EXÉCUTION DU TRAITE DU 15 NOVEMBRE 1831. — BLOCUS DE MAESTRICHT, ETC
Le roi Léopold an général Gohlet.
« Bruxelles, le 27 juin 1832.
« Mon cher Goblet,
Je dois avant tout vous exprimer ma satisfaction sur mire zèle dans la poursuite de nos affaires. Puisse-t-il être bientôt couronné d'un ample succès ! Je partage votre manière de voir et malheureusement nos bons Belges ici ne sont plus dupes de bonnes paroles sans résultats. L'évacuation d'Anvers est à présent la chose principale; après cela, nous pouvons nous reposer sur nos lauriers, car le nonpayement de la dette nous serait une ample indemnisation pour tous les autres délais.
« M. de Muelenaere va vous écrire relativement à l'indemnité à demander pour nos frais de guerre depuis le mois de
janvier. L'armée nous coûte trois millions de florins par mois, cela n'est pas trop pour cent mille hommes y inclus les frais des fortifications de campag"ne. J'ai également ordonné h M. de Muelenaere qu'il vous écrive en termes clairs que lorsqu'il vous envoie une note, c'est le sens auquel vous êtes tenu, mais que la rédaction vous est entièrement abandonnée.
« Vous pouvez en quelques jours dire à lord Palmerston que j'ai ju<^é à propos de faire bloquer la forteresse de Maestriclit : 1" parce que le commandant s'est amusé à arrêter et relâcher nos douaniers selon ses fantaisies; 2" parce qu'il se promène dans la province du Limbourg nous appartenant jusqu'à une lieue et demie de sa place avec de forts détachements; 3" parce que la Hollande, malgré même le traité de Vienne, tient la Meuse liermétiqiiement fermée à Maestriclit et ruine le pays de Liège; 4" parce que la Hollande ne veut pas évacuer la citadelle d'Anvers; 5" que cette démarche est devenue indispensable comme selfdefence et que le blocus ne cessera que quand nous aurons obtenu un résultat.
« Relativement aux communications du prince Czartoriski, que ce serait avec plaisir que je recevrais mille à douze cents cavaliers et quelques centaines d'artilleurs, soldats et caporaux, de ceux qui sont restés dans la Prusse. Que nous ne pouvons pas en prendre davantage parce que nous ne saurions qu'en faire à la paix.
« Concernant le général Skrzynecki, que je désire q^til tienne ici, que le général lui-même partage ce désir d'après une lettre de sa part que j'ai vue avant-hier. Qu'il préfère, primo, de venir ici sans prendre d'engagement et qu'il pense que cela vaudrait mieux pour voir si on se convient mutuellement. Que l'embarras est de savoir comment il sortira de l'Autriche, que le seul moyen me paraît être de lui procurer u\\ passe-port anglais, en le dirigeant sur l'Angleterre d'où
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il pourrait fjicilemeiit se rendre ici. Sous tous les raj)ports, h* «général serait une excellente acquisition pour nous, pauvres comme nous sommes en f^^mùrïiiix de division, dont nous n'avons véritablement qu*un seul.
« Le roi, mon oncle*, s*est extrâmement intéressé Tannée dernière à un colonel Smith, né à Brugger, qui est au service d'Angleterre. Tâchez de faire, sa connaissance. Le roi peut exercer une grande influence sur nos affaires, et il a été jusqu'à présent bon pour nous; je désirerais donc faire quelque chose qui put lui être agréable, ce serait d'une sage politique.
« Adieu... Le choléra est assez peu actif; jusqu'à présent tout est fort tranquille.
« LÉOPOLD
« Tâchez de voir de temps en temps le général sir Herbert Taylor. — Nous devrions pouvoir (avoir) ces Polonais dans le courant de juillet pour être utiles. »
Le même au même.
c< Bruxelles, le 29 juin 183^.
« Mon cher Goblet,
€ Je ne vous dis que deux mots. Je vous ai exposé mes raisoiis pour faire bloquer plus strictement Maestricht; la conduite de ce général Dibbets est tellement insolente qu'il n'y avait plus moyen aux yeux du pays de s'y soumettre...
1 Guillaume IV, roi d'Angleterre.
Il faut qu'il y ait une différence pourtant entre ceux qui font tout pour plaire à la conférence et ceux qui refusent tout.
« Si Ton croit que la France a conseillé le blocus de Maestricht, vous pouvez dire qu'elle n'en sait rien : c'est une mesure de police et de sécurité intérieure pour nous.
<r Chassé fait de grands travaux à la citadelle d'Anvers, preuve qu'il ne veut pas la quitter.
« Tâchez de savoir de lord Palmerston quelles seraient les mesures à prendre pour lier des relations diplomatiques avec la Russie, de môme avec l'Espagne qui nous intéresse beaucoup sous le rapport du commerce.
« Que le ciel vous protège.
« Il faut faire sentir à lord Palmerston la nécessité du blocus de Maestricht, qu'il doit approuver. »
Le même ait même.
« Bruxelles, le 10 juillet 1832.
« Mon cherGoblet,
« Vous vous êtes vaillamment défendu et vous avez fait très-sagement, je vous en fais mon compliment. Les propositions de la Hollande ont quelque chose de captivant au premier coup d'oeil. C'est l'effet que cela a produit à Paris. Le bout de l'oreille se montre cependant bientôt. Votre politique doit être de garder notre position actuelle, mais de montrer que pour des compensations raisonnables nous abandonnerons ce qui paraît heurter l'amour-propre des Hollandais : la navi-