SCÈNE lli 1Î
M»"« DE BELMONT
Comment!... oui...
Elle s'occupe d'arranger, en les replaçant dans la corbeille,
divers objets qu'on en a tirés a la première scène HENRIETTE, btts à Léouie.
Tu sais que M™e de Rouvray va voirM"»*^ Desgranges pour mon mariage avec le frère de M. Frédéric.
Oui.
U^^ DE BELMONT
Eh bien!...
HENRIETTE
Voilà, ma tante?
M™e DE BELMONT.
Tu vas me suivre et emporter cela dans ma chambre, oii Ton n'y touchera plus.
HENRIETTE
Oh î pourquoi donc?
Mme DE BEI^MONT.
D'abord,parce qu'il n'est pas bon de montrer souvent ces choses-là aux demoiselles ;ça leurdonnedes idées qui ne viennent que trop d'elles-mêmes!... — Et puis, il n'est pas séant de les produire avant qu'un mariage ne soit fait!
HENRIETTE
Les bans sont publiés; le jour est fixé... c'est comme si c'était fait... (M^^ de Belmont sourit.) Ah! si vous vouliez, ma petite tante, au lieu d'un mariage, vous savez qu'il pourrait bien ici s'en faire deux !
M™e DE BELMONT.
Tu es trop jeune !
HENRIETTE
J'ai seize ans et demi!
M°ce DE BELMONT.
Eh bien! ta cousine en a dix-neuf, elle!... trois ans!... c'est énorme!...
LÉONIE
Ma mère!...
1() LÉONIE
IlEMlIETTIi.
M. Charles est aussi nu si bon jeuncliommn ; et, songez donc, épouser les deux frères ; nous qui sommes déjà comme les deux sœurs!...
LÉOME.
Avez-voiis parlé à mon oncle de ce projet?...
M«»« DE BELMONT
Que veux-tu que je dise?
HENRIETTE
Ma bonne petite maman Belmont!... vous qui avez tant d'esprit... dites-îui :
Air de l'Ame en Peine.
Ma nièce est sage, elle est jeune et gentille, Il me Ta dit tout le premier î Et pour l'honneur de la famille, Bien vite, il faut la marier.
Mme DE BELMONT.
C'est concluant î
LIëOMIB.
Cédez à sa prière !...
HENRIETTE
El vous ferez, en même temps, En bonne tante, ou mieux, en tendre mère. Le bonheur de vos deux enfans.