‹ Léopold 1er et Léopold II, rois des BelgesChapitre 41 sur 56 · DOCUMKNTS IIISTOHlgLF:S · texte numérisé non relu

DOCUMKNTS IIISTOHlgLF:S

^fitioii (l<*s ('Mii\ iiitcnntMliaires toinlxî jirincipalt'irKiiit dans cette caté<^orie. Mon laii;^a^e h Coinj)ièg'ne a été dans ce sens : la citadelle; d*Anvers évacuée, et nous ferons tout au monde ])our de jiLstes compensations, ])oiir satisfaire les Hollandais. J'ai prié les princesses de parler tous les jours au roi de Tévacuation de la citadelle '. Le comte Sébastiani ne peut avoir dit autre chose, d'autant moins que je lui avais fait sentir, ainsi qu'au roi, que, môme si nous étions disposés à faire de nouveaux sacrifices, que cela ne nous mènerait qu'à eng-ager le roi de Hollande à demander quelque chose de nouveau et d'extraordinaire.

« Je ne pense pas que les Hollandais trouveraient leur compte à nous attaquer. J'ai été faire une tournée dont je suis extrêmement satisfait. J'ai vu le 5, à Malines, le 8" de ligne bien beau et fort, et trois batteries d'artillerie; de là, j'ai été au fort de Sainte-Marguerite. Le 6, j'ai vu à Anvers le 6** et le 5*^ ainsi que toutes ces gardes civiques. Tout cela était trèsbeau. Le même jour, j'ai vu le 3^ de chasseurs à pied et le 1" de lanciers à Turnbout. Le 7, j'ai vu le 9" et le 1" de chasseurs à cheval à Herenthals : ces deux réghnents sont particulièrement beaux; le l'' et la batterie Eickholt à Nylen. J'ai examiné Lierre et je suis venu le soir coucher ici. Les troupes sont fort belles et extrêmement bien disposées.

« La seconde division et le 9^ à présent en avant-garde, le S*" de chasseurs à pied sur la droite vers Gheel. La brigade Langermann campera entre Herenthals et Lierre. Les brigadiers sont bons. La 1'^ division se trouve un peu étendue, mais son point d'appui est Diest. La réserve occupe Louvain et Bruxelles. La division des Flandres est entre Malines et Termonde et occupera Malines. Toutes ces troupes seraient facilement réunies et ne se trouvent en l'air que du côté de

^ Il s'agit ici du roi des Français.

Maestriclit, sur la rive droite. D*un autre côté, Toccupatiou militaire de cette partie du pays inspire de la confiance aux habitants.

« Si les Hollandais nous attaquaient, la seule chose que je demanderais à la France serait de la cavalerie, car, en pareil cas, il faudrait tâcher de prendre autant de Hollandais que possible en rase campagne et tous les secours de la Prusse arriveraient trop tard pour les sauver.

« Les Hollandais doivent savoir que l'armée ])elge d'à présent est différente de celle de Tannée dernière; ils peuvent aussi moins compter sur la supériorité de cavalerie, la nôtre ayant été beaucoup renforcée.

« Hasselt, que Desprez vient d'examiner, ne saurait être pris sans un ^iége de quelques jours; ceci est un point important contre une attaque du côté d'Eindhoven, surtout comme ils ne pourraient pas passer par Diest.

« Chaque jour augmente nos forces ; la levée de douze bataillons de réserve sera sous les armes à la fin du mois et vers la fin d'août on pourra s'en servir. Les 6®' escadrons rejoindront bientôt leurs régiments, les 7" ont déjà leurs hommes et chevaux. Je m'occuperai de mobiliser quelques grosses batteries de position de pièces de douze longues et de dix-huit. A tort ou à raison, on croit que le moral des Hollandais a baissé ; ils sont ennuyés comme nous de cet état d'incertitude. Après la récolte, comme nous ne manquons pas d'armes, nous pourrons encore augmenter l'armée et porter vers la fin d'août quelque grand coup.

« Mon mariage aura lieu, à ce qu'il paraîtrait, le 7 ou le 9 d'août.

« Adieu pour aujourd'hui, avec de la fermeté et la bonne volonté de satisfaire les Hollandais sur les points d'amourpropre qui les blessent, je pense que nous nous tirerons bien d'affaire.

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Le m^me au rruhie.

(.Extrxiit.)

« Lacken, le 17 août 1832.

a La grande affaire est à présent d'écouter et de voir si la Hollande est de bonne foi. Ma manière de voir est simplement celle-ci : rien ne saurait nous arriver de plus favorable que de pouvoir finir avec la Hollande vite et d'une manière complète. La chose principale était d'empôcher qu'il y ait un nouveau traité entre les cinq puissances et la Hollande autre que celui du 15 novembre; cela paraît arrêté. A présent on devrait fixer comme terme absolu le 10 septembre. Si jusque-là les cho.ses ne sont pas terminées, nous demandons le commencement de l'exécution, et nous nous y joindrons si les puissances le jugent à propos.

« Je suis très-content de ma bonne petite reine, c'est la femme la plus douce qu'on puisse voir et de beaucoup d'esprit. Ce mariage coupe les prétextes de partage et le gouvernement anglais devra tâcher d'en trouver de nouveaux. Nous avons été reçus avec le plus vif enthousiasme dans tout le

pays...

M. Van de TFeyer au roi des Belges.

(Extrait.)

« Londres, le 21 août 1832.

« Mon arrivée, annoncée pendant le séjour de Votre Majesté à Compiègne, était, pour tous les membres de la conférence,

le signal d'une direction nouvelle imprimée aux négociations. Chacun d'eux, me croyant porteur d'instructions positives et muni de pleins pouvoirs, entrevoyait la possibilité d'un arrangement prompt et définitif avec la Hollande et la conclusion de cette pénible transaction. La résolution prise par le conseil, le jour môme de mon départ, les dépêches adressées au général Goblet et dans lesquelles le ministère annonçait l'intention de persévérer dans son système, d'un côté, et, de l'autre, la dernière lettre adressée à lord Palmerston ^ et le désir que l'on avait exprimé de connaître, d'une manière indirecte, Vultimaticm du roi de Hollande et l'étendue des pouvoirs de M. de Zuylen ; l'ensemble enfin de toutes ces circonstances me plaçait dans une position fort délicate et fort embarrassante. En effet, prêter uuq oreille, même officieuse, aux moyens qu'aurait pu suggérer lord Palmerston, c'était, aux yeux du général Goblet, s'écarter du système, dépasser les instructions et compromettre le succès de la thèse qu'il a défendue depuis trois mois : la conférence aurait pu s'emparer de cette circonstance, pour rentrer dans la voie des négociations, et toute la responsabilité en eût rejailli sur moi : on m'eût imputé à crime les efforts les plus indirects pour pénétrer les intentions de nos adversaires. Le général croyait à la nécessité de son départ, tant la moindre démarche paraissait devoir exercer une fâcheuse influence. Je m'appesantis sur ces détails, parce qu'ils servent à expliquer ce qui s'est passé depuis deux jours et dessinent, je pense, tout l'embarras de la situation. J'ai donc cherché à concilier ce que je dois : 1" au ministère, dont les instructions (que je veux observer fidèlement) étaient précises ; 2° aux craintes du général, qu'il importait de calmer,

* On avait été informé à Bruxelles que sir Robert Adair prétendait dans sa correspondance que la Belgique voulait céder. Une lettre fut directement adressée (le 10 août 183-2) par M. de Muelenaerc à lord Palmerston, afin de le détromper.

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a\('c les inti'i-t'^ts de mon psiys t;t 1<; désir (hî \'otre Maj<*.sU*. PtMidîiiit tonte uïw iiiatintM», j'ai ôrcmUi attentivement et lord Pahnerstoii et les autres pléiiipoteutiaires. Je crois avoir compris la marche cpi'ils voudraient qu'on adoptAt ; mais, afin d'éviter qu'ils ne tirassent avantag'e de ces entretiens, et qu'ils ne les considérassent comme un commencement de nég'ociation, j'écrivis le soir m^me k lord Palmerston le billet dont Votre Majesté trouvera copie ci-jointe '. Je revis tous les ministres étrang-ers, auxquels je tins le môme langage; enfin, la conférence ayant été convoquée hier, je priai lord Palmerston de ne m'y point faire assister, attendu, lui dis-je, que mon arrivée n'a rien changé aux instructions antérieures, et que je ne puis concourir à aucune discussion qui n'aurait pas pour objet la réalisation des vues du cabinet de Bruxelles. c( Mais je ne puis dissimuler à Votre Majesté que la surprise et le désappointement ont été fort grands. Lord Palmerston

* « M. Van de Weyer à lord Palmerston.

^ Londres, le 18 août 1832.

« J'ai réfléchi mûrement, milord, k la conversation que j'ai eu l'honneur d'avoir avec vous ce matin, et j'ai reçu, depuis, votre convocation pour la conférence de lundi. Il importe que je rappelle encore à Votre Seigneurie la ^o?>\\.\oï\ personnelle à\xvo\ Léopold vis-à-vis de la Belgique et celle du ministère vis-à-vis des Chambres. Des engagements solennels ont été pris de part et d'autre : on a promis de ne point entamer de nouvelle négociation avant l'évacuation du territoire. Cette évacuation était une garantie que le roi était en droit de demander. Rien n'est venu, depuis, nous convaincre que cette garantie fût inutile. Tout, au contraire, semble démontrer que le roi Guillaume ne veut point en finir. 11 faut donc que le ministère belge persévère dans la marche qu'il s'est tracée, et c'est ce qui l'a déterminé à ne point donner d'autres instructions. Je rappelle aussi à votre bon souvenir les dernières paroles du roi à Tournay et la pensée qu'il m'a ordonné de vous communiquer...

« Agréez, etc. »

s*est exprimé avec une chaleur, avec une vivacité qui prouvent combien il attache d'importance à la négociation...

« Je lui rappelai ce que Votre Majesté écrivit de Compièg-ne et ce qu'elle eut la bonté de me répéter à Tournay, à savoir que Votre Majesté voulait qu'on en finît le 10 septembre, et qu'en tout cas les ratifications de la Hollande et l'évacuation du territoire eussent lieu immédiatement.

« Lord Palmerston me parla d'un moyen sug-géré par l'empereur de Russie à lord Durham, pour amener l'évacuation de la citadelle d'Anvers : ce serait de la faire occuper par des troupes anglaises, avec lesquelles la Hollande consentirait h capituler.

« Je m'empressai de répondre h Sa Seigneurie que la Constitution s'y opposait formellement et que le ministre qui autoriserait une semblable occupation serait indubitablement mis en accusation. — Mais, répliqua-t-il, si nous employons des moyens coercitifs, l'occupation temporaire serait inévitable. — D'accord, répondis-je, mais, dès que vous seriez maîtres de la place, nous viendrions, le traité à la main, vous demander l'évacuation d'un territoire dont vous nous avez garanti la possession. »

Le roi Léojmld au général Gohlet.

« Laeken, 31 août 183-2.

« Mon cher Goblet,

« Notre position est assez clairement définie. Nous devons écouter les propositions de la Hollande : si elle nous ofiFre une fin acceptable et prompte, les accepter; si elles sont perfides,

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les rejeter et insist<îr sur h; traité. C'est ainsi que le goiiverneincnt entend la chose. Si la Hollande veut céder sur les points (iiii nous sont importants, nous transiterons sur la liquidation du syndicat. Une négociation nouvelle et longue n*est cependant ni admissible ni nécessaire. Toute la chose pourrait se faire en peu de jours. Le statu quo est trop cher pour nous, d'autant plus que nous payons la dette et les troupes en même temps. Il faudrait ou réduire l'armée ou bientôt s'en servir. Je crois que de s'en servir forcerait les puissances à en venir une fois à une fin. Adieu, puissiez-vous une fois nous donner de

bonnes nouvelles!

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