HENRI II. H. 0,100; L
A. — N. D. A. — Les Guides du musée ducal de Brunswick ne contiennent relativement au portrait dit de François P"", possédé par ce musée, que la mention reproduite ci-dessous, lettre B.
Le directeur du musée, M. Riegel, qui a bien voulu s'intéresser déjà à plusieurs reprises à notre travail, nous a fait l'honneur de nous adresser, sur notre demande, le 13 juin 1896, avec une photographie de l'émail, les renseignements d'où est extraite la description suivante :
Plaque rectangulaire. Hauteur, 100 millimètres. — Largeur, 90 millimètres.
Portrait en buste, du roi Henri II, vu de profil à gauche. La tête est nue, les cheveux courts, il porte toute sa barbe. Il est vêtu d'un pourpoint noir; un médaillon est suspendu sur sa poitrine à une chaîne d'or; une légère fraise blanche entoure le cou. Le fond est bleu. La pièce n'est pas signée; elle doit être attribuée à Léonard Limosin. Cadre de bois, large de 2 centimètres, remontant au commencement du xviii" siècle.
« D'après une vieille tradition, nous dit M. Riegel, toute la collection de nos émaux provient du voyageur Tavernier, auquel elle a été achetée ici même. »
Cette tradition n'est pas inconnue chez nous, et l'on sait que le fameux voyageur, créé baron par Louis XIV, mais qui n'avait pas tardé à dissiper la fortune rapportée de ses nombreux voyages aux Indes, avait formé une collection considérable d'objets d'art et de curiosité qu'il emporta avec lui, pour reprendre, au pays des merveilles, son négoce des pierres précieuses. Mais la mort le surprit en chemin, à Copenhague, en 1689. C'est vers cette époque qu'une partie de ses collections, celle qui comprend notamment les émaux de Limoges, entra chez le duc de Brunswick, soit qu'elle eût été achetée à Tavernier avant sa mort, soit que la dispersion n'en ait eu lieu qu'après.
Le Guide du musée de Brunswick donne au personnage ici représenté le nom de François P'. Mais, il ne faut pas hésiter à y voir Henri II, La physionomie de ce dernier est caractéristique, et bien que son air de parenté avec François I" soit incontestable, on ne trouve ici ni le grand nez retombant, ni l'œil vif et enjoué du grand roi.
Cette pièce, qui est depuis plus de deux cents ans dans les collections de BrunsAvick, est assurément une de celles dont la provenance est la plus curieuse.
HENRI II A CHEVAL (n^ 8l) Musée du Louvre.
Photo. A. Giraudon.