‹ Leonard Limosin, peintre de portraitsChapitre 68 sur 331 · DIANE DE POITIERS · texte numérisé non relu

DIANE DE POITIERS

connétable de Montmorency; entre ces deux œuvres de l'émailliste, on retrouve de grandes analogies.

Lettres médites de Dianne de Poytiers, par M. Georges Guiffrey. Paris, Renouard, 1866.

F. — P. 76. — En parlant des portraits de Léonard, nous ne pouvons passer sous silence un petit tableau qui est une des plus suaves productions de cet artiste. Il représente Diane de Poitiers, sous les traits de Vénus, appuyée sur un jeune amour qui la tient embrassée. La belle maîtresse de Henri II est couchée entièrement nue sur une draperie bleue rehaussée d'or qui est étendue sur l'herbe. Ce beau portrait qui appartient au Musée du Louvre, est reproduit dans la vignette placée en tête de ce chapitre.

Histoire des arts industriels au moyen âge et à la Renaissance, par J. Labarte, 1806. Emaillerie.

G. — P. 6. — Léonard Limosin, arrivé à la plénitude de son talent, mit au jour, deux ans plus tard, en 1555, une œuvre moins importante comme dimension (que les deux tableaux votifs de la Sainte- Chapelle), mais d'une beauté égale, Vénus et l'Amour, plaque ovale, conservée également au Musée du Louvre. Vénus, sous les traits de laquelle, malgré l'avis d'hommes fort éclairés, nous avons quelque peine à reconnaître Diane de Poitiers, est absolument nue ; elle est étendue sur l'herbe et s'appuie sur l'Amour qui la tient embrassée. Cette plaque, large de 26 centimètres et demi et haute de 20 centimètres, est un des émaux les plus parfaits qu'il soit possible de rencontrer ; l'harmonie générale de cette œuvre permet d'apprécier aisément la grâce toute française de la déesse, et quelque inconnu que soit le nom de l'artiste qui fournit à Léonard Limosin le dessin de cet émail, nous n'hésitons pas à déclarer que ce fut, sans aucun doute, un des plus habiles et des plus expérimentés de l'École de Fontainebleau.

Les douze apôtres de Chartres, par Alleaume et Duplessis, 1865.

H. — P. 217. — La Galerie d'Apollon au Louvre.

Pendant sa longue carrière, Léonard Limosin s'est essayé dans tous les genres : il a repris aux émailleurs du commencement du siècle le paillon, ou plutôt le clinquant dédaigné par Pénicaud III; ses grands portraits de François P'" en saint Thomas, de l'amiral

Chabot en saint Paul et de Diane de Poitiers en Vénus (n°^ 236, 23' et 242), légèrement colorés sur fond blanc, constituent une véritable innovation, qui n'a pas reçu tout le développement qu'elle méritait; ses grisailles sur fond noir sont parfaites.

Le Cabinet de V Amateur, par Eug. Piot, 1861-1862. Paris, Didot, 1863, in-8°.

I. — P. 116. — C'est en cette même année 1554 que Léonard peignit son admirable portrait de Diane de Valentinois en Vénus.

Léonard Limosin, èmailleur, par Maurice Ardant [Bul. de la Soc. arch. ethist. du Limousin, t. VI, S'^ liv., 1836).

N. D. A. — La date inscrite sur le portrait est celle de 1555. Les erreurs dece genre sont fréquentes chez cet auteur.

J. — N° 242. — Vénus et l'Amour. — Plaque de forme ovale en émaux de couleurs sur fond blanc, avec emploi de paillons et rehauts d'or.

Hauteur, 200 millimètres. — Longueur, 265 millimètres.

Vénus est représentée étendue sur l'herbe d'une prairie; elle est entièrement nue, et posée sur une draperie bleue rehaussée d'or; elle en relève un pli d'une main tandis que de l'autre elle s'appuie sur un jeune amour qui la tient embrassée. Les cheveux sont nattésavec des fils d'or, et la coiffure a la forme d'un chaperon. Le fond du paysage, entièrement vert sur le premier plan, et garni d'arbres, se termine en tons bleus, et figure une ville dont la mer baigne les murailles; un vaisseau se voit dans le coin de droite. Un vase d'où sortent des fleurs est placé en arrière de la figure principale, et un carquois rempli de flèches posé en avant. Vers la gauche et sur une feuille que surmontent deux brindilles dorées, on lit le monogramme LL, et au-dessous la date 1555. Le contre-émail est incolore. (Collection Revoil, n° 274.) — Quelle est la femme assez belle et assez prodigue de sa beauté, pour se faire représenter, en 1555, dans cette nudité, que sa riche coiffure rend plus impudique encore. On répondra tout d'une voix, c'est Diane de Poitiers. Cependant ce nez busqué n'est pas le nez de la duchesse de Valentinois, il s'approcherait plutôt des traits connus de Louise de Savoie ou de Marguerite de Valois; mais comment songer à ces deux femmes, toutes deux mortes en 1555, et qui d'ailleurs, à aucune époque de leur vie, ne

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