CATHERINE DE MÉDICIS (en costume de veuve
A. — Portrait de Catherine de Médicis, par Léonard Limosin, sur fond bleu.
Hauteur de la plaque d'émail, 185 millimètres, sur 140 millimètres.
Elle est de trois quarts à gauche; ses cheveux blonds bouclés sont couverts d'une coiffure blanche à partie pendante noire. Les yeux sont bleus, la bouche agréable. Le costume montant est blanc galonné, orné d'un collier de perles qui est caché en partie sous un pardessus noir à croisillons blancs. Bande verte au bas du buste.
Les écoinçons noirs du haut sont des réparations à froid. Le cadre est moderne, et en plus de la dimension donnée; il se compose de bandes vertes à ornements d'or.
(Collection de M. le baron Gustave de Rothschild.) Communication de M. Alfred Andrk, février 1897.
N. D. A. — Cette notice qui nous parvient au moment de mettre sous presse vient confirmer le sens des explications que nous donnions ci-dessous, à l'article iconographique, au sujet de la reproduction parue dans le journalZ'^r^.
B. — P. 51. — Parmi les portraits en assez grand nombre que possède FExposition du Musée rétrospectif, nous ne signalerons que les suivants :
Un petit portrait de Catherine de Médicis en costume de veuve, blanc et noir, exécuté en 1552, appartenant à M. le baron Gustave de Rothschild, qui a servi de modèle à un second portrait grand comme nature sur lequel on découvre le monogramme L. L. La date de 1555 inscrite sur un des émaux modernes qui servent d'entourage à cette belle pièce est sans doute la reproduction de chiffres cachés par la bordure; cet émail appartient à M. le baron Alphonse de Rothschild.
Gazette des Beaux-Arts, livraison de janvier 1866 (art. deM. A.Darcel).
N. D. A. — Le texte ci-dessous du catalogue du Musée rétrospectif indique que ce petit portrait porte au revers le monogramme LL et la date de 1552, inscrits en jaune. Il nous paraît difficile d'admettre cette date, car Catherine n'est devenue veuve qu'en 1559 ; du reste, ce mode d'inscription en /«z^ne n'est pas sans nous surprendre chez nos émailleurs. On pourrait aussi supposer, il est vrai, si la date de 1552 est réellement authentique, que le costume porté par la reine n'est pas un costume de deuil proprement dit, qui obligerait à la considérer comme veuve à cette époque.
La réplique agrandie (mais non de grandeur nature) de ce portrait est inscrite ici sous le n° 15.
Voir ci-dessus, n° 15, lettre B, notre note relative aux portraits de Catherine de Médicis, dite veuve.
C. — N*^ 2456. — Plaque rectangulaire. Portrait de Catherine de Médicis, de trois quarts à gauche, en cheveux crêpelés ; coiffure et robe blanc et noir; surcot noir croisetté de noir. Derrière une balustrade verte. Grisaille modelée au ponctué.
Revers : le monogramme et la date, L. L. 1552, en jaune. Léonard Limousin. Limoges, 1552.
(M. le baron Gustave de Rothschild.)
Catalogue des Objets d'art exposés au Musée rétrospectif. Paris, 1865.
Iconographie. — Le journal VArt^ 1878, t. IV, p. 28, donne la reproduction d'un portrait rectangulaire de Catherine de Médicis, appartenant à M. le baron Gustave de Rothschild. Catherine y est représentée en costume de veuve, avec voile noir et surcot noir parsemé de croisettes.
L'émail reproduit par Y Art semble, au premier abord, s'identifier évidemment avec celui qui est décrit ci-dessus. Mais si l'on examine la gravure de plus près, on n'est pas sans éprouver un réel embarras au sujet de cette identification. En effet, on ne voit pas figurer sur la reproduction la tablette verte indiquée au bas du buste ; par contre, sur les deux angles supérieurs du fond, sont rapportés deux écoinçons triangulaires ornés
19, CATHERINE DE MÉDIGIS M
d'une fleur de lis dont ne parlent pas les textes, pas plus que des bordures d'émail qui servent d'encadrement. Et l'on se demande alors si l'on se trouve en présence d'une seule et même pièce ou de deux répliques distinctes du même portrait.
La photographie qu'a bien voulu nous autoriser à faire prendre directement chez lui M. le baron Gustave de Rothschild est venue lever tous les doutes à cet égard et affirmer l'identité d'un portrait unique. En effet, elle nous a permis de constater l'existence de l'encadrement d'émail, en même temps que celle des deux écoinçons supérieurs qui apparaissent comme indépendants de la plaque d'émail, ce qui permet d'expliquer le silence des textes à leur égard. Enfin, elle révèle nettement la tablette inférieure qui avait été supprimée purement et simplement par le graveur, ainsi que la concordance du réseau des fentes du fond.
La reproduction du journal VArt a été donnée aussi par le Musée artistique et littéraire, 1879, p. 270 ; et par La Bévue universelle illustrée, 1888, t. I, livraison, p. 161.
A. — P. 98. — Des trois portraits de Catherine de Médicis qui faisaient partie de l'Exposition de l'Histoire du travail (en 1867), deux surtout étaient intéressants à comparer. C'étaient celui de la reine de France encore pourvue de tous les charmes de la jeunesse, lequel appartient à M. le baron Alphonse de Rothschild et celui que possède M. le baron James (n^ 14).
Les Collections célèbres d'œuvres d'art, par Edouard Lièvre. Emaillerie. Paris, 1866.
N. D. A. — Le titre de l'ouvrage porte la date de 1866; mais l'article ci-dessus de M. Darcel n'a évidemment été écrit qu'après l'Exposition de 1867 .
Le portrait dont il est ici question n"a pu être identifié avec aucun de ceux que possèdent MM. les barons de Rothschild par MM. Alfred André et Jules Mannheim
MÉDIGIS
qui ont bien voulu en étudier les collections en vue de ce travail avec un soin scrupuleux. De notre côté, nous n'avons pu annexer convenablement les textes ici placés à ceux d'aucun autre portrait de Catherine de Médicis.
En effet, notre numéro 18 représente le seul portrait rectangulaire avec lequel la pièce ici décrite aurait pu se confondre. Mais, d une part, il faut observer que le portrait inscrit sous ce numéro appartient à M. le baron Gustave de Rothschild de 1865 à ce jour, tandis que celui qui figure à l'Exposition de 1867 est prêté par M. le baron Alphonse de Rothschild, tout au moins d'après les dires des catalogues et de M. Alfred Darcel. D'autre part, la Catherine de Médicis cataloguée ici est dite «jeune » par le Catalogue de 1867 et « encore pourvue de tous les charmes de la jeunesse » par le savant critique. Or, les reproductions du n° 18 que nous indiquons ne permettent guère d'y reconnaître la reine Catherine dans sa jeunesse. Elle y est représentée tout au moins dans la maturité de l'âge et peut-être même après la mort de Henri IL
Ces divers motifs nous engagent à maintenir l'individualité des deux portraits, bien que nous ignorions le sort de celui qui est inscrit ici.
B. — N'^ 2909. — Plaque carrée. Le portrait de Catherine de Médicis jeune. Emaux colorés sur fond bleu (Emaux peints. Léonard Limosin).
(Baron Alphonse de Rothschild.)
Exposition universelle de 1867 à Paris. Catalogue général. Histoire du
A. — N° D. 360. — Plaque rectangulaire. (Léonard Limosin.) 1565 à 1568.
Hauteur, 300 millimètres. — Largeur, 370 millimètres,
Catherine de Médicis et deux personnages inconnus. — La reine, en costume de veuve, est assise à droite, vue à mi-corps sous un dais noir dont le ciel porte l'écu mi-partie de France, mi-partie de Catherine de Médicis, lequel est écartelé de Médicis avec Boulogne
en abîme, et de Magdelaine de Boulogne, qui porte écartelé de Latour et d'Auvergne ; ses mains, ornées de bagues, posent sur les bras de son fauteuil. A gauche sont deux personnages. Le plus voisin d'elle, le front très découvert, portant les cheveux, les moustaches et la barbe blancs, ne montre de son costume qu'un col de chemise rabattu, le bout du collet et quelques parties d'un manteau bleu, plus un médaillon de gueules à la croix de Malte d'argent ; tout le reste n'est que restauration. Le personnage placé à gauche est plus jeune, avec un col rabattu et un manteau.
Tout le fond de la plaque est rempli par cette inscription tracée en capitales d'or : catherlne, fille de lavran de medicys dvg dvrbin
ET DE MAGDELAINE DE BOLLÔGNE, VNIQVE HERITIERE DES SVSDICTES MAISONS, LAQVELLE EXPOVSA HENRY SECÔD, ROY DE FRANCE, DVQL SONT YSSVS FRÂ- ÇOYS ET CHARLES, ROYS DE FRÂCE, HERY, ROY DE FRÀCE ET DE POLLOGNE ET MÔSEIGNEVR FRANÇOIS DVG DÀIOU, ACCORDE EN MARIAGE A LA ROYNE D'ÂGLE- TAIRE, ET VNG FILS DONT LE ROY DE PORTVGAL ESTOIT CÔPERE, LE QVEL ESTAN lEUNE DECEDA. PLUS ELLE EVST DE FILLES MADAME ELIZABET, MARIEE AV ROY DES ESPAGNES DVQVEL ELLE A EV DEVX FILLES, PLVS MADAME LA DVCHESS DE LORAINE DOT ET SORTI PLVSIEVR ENFANS, PLVS MADAME MAR- GERITE ROYNE DE NAVARE ET EVST ENCORES DEVX FILLES IVMELLES QUI SÔT DECEDEES.
Emaux colorés. Figures peintes sur fond bleu qui apparaît par transparence pour faire les ombres, redessinées en noir. Carnations colorées et modelées par un ponctué rouge. Les cheveux dessinés au pinceau. Les vêtements de la reine, de la couleur noire du fauteuil et des draperies du dais, modelés par des rehauts gris. Costumes des hommes en bleu, rehaussés d'or; fond bleu.
Revers incolore.
Règne de Charles X. (Collection Durand, 81-2 549.) N<^ 291 de la Notice des émaux, par M. le comte L. de Laborde.
Notice des émaux et de Vorfèvrerie du Musée du Louvre, par A. Darcel,
B. — Quant aux portraits carrés « d'environ ung pied de hault, » provenant sans doute du Cabinet des Emaux de Catherine de Médicis, le Louvre a les n^^ 360 (Catherine et deux personnages inconnus), 3G3 et 365 (personnages historiques).
Inventaire des meubles de Catherine de Médicis en 1589, par Edmond BONNAFFÉ. Paris, 4874.
N. D. A. — Le n** 363 représente Françoise d'Orléans, classée ici sous notre n" 123.
Quant au n° 365, intitulé Buste de femme par M. Darcel, et Phèdre, par M. de Laborde (n" 285 de sa Notice), ce n'est point un portrait de personnage historique. C'est d'ailleurs une plaque absolument brûlée à la cuisson, indigne de Léonard, et qui ne peut avoir de valeur qu'au point de vue de l'étude des procédés. En avril 1895, le musée du Louvre a cédé au musée Crozatier, au Puy (Haute-Loire), par voie d'échange, cette plaque, avec les autres émaux peints, n° D, 364, Hippolyte, son pendant; n" D, 497, Jésus sur la Croix, de Martin Didier; n'' D, 651, tasse, l'Enlèvement d'Europe, de Noël II Laudin ; n° D, 653, tasse, l'Enlèvement de Ganimède, du même artiste ; tout cela contre un morceau de sculpture en marbre. Ce renseignement nous a été transmis du Puy par M. Léon Dumuys (d'Orléans) qui s'y trouvait alors de passage et là, comme ailleurs, ne négligeait aucune occasion de nous prouver l'intérêt qu'il prend à notre travail et de nous faire profiter de son érudition d'archéologue et de son flair d'amateur, doublés du dévouement de sa vieille amitié.
Le Louvre possède plusieurs portraits peints de Catherine de Médicis ; une petite miniature, etc.
Un autre émail de forme carrée, portant une longue inscription, représente deux personnages inconnus à côté desquels est la reine.
Portraits des personnages français les plus illustres du XYI*^ siècle; par J. NiEL. Paris, 1856, in-fol., t. L
D. — P. 198. — Anonyme. — Un tableau, du genre généalogique, peint vers 1566, offre de l'analogie avec les dernières œuvres de Léonard Limosin, bien que des émaux aussi sombres, aussi ternes, et aussi faux de tons, n'aient jamais été employés par lui. Un pointillé sec et maigre, des contours durs, et des physionomies nulles, font le caractère de cet émail. L'inscription fixe approximativement sa date. Elle est antérieure à 1589,.puisqu'il n'est pas dit que Catherine de Médicis soit morte ; elle est postérieure à 1565, puisqu'on y parle de la seconde fille de Philippe IJ, roi d'Espagne, et d'Elisabeth, morte en 1568.
N"* 291. — Catherine de Médicis. Plaque en émaux de couleurs sur fond bleu, avec emploi de paillons et rehauts d'or. Hauteur, 300 millimètres. — Largeur, 370 millimètres.
La reine est vêtue de noir, assise, à droite du tableau, sur un siège de deuil que recouvre un dais garni de rideaux. Ses armoiries sont placées sur le milieu du dais ; ses mains sont ornées de bagues. Devant elle est un homme dont on ne voit que le buste ; il a la tête découverte, les cheveux blancs comme la barbe et la moustache ; son vêtement et son manteau sont bleu d'azur, la ceinture de couleur
orangé. A gauche, un homme jeune, la tête nue, portant le même vêtement que le premier. Le fond de couleur bleue sur lequel se détachent ces deux figures est entièrement couvert par Tinscription suivante en lettres dorées : « Catherine fille de lauran de medicys duc d'Urbin et de magdelaine de boUôgne unique héritière des susdites maisons laquelle expousa henry secôd roy de france duql sont yssus frâcoys et charles roys de frâce hêry roy de frâce et de pollôgne et môseigneur frâcoys duc dâiou accorde en mariage à la royne dâgletaire et ung fils dont le roy de portugal estoit côpere le quel estan ieune deceda plus elle eust de filles madame elizabet mariée au roy des espagnes duquel elle a eu deux filles plus madame la duchess de loraine dôt et sorti plusieur enfans plus madame margerite royne de navare et eust encores deux filles iumelles decedees. » Le contreémail est incolore.
(Collection Durand, 81/2549.) Notice des émaux exposés au musée du Louvre, par M. de Laborde. 1852.
E. — P. 13. — Parmi les sujets non signés de la collection du Louvre, nous devons citer un admirable portrait de Catherine de Médicis (n° 2549).
Essai sur Vhistoirede la peinture sur émail, par L. DussiEUX. 1839.
F. — 81/2549. — Un tableau. Portrait de Catherine de Médicis, de son père et de son frère.
Hauteur, 11 pouces. — Largeur, 13 pouces. Estimé 120 francs.
(Inventaire de la collection. — Emaux de Limoges.)
La collection Durand au Musée du Louvre (acquise en 1824), par L. CouRAJOD. Caen, 1888, in-8°.
Iconographie. — Photographient 2 522, en vente chez M. A. Giraudoo, éditeur, 15, rue Bonaparte. Paris.
56 21. CATHERINE DE MÉDIGIS
A. — Léonard Limosin. Année 1574. Plaque rectangulaire polychrome. Catherine de Médicis en Vénus, sur un char traîné par des colombes. En haut, la date 1574.
Hauteur, 175 millimètres. — Largeur, 230 millimètres.
(Collection de M. le baron Alphonse de Rothschild.) Comyniinication de M. Jules Mannheim, janvier 1897.
B. — P. 129. — Peintre émailleur et valet de chambre des rois Henri II et François II, il fut amené, à une époque où l'on avait la manie du portrait en peinture, en bronze, en cire, au crayon, à pou7'traire tous les personnages quelque peu marquants de la cour des Valois, et plusieurs fois les mêmes.
Ainsi, voici Catherine de Médicis, en 1568, au baron Edmond de Rothschild, la même qu'il représenta en Vénus, en 1574, dernière date qu'on observe sur ses émaux.
VArt. 1889, 2^ vol. L Exposition rélrospective d'objets d'art frmiçais au Trocadéro, par M. Jules Mannheim.
C. — P. 138. — Les derniers émaux que nous connaissons où Léonard Limosin ait inscrit une date, portent celle de l'année 1574. C'est une plaque représentant Catherine de Médicis en Vénus, et faisant suite à deux autres, dont Tune est signée et datée L. L. 1573, qui représentent Henri III en Jupiter et Charles IX en Apollon.
(Collection de M. le baron J. de Rothschild, n^s 2458, 2459 et 2461 du Catalogue du Musée rétrospectif de 1865.)
A. Darcel. Notice des émaux du Louvre, 1883.
N. D. A. — Le Catalogue du Musée rétrospectif en 1865, inscrit Catherine de Médicis en Vénus, sous le no 2,462; Charles IX en Apollon, sous le no 2,459; et Henri III en Jupiter, sous le no 2,460.
D. — P. 47. — Léonard Limosin fit beaucoup de portraits de gentilshommes de la cour; on a de lui le portrait de Catherine de Médicis en Vénus.
Histoire du portrait en France, par Marquet de Vasselot. Paris, 1880, in-8^. — Chapitre ni. Du portrait dans Vémaillerie.
E. — N« 19. — Email de Limoges. Plaque oblongue. Triomphe de Vénus et de l'Amour : la déesse paraît ici sous les traits d'une princesse. 1574.
(Collection de M"^'^ la baronne James de Rothschild.) Catalogue de VExposition des Alsaciens et Lorrains, en 1874. Salle 8.
F. — N° 2929. — Plaque rectangulaire de la même suite en
Vénus, portée sur un char traîné par des colombes. Emaux colorés sur paillon. 1574. (Emaux peints. — Léonard Limosin.)
(Baron James de Rothschild.)
Exposition universelle de 1867. Catalogue général. Histoire du Travail. E. Dentu, éditeur in-18.)
G. — P. 69. — Une plaque appartenant à la collection de M. James de Rothschild, oîi Catherine de Médicis est représentée en Vénus sur un char traîné par des colombes, porte la date de 1574. (Cet émail, exposé en 1865 dans le Musée rétrospectif, est compris au catalogue déjà cité de cette exposition sous le n^ 2462.)
Histoire des Arts industriels au moyen âge et à la Renaissance.^ par J. Labarte, 1866. — Emaillerie.
H. — A l'extrême fin de la vie de Léonard, qui mourut, croit-on, en 1575, mais qui certainement était mort en 1577, il faut rapporter trois tableaux allégoriques qui représentent les membres de la famille des Valois, pensons-nous, transformés en planètes.
Une femme transformée en Vénus est traînée par des colombes et va à la rencontre de l'Amour. La dernière de ces plaques (n^ 21), qui appartiennent à M. le baron James de Rothschild, ne porte que 'a date de 1574, tandis que la première (n^^ 88) est signée L. L. 1575.
Mmée rétrospectif, par A. Darcel. — Gazette des Beaux-Arts {déc. 1865, janvier 1866.)
N. D. A. — Le no 88 ne porte pas de date, et celle de 1575 n'existe pas dans l'œuvre de Léonard. Voir nos explications à Henri III, n» 88.
I. — P. 216. — Nous trouvonsdanslacollection Rothschild quelques plaques exécutées en émaux colorés et traitées dans la dernière manière de Léonard... Sur deux plaques peintes et composées dans le même goût, Catherine de Médicis et Charles IX sont également représentés en divinités de l'Olympe, traînés sur un char au milieu des nuages.
Ces émaux sont médiocres et n'ont guère de valeur qu'au point de vue historique. Les contours sont indécis; les formes sont alourdies, le dessin est incorrect. Malgré l'emploi exagéré du paillon, les tons de l'émail sont faibles et se détachent sans vigueur. On devine la main tremblante d'un vieillard près de mourir, dans ces pâles émaux où l'on cherche en vain les solides qualités de Léonard Limousin, jeune, puissant et inspiré.
Le Beau dans V Utile. — Histoire sommaire de r Union centrale des Beaux- Arts . Paris, 1866, in-8. Extrait du Journal des Débats, 24 octobre, 29 novembre, par M. Albert Petit.
J. — N° 2462. — Plaque rectangulaire. Catherine de Médicis (?) en Vénus, sur un char traîné par quatre colombes, précédé par l'Amour... La date 1574, dans un cartouche. Grisailles colorées sur fond blanc. Léonard Limousin. Limoges, 1574.
(M. le baron J. de Rothschild.)
Catalogue des objets d'art exposés au Musée rétrospectif. Paris, 1865.
K. — P. 122. — M. Didier Petit, page 26 de son Catalogue, cite un sujet allégorique de cet émailleur daté de 1574. Je n'ai pu en découvrir la description dans son livre ; il renvoie aussi à M. Debruges- Dumesnil, et M. Jules Labarte se borne à dire, page 182 de son beau volume : « La dernière date signalée est de 1574 », et, page 586 : «On a des ouvrages de Léonard signés de lui de 1532 à 1574. »
Léonard Limosin^ émailleur, par Maurice Ardant {Bull, de la Soc. arch. et hist. du Limousin, t. VI, 2° liv., 1856.)
N. D. A. — Il n'existe pas, à notre connaissance, d'autre émail de Léonard Limosin portant la date de 1574 que le portrait de Catlierine de Médicis en Vénus, et la date la plus ancienne relevée sur ses émaux est celle de 1533.
L. — N'* 1507. — Autre plaque oblongue : une Reine en Vénus, avec des amours, datée de 1574, et signée aussi L. L.
Catalogue de la collection Bernai. Vente le 5 mars 1855 à Londres.
N. D. A. — Adjugé à 1 548 fr. 25 au baron James de Rothschild.
Cette plaque est dite semblable au no 1 506 du même Catalogue, Charles IX en Apollon, plaque oblongue, mesurant 235 millimètres de large sur 178 millimètres de haut, signée et datée LL, 1573 (v. notre n» 33).
Le Catalogue de la collection Bernai est le seul document qui dise que l'émail de Catherine de Médicis en Vénus, daté de 1574, soit signé des deux LL habituelles.
M. — P. 179. — L'année suivante (1574) mit un terme à son activité (1), et je suppose que l'année 1575 aura été la limite extrême de son existence. Les preuves manquent pour l'affirmer.
Notice des émaux exposés au musée du Louvre, par M. de Laborde,
N. D. A. — M. de Laborde n'a pas eu connaissance du sujet allégorique dont nous nous occupons ici, Catherine de Médicis en Venus, daté de 1574.
D'autre part, M. Didier-Petit a évidemment confondu ce dernier sujet avec Catherine de Médicis en Junon, qui appartenait bien à la collection Debruge, mais qui n'est pas daté.
N. — N° 370. — Forme carrée allongée. Fabrique de Limoges. Trois, tableaux émaillés et de même proportion qui contiennent les sujets suivants : ...
Le troisième tableau représente une femme portée sur le char de Vénus : elle est précédée et suivie de petits génies ; en face d'elle, l'Amour se montre au milieu des nuages entr'ouverts. En haut du champ est placée la date de l'année 1574.
Hauteur, 22 centimètres. — Largeur, 16 centimètres et demi.
Catalogue d'antiquités, émaux, etc., qui composent Vune des collections d'objets d'art formées par feu M.Léon Dufourny; parL.-J.-J. Dubois, 1819.— Vente 16 novembre 1819 et jj. ss.
N. D. A. — Il y a eu évidemment interversion dans les chilï'res des dimensions : 22 centimètres représentant la largeur et 16 centimètres et demi la hauteur. Encore ces mesures ne doivent-elles pas avoir été prises exactement.
Iconographie. — Nous ne connaissons pas de reproduction.
Toutefois, on trouve parmi les plaques formant l'encadrement du Quos ego, de la collection Spitzer, composition empruntée à la gravure de Marc- Antoine, d'après Raphaël, un sujet qui parait en tout point identique à celui de notre émail.
Le tableau du Quos ego exécuté par Léonard Limosin a été reproduit en chromolithographie dans le grand catalogue de la collection Spitzer (édition à 1 500 francs), n'' 52; et en phototypie dans le catalogue de vente de la même collection (édition à 50 francs), n° 468.
(1) On lit à l'article de Léonard Limosin dans le catalogue Didier Petit : Un émail avec la date de 1574, svjet allégorique, se voit dans la collection Debruge et dans la collection Didier Petit Or, on ne trouve ni dans l une ni dans l'autre de ces collections un émail portant cette date; il faut donc laisser cette assertion à l'état de supposition.
On retrouve cette même composition du Quos ego, appartenant à M. Spitzer, reproduite dans la Gazette des Beaux- Arts (liv. de juillet 1874, p. 57) .
22. — CATHERINE DE MÉDICIS (en Junon) . H. o,i 80 ; L. 0,235. □
N° 705. — Catherine de Médicis, représentée sous la figure de Junon; elle est portée sur les nuages dans un char élégant tiré par deux paons.
Cet émail fait pendant au précédent. Léonard Limosin.
Même dimension. Hauteur, 18 centimètres. — Largeur, 23 centimètres.
Jules Labarte. — Description des objets d'art de la collection Debruge Dumesnil. 1847.
N. D. A. — Mêmes description et numéro au Catalogue de la vente en 1850. Adjugea 371 francs avec le no 704 (Charles IX en dieu Mars).
Cette pièce et son pendant, Charles IX en dieu Mars (inscrit ici sous le n» 34) n'ont plus reparu depuis la vente Debruge.
Iconographie. — Nous ne connaissons pas de reproduction.
Toutefois, on pourra se rendre compte de cette composition en consultant les documents que nous venons de citer, à propos de Catherine de Médicis en Vénus, n« 21.
A. — Léonard Limosin, année 1573. — Plaque rectangulaire polychrome. Gatherine de Médicis en Gérés, sur un char traîné par deux lions. En haut : le nom « Seres ». Au milieu de la plaque on lit : Léonard Lim..., 1573.
Hauteur, 175 millimètres. — Largeur, 230 millimètres.
(Collection de M. le baron Alphonse de Rothschild.) Communication de M. Jules Mannheim, janvier 1897.
B. — N° 2930. — Plaque rectangulaire de la même suite... en Gérés, portée sur un char traîné par des lions. (Emaux peints. Léonard Limosin.)
(Baron James de Rothschild.)
Exposition universelle de 1867 à Paris. Catalogue général. Histoire du
N. D. A. — Cette suite comprend : Charles IX en Apollon (no33) ; Charles IX en Mars (n» 34); Henri III en Jupiter (n» 88j; Catherine de Médicis en Vénus (no 21) ; Catherine de Médicis en Junon (n» 22) et la plaque ici inscrite.
C. — N° 2. — Plaque rectangulaire à peinture coloriée et à paillons, représentant Gérés sur son char traîné par des lions, et tenant des épis de blé. Sur le second plan on voit des moissonneurs. Cette belle peinture, de Léonard Limousin, représente probablement une princesse de la famille de Henri II.
Catalogue des objets d'art, etc., composant la collection de feu M. le Michelin [de Provins). Vente du 3 au 5 mars 1864.
N. D. A. — On vient de voir que cette plaque fait partie -d'une série d'au moins six pièces, dont cinq représentent des personnages delà famille des Valois. Catherine de Médicis y figure deux fois, en Vénus et en Junon. On peut supposer que c'est encore cette reine, que Léonard a si souvent portraiturée, qui se voit ici en Cérès.
Iconographie. — Nous ne connaissons pas de reproduction.
(Tableau de la Sainte-Chapelle: la HéswTection.)
A. — N« 313. — Tableau votif, dit de la Sainte-Chapelle. — La reine Catherine de Médicis, agenouillée de trois quarts à gauche, coiffée d'un bonnet d'orfèvrerie, vêtue d'une robe antique garnie d'hermine au corsage par-dessous le manteau royal. Un livre est ouvert sur le coussin qui porte le prie-Dieu placé à gauche. Fond d'architecture avec une ouverture au fond montrant un paysage. Sur le soubassement de deux colonnes, le monogramme et la date L L 1553 tracés en or.
Répétition presque identique du portrait d'Eléonore, de l'autre tableau.
Musée national du Louvre. Notice des émaux et de V orfèvrerie., par M. A. Darcel, 1883.
N. D. A. — Ces tableaux de la Sainte-Chapelle constituent le monument le plus important de la peinture en émail. Us ont été maintes fois décrits et appréciés et nous possédons à leur égard des documents trop considérables pour les faire figurer ici ; ils sont réservés pour notre ouvrage en préparation : V Œuvre des peintres émailleurs de Limoges., chapitre de Léonard Limosin.
Nous ne donnons ici que la description spéciale à ce portrait inséré dans Tun de ces tableaux, bien que les textes dont il vient d'être question le mentionnent à divers titres.
On trouvera la description d'ensemble du tableau représentant la Résurrection, classée sous le nom d'Henri II (n» 82).
L'autre tableau, qui contient le portrait d'Éléonore d'Autriche (notre n" 49), représente la Crucifixion. Voir, pour sa description, à François 1" (n» 60).
B. N°:2-21.— Tableau votif, dit de la Sainte-Chapelle. La reine Catherine de Médicis, agenouillée et vue de trois quarts, est exactement dans la même pose, sous le même costume et entourée des mêmes accessoires que la figure d'Eléonore d'Autriche, précédemment décrite. Sur la base du lambris on trouve le monogramme L. L. et la date 1553 tracés en lettres et chiffres dorés.
Musée national du Louvre. Notice des émaux exposés, par M. de Laborde, 1852.
N. D. A. — Le portrait à.'Eléonore d'Autriche, auquel renvoie M. de Laborde, est inscrit ici sous le no 49, comme nous avons déjà eu occasion de le dire.
Iconographie. — Lithographie (dont quelques exemplaires sont colo-
riés), dans les Arts au Moyen Age, de M. du Sommerard, ch. ix, pl. XX. (Cette reproduction comprend l'ensemble du tableau.)
Photographie en vente chez M. A. Giraudon, éditeur, 15, rue Bonaparte, Paris. (Ensemble du tableau n° 2506, et détail du portrait n° 2515.)
A. — P. 62. — M. Maurice Ardant attribue encore à Jehan Limosin le n° 77, buste de Catherine de Médicis, cédé jadis par lui au Musée de Limoges, auquel il appartient toujours. Cet émail doit dater probablement de la fin du xvi*^ siècle; mais, malgré son fond bleu paillonné et son aspect sombre, nous ne voyons en lui aucun caractère précis qui puisse motiver l'attribution. Le modelé très empâté de la tête ne nous semble pas dans la manière de Jehan Limosin. Du reste, M. Ardant appuie bien faiblement son opinion, car il se borne à dire à propos de cet émail et d'un buste de Bardon de Brun : « La réunion du vert et du bleu, si familière à Jehan Limosin, me ferait lui attribuer ces portraits... » (1). Ce motif, insuffisant en luimême, l'est d'autant plus ici, qu'à part le fond qui est bleu, on ne remarque sur la plaque aucune des deux couleurs signalées. Elle est, d'ailleurs, d'un bon travail et probablement antérieure à Jehan. Nous la classons parmi les œuvres des anonymes du xvi° siècle.
Exposition rétrospective de Limoges, en 1886. Les Emaux peints, par L. BouRDERY, Limoges, 1888.
N. D. A. — On verra (lettre G) que M. Maurice Ardant s'est rectifie et a attribue cet émail à Léonard Limosin.
{i) Emailleurs et Emaillerie, p. 166. Le fond presque entièrement tombé, était bleu, le costume est noir brun : il n'y a pas d'autres tons.
B. — N° 77. — Catherine de Médicis. — Plaque en émaux de couleur, rehauts d'or, paillons. Ovale.
Hauteur, 125 millimètres. — Largeur, 102 millimètres.
Le vêtement brun est glacé de quelques touches de blanc, le modelé et les traits de la figure entièrement repeints en couleur. Le fond bleu est paillonné d'argent (la couleur s'en est presque entièrement détachée). — Contre-émail fondant. Fin du xvi° ou commencement du xvii^ siècle. — Musée national de Limoges.
(Vitr. H.)
Exposition rétrospective de Limoges, en 1886. Emaux peints, catalogue raisonné, par L. Bourdery.
C. — P. 118. — Le portrait de Catherine de Médicis de notre musée de Limoges doit être aussi de cette époque (1556) d'après sa ressemblance avec les autres portraits de cette date.
Léonard Limosin, émailleur, par Maurice Ardant. [Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousiii, t. YI, 2® livraison, 1856.)
N. D. A. — Les portraits auxquels M. Maurice Ardant compare celui de Catherine de Médicis, sont ceux des deux Rhingrave (n°' 125 et 126), et il classe implicitement, mais d'une façon formelle , Témail du musée de Limoges parmi les ouvrages de Léonard Limosin.
Nous devons déclarer, comme nous l'avions déjà fait en 1886 (v. lettre B) que cet émail nous paraît plus récent, et, en tout cas, ne peut pas entrer en parallèle avec la plupart des autres ouvrages de Léonard ici catalogués.
D. — P. 165. — Catherine de Médicis, mère des derniers rois de France de la branche de Valois, séjourna à Limoges en 1569. Son portrait en émail, que j'ai cédé au musée, a dû être peint d'après nature par un artiste du pays et de cette époque. Ce portrait est resté vingt ans dans la terre; il n'a d'autre dégradation que la perte de la couleur du fond qui laisse à découvert le cuivre encore argenté. Le corsage de velours noir à côtes, la tête à petit relief de Catherine et le buste sont restés intacts; son vêtement noir indique qu'elle était veuve (1559).
Je crois ce portrait du même peintre que celui qui fit celui du bienheureux Bardon de Brun. La réunion du vert et du bleu, si familière à Jehan Limosin, me ferait lui attribuer ces portraits, si le premier ne remontait pas à sa grande jeunesse.
Emailleurs et Emaillerie de Limoges, par Maurice Ardant. Isle, Martial Ardant frères, 1855, in-12.
E. — P. ITl. — Haute-Vienne. — Un amateur de Limoges vient de faire l'acquisition d'un portrait de Catherine de Médicis,en émail, d'un travail fort extraordinaire. Après avoir été longtemps enseveli dans la terre, ce petit chef-d'œuvre de peinture n'a souffert que dans sa partie la moins importante; le visage, en relief un peu plat, a conservé son coloris et sa physionomie ; la coiffure et le vêtement de velours, tout leur éclat; le fond du tableau, en émail bleu, a éprouvé seul une grande dégradation qui laisse à découvert la feuille d'argent à l'aide de laquelle les anciens émailleurs obtenaient la transparence et le brillant de leur travail.
Bulletin de V Alliance des A?'ts, t. IV (1845).
Iconographie. — Nous ne connaissons pas de reproduction.
A. — P. 20. — La grande iconographie appartient de droit à Léonard Limousin, et la série de ses plaques, grandes ou moyennes, est une véritable galerie des célébrités contemporaines. Disons que c'est surtout dans la salle de la famille de Rothschild que ces chefs-d'œuvre se trouvent réunis : c'est d'abord Catherine de Médicis à trois âges différents.
Exposition des Alsaciens-Lorrains, par Albert Jacquemart. Extrait de la Gazette des Beaux-Arts, jmn, juillet, août 1874. Paris, Claye.
N. D. A. — Nous avons cru pouvoir retrouver les trois portraits de Catherine de Médicis cités ici par M. Jacquemart dans les pièces suivantes : !<> Catherine de Médicis (no 26, daté de 1555) ; 2o Catherine de Médicis un peu plus âgée (ancien Danby Seymour, inscrit ici sous le n» 16); 3» Catherine veuve (n» 14, daté de 1568). Ces trois pièces sont les seuls portraits de Catherine de Médicis ayant fait partie de l'Exposition de 1874. Ils sont fournis par la famille de Rothschild.
Toutefois, la pièce ici mentionnée n'a pu être identifiée avec aucun des portraits faisant actuellement partie des collections de MM , les barons de Rothschild, par MM. Alfred André et Jules Mannheim qui ont bien voulu dresser pour nous les catalogues de ces riches collections, avec le soin le plus scrupuleux. D'autre part, il ne nous a pas été possible d'annexer d'une façon plausible ce document à ceux des autres portraits de Catherine de Médicis, ici catalogués.
B. — Portrait de Catherine de Médicis, par Léonard Limosin,
(Collection de M. le baron Gustave de Rothschild.)
Catalogue de VExposition des Alsaciens et Lorrains^ 1874. Vitrine 7, salle 8.
Iconographie. — Nous ne connaissons pas de reproduction.
27. — CATHERINE DE MÉDICIS. h. 0,489; L. 0,415. - L. L. 1555. Q
(Grand plat ovale : le Festin des dieux.)
N. D. A. — Vente Fountaine, à Londres, 1884. N° 453. — Grand plat ovale représentant le Festin des Dieux, d'après Raphaël, L'artiste a introduit dans cette composition le portrait de divers personnages
de la cour, entre autres celui de Catherine de Médicis, à la gauche du roi
Henri II.
Nous possédons sur cette pièce des documents importants, que nous n'avons pas cru devoir reproduire à propos de chacun des portraits compris dans l'ensemble. On les trouvera groupés sous le nom du personnage principal, Henri II (v. n» 85).
Iconographie. — Voir à Henri II (n° 85).