MONTMORENCY (Connétable de
A. — P. 9. — Le beau carlon du portrait du Connétable de Montmorency, exposé au Musée de Limoges, et dont la reproduction exacte en émail, un des chefs-d'œuvre du maître, se voit au Louvre, passe pour être l'ouvrage de Léonard.
P. 15. — Nous ne pouvons clore cette rapide étude sans dire quelques mots de celui de ces portraits qui est, peut-être, le plus célèbre, et que chacun a contemplé dans la galerie d'Apollon, au Louvre. Je veux parler du portrait du Connétable Anne de Montmorency, ce chef-d'œuvre du maître, daté de 1556. La plaque centrale, de forme ovale, et haute de 0'",45 centimètres, est entourée de huit autres plaques diversement découpées, faisant encadrement et donnant une hauteur totale de 0'",72 centimètres. L'ensemble forme un monument d'aspect aussi noble qu'élégant et disposé de façon à mettre dans toute sa valeur la figure sur laquelle l'intérêt est reporté. La pièce n'est pas moins étonnante par la simplicité des moyens et du parti pris que par la richesse et l'ampleur de l'effet. Dans le modelé de la figure, sur lequel Léonard a concentré son effort, il se révèle miniaturiste accompli. Ici encore, il faut se répéter pour dire que Léonard invente et invente sans cesse. L'exécution d'un portrait par les procédés ordinaires de la peinture en émail, où le modelé ne s'obtient que par des épaisseurs successivement accumulées de blanc, présentait presque une impossibilité. Notre émailleur ne s'attarde pas à des recherches vaines. Les combinaisons chimiques d'une palette nouvelle à créer ne sont pas pour arrêter celui qui a toujours trouvé le succès en allant de l'avant. Il compose des couleurs vitrifiables appropriées à son travail, et plein de foi en son art et en sa valeur il applique en maître la miniature à l'émail. Que restera-t-il à inventer par Toutin cent ans plus tard?
Léonard Limosin et son œuvre, par Louis Bourdery. Limoges, Ducourtieux, 1895, in-8°.
B. — P. 294. — Primitivement ces portraits étaient munis de cadres en bois enchâssant des plaques d'émail exécutées en grisaille ; mais la plupart de ces encadrements ont disparu; l'un d'eux qui subsiste à peu près dans son intégrité, celui du portrait du connétable