AU COMTE CHARLES PEPOLI
heureuse serait cette existence; et je sens bien que ton amour me ferait encore rechercher la gloire et la vertu, • tout comme en mes premières années. Et si le ciel n'a donné aucune consolation à nos peines, avec toi cependant la vie mortelle serait semblable à celle de la divinité.
Dans les vallées où résonne le chant du laboureur au travail, je m'assieds et je me plains d'être abandonné de mes jeunes illusions, et sur les collines où je me rappelle et pleure mes désirs perdus et l'espérance évanouie de mes jours, pensant à toi, mon cœur se prend à palpiter. En ce siècle sombre et en cet air malsain, qu'il me soit permis du moins de garder ton image sublime, et je m'en contenterai, puisque la réalité m'est ravie.
Si tu es une de ces idées éternelles, dédaigneuses en leur suprême sagesse de revêtir une forme palpable et *> d'éprouver au milieu d'êtres périssables les tourments d'une vie désolée, ou si une autre terre est devenue ton refuge dans les régions supérieures, parmi les mondes innombrables, et si, près de toi, une étoile plus belle que le solei] t'éclaire de ses rayons, et que tu respires un air plus clément, d'ici-bas, où les années sont funestes et brèves, reçois cet hymne d'un amant inconnu.