‹ Leonard Limosin, peintre de portraitsChapitre 184 sur 331 · HENRI II · texte numérisé non relu

HENRI II

M. — P. 252. — II. La cour de Henri II en assemblée des Dieux, par Léonard Limousin.

Collection Andrew Fountaine (Norfolkshire).

Cet émail, qui a la forme d'un plat, avait été commandé par le roi en 1554, pour être offert en présent au connétable de Montmorency. Il aurait été exécuté d'après un dessin de Raphaël, où, sous les traits des grands dieux de l'Olympe, sont reproduits les principaux personnages de la cour. Henri II y figure en Jupiter, Catherine de Médicis en Junon, Dianne de Poytiers en Vénus. La date de 1555, qui se lit sur un des côtés, indiquerait l'année où cette œuvre fut terminée ; un écusson gratté et presque effacé, laisse encore deviner les armes des Montmorency. M. de Laborde a donné un fac-similé de cet émail dans son livre de la Renaissance des Arts {t. II, p. 785).

Longueur, 510 millimètres. — Largeur, 430 millimètres.

Lelires inédites de Dianne de Poytiers, par M. Georges Guiffrey, Paris, Renouard, 1866.

N. — S'^ Le beau style. — Dans cette même collection de Narford on peut voir un remarquable plat, représentant le Festin des Dieux, d'après Raphaël ; Léonard Limosin y a, toutefois, substitué des portraits contemporains à quelques-unes des divinités païennes. Ce plat est daté de 1555, et porte les armes du connétable de Montmorency.

Trésors d'art à Manchester, par J.-R. Waring, 1858, in-folio. — Art du verre, par M. A.-W. Franks. — 7. Emaux peints de Limoges.

0. — P. 117. — Léonard a daté de 1555 le beau plat du Repas des Dieux que lui commanda le duc de Montmorency, oii figure la belle Diane de Poitiers parmi les divinités : elle y est représentée, comme dans son portrait de 1554, nue, coiffée d'une toque sur la résille d'or qui retient ses cheveux. Ce plat, un des plus parfaits ouvrages de notre émailleur, représentant les personnages de la cour très ressemblants, avec les attributs des dieux du paganisme, peut-être les mêmes seigneurs qu'il avait représentés en apôtres ; ce plat, dis-je, est aujourd'hui dans le Norfolkshire, collection Fountaine.

Léonard Limosin, émailleur, par Maurice Ardant. {Bull, de la Société arch. et hist. du Limoiisin, t. VI, 2° liv. 1856.)

N. D. A. — Dans la date donnée ci-dessus, il faut lire 1555 et non 1554.

8o. HENRI II

P. — P. 785. — LÉONARD LiMOSIN, ÉMAILLEUR, — La COUP de

Henri II transformée en assemblée des Dieux, par Léonard Limosin^ émailleur.

Je ne répéterai pas la description du magnifique plat de M. Fountaine qu'on peut lire dans la notice des émaux du Louvre, sous le n° ; je ferai mieux, j'en donnerai une gravure d'après une photographie que je tiens de l'obligeance de son heureux possesseur.

Rien de plus curieux certainement que cette scène bizarre, pour moi encore une énigme; car qui doit être flatté, qui humilié? Est-ce Diane, en butte aux traits d'une violente satire? Mais alors pourquoi ce plat aux armes du connétable de Montmorency son allié politique? Est-ce pour flatter la reine qu'on la met en présence de sa rivale avec tout l'avantage de la retenue sur le dévergondage?

Mais flatter la reine ainsi, c'était s'aliéner le roi et sa maîtresse, c'était jouer un jeu bien dangereux. Encore une fois. Montmorency l'aurait-il tenté ?

Il faut probablement admettre que les convenances sont mises de côté, que nous sommes ici en pleine mythologie et que le roi en Jupiter, Catherine de Médicis en Junon, Diane de Poitiers en Vénus^ jouent des rôles appropriés à la réalité des choses, et dont les deux acteurs principaux pouvaient se trouver satisfaits. C'était là l'important.

La Renaissance des arts à la cour de France, par le comte de Laborde. Paris, Potier, 1855, in-8.

N. D. A. — La gravure du magnifique plat donnée dans ce livre déshonore le beau travail de M. de Laborde; elle est au-dessous de toute critique.

Q. — P. 174. — Cette même femme, qui n'est autre que Diane de Poitiers, figure avec la même coiffure, et sans plus de vêtements dans un repas des Dieux, dont le Limosin a pris toute la composition à Raphaël, transformant les Dieux de la Fable, costumes et ressemblances, en personnages de la cour. C'est pour le duc de Montmorency qu'il fit, ou que le roi lui commanda de faire, en 1555, ce magnifique plat.

(Collection Andrew Fountaine, dans le Norfolkshire.)

Notice des émaux exposés au musée du Louvre, par M. de Laborde^

N. D. A. — Au début de sa phrase, M. de Laborde fait allusion au portrait de Diane de Poitiers en Venus, possédé par le Louvre (notre n° 43).

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