‹ Leonard Limosin, peintre de portraitsChapitre 69 sur 331 · DIANE DE POITIERS · texte numérisé non relu

DIANE DE POITIERS

s'étaient associées à ces réminiscences antiques qu'excusait la passion des arts, que conseillait à la maîtresse du roi le soin de sa domination. La duchesse de Valentinois, il est vrai, avait alors cinquante-cinq ans; mais si le temps altéra sa beauté, Henri II ne s'en aperçut pas, et Léonard Limosin n'avait aucun intérêt à rendre son maître plus clairvoyant. Il est impossible de s'arrêtera cette absence de ressemblance qui est du fait de l'émailleur, et dont c'était le défaut. J'accepte donc l'opinion générale qui désigne ici Diane de Poitiers. Une circonstance intéressante vient d'ailleurs à l'appui de la tradition. Léonard Limosin, en même temps qu'il peignait l'émaiï du Musée, a exécuté pour le connétable de Montmorency un magnifique plat dans lequel il a fait entrer le repas des Dieux, suivant fidèlement la gravure de Marc- Antoine, avec cette différence, toutefois, que les personnages portent le costume de lacour etque Jupiter,, remplacé par Henri II, a la toque sur la tête, et tient ses gants de la main droite en se tournant vers Catherine de Médicis, assise à sa gauche, et vêtue d'une robe bleue disposée comme dans le dessin original. A la droite du roi, et complètement nue, mais coiffée de la même toque noire à plumes blanches, recouvrant des cheveux blonds serrés en forme de coques dans la même résille d'or, est assise cette même femme dont nous cherchons à connaître le nom, puis autour de la table, les personnages de lacour, Anne de Montmorency compris, et tous dans les poses et dans les costumes que Raphaël a donnés aux divinités de l'Olympe. La place qui est donnée à Diane de Poitiers, à la droite du roi, le rôle qu'elle joue dans cette scène, les croissants qui l'entourent, tout dans ce tableau s'adresse à la maîtresse du roi, et si c'est elle, c'est bien aussi la duchesse de Valentinois que représente l'émail du Louvre. Jamais la peinture en émail n'a mieux réussi ; c'est qu'aussi l'émailleur de Henri II n'avait jamais pris plus de soin à remplir sa tâche; on sent qu'il veut satisfaire le caprice le plus cher au cœur de son maître.

Notice des émaux exposés an musée du Louvre, par M. de Laborde, 1852.

K. — P. 174. — Un des plus parfaits ouvrages sortis de l'atelier d'émaillerie de Limoges a été exécuté, l'année suivante, par Léonard. Il représente une jeune femme nue, étendue sur le gazon, et coiffée d'une toque qui recouvre la résille d'or dans laquelle ses cheveux sont retenus. (Collection du Louvre, n° !24!2.)

Notice des émaux exposés au musée du Louvre, par M. de Laborde, 1852.

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