‹ Léonide, drame en un acte, mêlée de chantsChapitre 1 sur 24 · LA BARONNE DE ROUVRAY · texte numérisé non relu

LA BARONNE DE ROUVRAY

sœur de Frédéric (25 ans). Anna-Chéri.

LOUIS, domestique. M. Corail.

La scène se passe de nos jours , dans le château de VareuUj près Bordeaux,

Un salon ouvrant sur ^es jardins.

SCENi: PREMIISKi:.

FRÉDÉRIC, HENRIETTE, LA BARONNE DE ROUVRAY, M'ne DE BELMONT.

Au lever du rideau, Henriette et la Baronne sonldeboul, près d'une table, placée vers la droite du public, un peu sur le second plan, sur laquelle on remarque une corbeille de mariage et plusieurs objets de luxe qui l'entourent; Henriette montre ces objets à la Baronne.-— Mme de Beimont, assise à gauche, brode une tapisserie de laine; Frédéric va un peu de Tune aux autres, mais s'occupe plus particulière^ ment de MnîedeBelnionljprès de laqualle il vient de temps à autre s'asseoir.

HENRIETTE

Voyez, madame, comme tout cela est beau... je ne parle pas de votre cadeau, qui est d'un goût !... Tenez, voici un cachemire mngnilique !... et Ton ne dira pas qu*il n'est pas de Tliidej c'est nous qui Pavons rapporté!...

LA BARONNE

En effet!... le tissu et les palmes en sont admirables!

FRÉDÉRIC, à J/™e de BelmoTit, Qu'elle larde à revenir!...

M»»e DE BELMONT, SOUViaUt,

Mais vous n'y pensez pas : voilà à peine dix minutes que vous êtes rentrés tous trois de la promenade... elle, son oncle et vous !... faut-il au moins (ju'elle quitte son amazone!..,

FRÉDÉRIC, de même.

C'est vrai!...

LA BARONNE

Ail ! quels superbes diamans!

FRÉDÉRIC, montrant Henriette»

C'est le cadeau du père de ma future cousine!

6 LÉONiE.

HENRIETTE

Ils ont été taillés à Bénarès, dans de grands ateliers que nous avons parcourus avec M. Frédéric.

FRÉDÉRIC

Oui, c'est h Bénarès même, ma chère sœur, que j'eus le bonheur d'être reçu pour la première lois par M^^* de Belmont et M. de Vareuil, son frère : depuis lors je ne les quittai presque plus durant tout le délai nécessité par la mission, dont le gouvernement m'avait chargé auprès de quelques-uns de nos agens consulaires dans ces lointains parages. ..Comment te dire tout le charme de nos longues excursionssur le Gange pendant le jour, et de ces soirées admirables passées dans une délicieuse retraite, au fond d'un beau parc, au pied d'une vaste colline, devant un horizon inimense! Mes lettres essayaient de te rendre mes impressions; mais je sentais que cela m'était impossible!...

Am de M^^" Garcin.

Enfant perdu de la diplomatie, Dans ce pays oii j'allais, en martyr, Gagner un titre.., A ma vue éblouie.

Tous les trésors du ciel venaient s'offrir... Au milieu d'eux, je dus croire mon âme Sous le pouvoir d'un charme ou d'une erreur... D'un rêve, enfin... jusqu'au jour oii, madame, Un mol de vous m'y fit voir le bonheur.

(Il baise la main de M™e de Belmont.)

LA BARONNE, à part.

Je le conçois!...

HENRIETTE, Cl part, souHant.

Ah!

Hein?

LA BARONNE

HENRIETTE

Rien! — Tenez, madame, voici un flacon tout-à-fait sciiiblable à celui (jue M. Frédéric vous a rapporté.

LA BARONNE

Oui...

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