‹ Léopold Ier, roi des Belges: d'après des documents inédits (volume 2)Chapitre 5 sur 9 · Ihre Erlaucht Herr Heinrich XHI, Erbprinz zu Graiz · texte numérisé non relu

Ihre Erlaucht Herr Heinrich XHI, Erbprinz zu Graiz

(Page 78.) Renonciation à la souveraineté héréditaire de la Grèce.

« Londres, 21 mai 1830.

« Le soussigné, après l'examen le plus approfondi, ne peut changer l'opinion qu'il a communiquée aux plénipotentiaires des Cours alliées. Il ne peut admettre que la réponse du président de la Grèce renferme une adhésion pleine et entière aux protocoles. Le soussigné pense qu'eUe • annonce à peine une soumission forcée à la volonté des

puissances; cette soumission forcée est même accompagnée de réserves de la plus haute importance.

« Le caractère et les sentiments du soussigné ne lui permettent ni de se soumettre à être ainsi imposé à un peuple mécontent, ni de se trouver rattaché dans l'esprit de cette nation à une diminution de territoire, à l'abandon de ses forces militaires, et à l'évacuation de la part des Grecs de leurs terres et maisons, d'où les Turcs ne les •avaient expulsés jusqu'à ce moment que par une excursion temporaire.

« Le soussigné redoutait toujours ce résultat. Dans sa communication, adressée au premier lord de la trésorerie, le 9 février, il avait déclaré ne pouvoir gouverner les Grecs, conformément à un traité qui pouvait avoir pour résultat l'effusion du sang et le massacre de leurs frères ; il avait élevé des objections contre les nouvelles frontières, à cause de leur faiblesse sous le point de vue militaire, et réclamé formellement, pour les Grecs, le droit de s'opposera sa nomination.

« Le soussigné doit faire observer ici qu'à aucune époque on n'a fait des démarches pour la rédaction d'un traité dont il n'a regardé le protocole (n<* 4 du 3 février) que comme les bases sur l'importance desquelles il a appelé l'attention du duc de Wellington dans la même note (*). Si ce traité a été retardé, il ne Ta pas été par la faute du soussigné; il n'a jamais caché aux plénipotentiaires que, quelque disposé qu'il fût à faire de grands sacrifices personnels à la Grèce, on n'avait pas le droit d'exiger qu'il allât dans ce pays sans obtenir, pour lui et les Grecs, cette sécurité que l'on ne

(») Du 9 février.

peut trouver que dans les dispositions d'un traité solennel. Daiis un mémorandum du 8 mai, il s'est exprimé en termes aussi positifs : il a annoncé qu'il faudrait conquérir les provinces cédées par les Grecs pour les livrer aux Turcs, et que le nouveau souverain ne pouvait commencer son règne par des mesures de police, pour faire abandonner aux Grecs leurs propres foyers.

« Si le sénat grec n'eût manifesté aucune opinion, ou du moins s'il l'eût manifestée en termes qui permissent d'avoir l'espoir raisonnable qu'il adhérerait plus tard à ces mesures, le soussigné eût pu, bien que involontairement, se soumettre à devenir l'instrument de l'exécution des décisions des puissances alliées; et il se serait efforcé d'en adoucir la rigueur et d'en prévenir la tendance; mais le langage du sénat est aussi franc que ses sentiments sont naturels.

« Le soussigné se trouve ainsi, par sa nomination, dans la pénible position d'être rattaché, par le même acté, à des mesures coercitives. H faudra donc que son premier acte comme souverain soit, ou de forcer ses propres sujets, par le secours des armes étrangères, à se soumettre à la cession de leurs biens et propriétés à leurs ennemis, ou de se réunir à eux pour repousser ou éluder l'exécution d'une partie de ce même traité qui le met sur le trône de la Grèce.

«( 11 est certain qu'il sera placé dans l'une ou l'autre alternative, parce que le pays situé entre les deux lignes, l'Acarnanie et une partie de l'Étolie, qui doit être abandonné aux Turcs, est, ainsi que les forteresses, dans la paisible possession des Grecs; c'est le pays d'où la Grèce peut, avec le plus d'avantages, se pourvoir de bois pour la construction des navires, c'est le pays qui a fourni les meilleurs soldats pendant la guerre. Les principaux chefs militaires grecs

appartiennent à des familles de l'Acarnanie ou de FÉtolie. Après l'arrivée en Grèce du protocole du 22 mars 1828, et la publication de l'adhésion des Turcs à l'extension des frontières fixées par le traité d'Andrinople, toutes les familles qui avaient survécu à la guerre reparurent et commencèrent à reconstruire leurs maison^ et leurs villes, à cultiver leurs champs. Ces peuples ne se soumettront jamais de nouveau au joug turc, sans résistance, et les autres Grecs ne veulent ni ne peuvent les abandonner à leur sort.

«• Dans ces circonstances, le devoir du soussigné envers la Grèce est tout tracé. Dans toutes les transactions, il n'a vu que les intérêts du pays; il a constamment protesté, dans ses communications écrites et ses entrevues person* nelles avec les ministres d'Angleterre et les plénipotentiaires des cours alliées, contre le projet d'entraîner les Grecs par la force dans un arrangement quelconque, qu'ils regarderaient comme contraire â leurs vœux, et destructif de ces droits sur lesquels, comme l'observe justement le président (*), leurs grands sacrifices leur permettent d'insister. « Lorsque le soussigné prévoyait qu'il deviendrait souverain de la Grèce, c'était dans l'espoir d'être reconnu lavement et unanimement par la nation grecque , et d'être accueilli par elle comme Tami qui récompenserait sa longue et héroïque lutte par la sûreté de son territoire, et l'établissement de son indépendance sur des bases permanentes et honorables. ^

« C'est avec le plus profond regret que le soussigné voit ces espérances déçues, et qu'il est forcé de déclarer que les arrangements arrêtés par les puissances alliées et l'opposi-

(0 Kapodistrias.

198 APPBNDICE.

tion des Grecs, lui ôtant le pouvoir de parvenir à ce but sacré et glorieux, lui imposeraient un devoir d'une nature bien différente, celui de délégué des cours alliées pour tenir les Grecs dans la sujétion par la force des armes. Une telle mission serait aussi contraire à ses sentiments et injurieuse à son caractère, qu'elle est directement opposée au but du traité du 6 juillet, par lequel les trois puissances se sont réunies afin d'obtenir la pacification de l'Orient. En conséquence, le soussigné remet formellement entre les mains des plénipotentiaires un dépôt dont les circonstances ne lui permettent plus de se charger avec honneur pour lui-même, et avantage pour les Grecs ou les intérêts généraux de l'Europe.

«( LÉOPOLD

(Page 91.) ÉLECTION DU DUC DE NEMOURS.

M. Behr au président du comité des relations extérieures {*),

« Londres, 8 février 1831.

« Tout le monde s'attendait à la nonlination du duc de Nemours, et cependant elle a produit beaucoup de sensation. Le Courrier a paru dimanche soir pour annoncer cette

(*) M. Bebr avait été nommé premier secrétaire de la légation de Londres, le 26 décembre 1830; mais cette mission n^avait pas été officiellement reconnue par le gouvernement anglais.

nouvelle, chose qui n'avait encore jamais eu lieu. Aussitôt après l'arrivée des dépêches, la conférence s'assembla. Talleyrand déclara que le roi de France ne consentirait jamais à donner son fils, et il a réitéré cette déclaration par écrit. D'un autre côté, M. de Flahaut a dit tout le contraire au marquis de Wielopolski. . . . )»

M, Behr au président du comité des relations extérieures^

c( Londres, 15 février 1831 .

« L'attente d'une décision sur l'affaire belge tient tout le monde en suspens. Les assurances formelles données par M. de Talleyrand avaient rassuré le ministère et la conférence, mais la tournure extraordinaire que les affaires ont prise depuis quelques jours et surtout la conduite de M. Bresson rompent toutes les combinaisons. ....)>

(Page 118.^

Décret qui proclame S, A, R, le prince de Saxe-Cobourg

Roi des Belges.

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