait même plusieurs fois, tant leur succès était grand, pour satisfaire aux désirs des parents et des amis.

On doit ajouter maintenant aux portraits appartenant à cette série énumérée par M. de la Borde : un portrait de Catherine de Médicis (n° 1544 dans la collection Bernai) acheté à cette vente par

(1) « Collection de don Valenlin Carderera à Madrid. » v

(2) « J'ai trouve à Londres, cliez M. Seyniour, membre du Parlement, cinq portraits admirables de la même dimension, des mêmes émaux, encadres dans le même entourage, portant la même date que le portrait du duc de Montmorency, de la collection du Louvre, qui lui-même fait suite avec le P'rançois 11, roi de France, et le Friinçois de Lorraine, duc de Guise. Tous ces portraits ont été évidemment faits pour Henri II et no sont sortis de France qu'à l'époque où de tristes désordres survinrent dans les résidences royales à la suite de nos révolutions. Je me suis interdit toute descriplioa des émaux qui ne font pas partie du musée du Louvre; je ne ferai donc que les citer. »

(3) « Collection Soymour. Sur le fond bleu à droite on lit, LL. 1556; et à gauche LL. 1557. »

(4) « Musée du Louvre, n'' 2i5. »

(5) « Musée du Louvre, n" 2i4. »

(6) « Musée du Louvre, n» 234. »

(7) « Collection Scymour. Marguerite de Valois. Au bas sur la balustrade à droite, L.L. 1557, Lest la grande Marguerite, sœur de François !<■'■, avec lequel elle avait beaucoup de ressemblance. Léonard suivait les bons portraits du temps, et pour celui-ci quelque original de Janet dont nous n avons que des répétitions dans les collections Sutherland (ancienne collection Alexandre Lenoir), Larlisle, bibliothèque Sainte-Geneviève de Paris, etc. Il a reproduit ce portrait en petit : collection Oermeau. Médaillon rond entouré d'un cercle d'émail blou et noir ; la figure de la reine se détache avec beaucoup de finesse, sur un fond bleu d'azur. La signature LL. en or, les deux lettres séparées par une fleur de lys, se voit au bas. Diamètre 110 millimètres. »

^ (8) « Collection Seymour. Il n'est ni signé, ni daté, mais la nature du travail et de l'émail, de même que la disposition de l'encadrement, prouvent qu'il appartient à la même suite. » (9) « Même collection, même remarque que dans !a note précédente. »

Page 1