‹ Leonard Limosin, peintre de portraitsChapitre 82 sur 331 · ÉLISABETH DE FRANCE · texte numérisé non relu

ÉLISABETH DE FRANCE

B. — N° 1078. — Plaque ovale. Portrait de dame. (Léonard Limosin.)

Femme jeune, de trois quarts à gauche, coiffée d'un touret orné d'un double rang de bijouterie, vêtue d'une robe blanche à corsage carré sur la poitrine couverte d'une guimpe à col montant. Un carcan entoure son col, et un collier de perles relevé au milieu du corsage descend sur ses épaules. Une tablette verte interrompt le buste.

Encadrement de plaques d'émail dans une monture en bois.

(M. le baron Gustave de Rothschild.)

Catalogue de VExp. Rélr. de l'art français au Trocadéro en 1889.

N. D. A. — Voir VArt, 1889, 2" vol., p. 129, citation de ce portrait par M. Jules Mannheim, dans Y Exposition rétrospective d'objets d'art français^ au Trocadéro .

Le portrait dont il est question ici ne parait pas pouvoir être celui d'Elisabeth de France, fille de Henri II, parce qu'il représente une femme d'un certain âge, et porte la date de 1556, époque à laquelle la princesse Elisabeth n'était âgée que de onze ans. Comme on le verra ci-dessous (lettre H), le savant rédacteur du catalogue de l'exposition de 1862 au Musée de South Kensington, avait déjà fait cette remarque ,

D'autre part, le journal VArt, ayant publié, en octobre 1878, une reproduction de ce portrait pour accompagner l'article de M. Saint-Raymond, sur les collections de MM. les barons de Rothschild, exposées au Trocadéro, bien que le texte de cet article sôit muet à l'égard du portrait, a inscrit, au bas de la planche, ce titre : Diane de Poitiers, à M. le baron Gustave de Rothschild.

Si l'appellation d'Elisabeth de France est inexacte, cela expliquerait qu'on ait cherche à voir dans ce portrait un autre personnage contemporain, tel que Diane de Poitiers, par exemple.

Toutefois, jusqu'à meilleur informé, nous croyons devoir maintenir à la femme représentée ici, son ancien nom d'Elisabeth de France, quelque peu plausible que cela soit, à cause de sa vieille notoriété sous ce titre, d'une part, et d'autre part à cause de l'impossibilité évidente de lui donner le nom de Diane de Poitiers, si cette dernière appellation appartient bien aux trois beaux portraits désignés autrefois sous le nom d'Anne d'Esté (nos 39^ 40 et 41) et que l'on paraît décidé depuis une dizaine d'années à considérer comme ceux de la duchesse de Valentinois. Nos planches des n"' 52 et 39 convaincront le lecteur de la distinction à établir entre les deux personnages qui y sont reproduits.

Le nom une fois admis, ce qu'il est plus important encore d'établir, c'est l'identité du portrait possédé par M. le baron Gustave de Rothschild avec celui qu'exposait à Manchester M. Danby Seymour, comme on va le voir. Or, pour obtenir la preuve évidente de cette identité, il suffit de rapprocher de notre planche, prise par nous aujourd'hui chez M. le baron Gustave de Rothschild, celle que donne, en 1858, M. Waring [Trésors d'art à Manchester, pl. XII), alors que le portrait était entre les mains de M. Danby Seymour, ou mieux encore, la belle photographie en vente au Musée de South Kensington, à Londres, et puisée à la même source. On se convaincra à première vue que les deux reproductions ont été faites d'après le même portrait en émail.

M. Danby Seymour exposait à Manchester, en 1857, cinq grands portraits à entourage d'émaux d'ornement, analogues à celui-ci, savoir : Jacques Amyot (notre n° 1), le cardinal Charles de Lorraine (n° 73), Catherine de Médicis (n° 16^

Page 1