LES LETTRES XXIX
— Motifs pour lesquels M. Beeinaert ne put s'y déterminer 366
1984. — Même date. — Lettre de M Beernaert. — Remerciements au Roi et refus motivé de retirer la démission donnée 36o
Même date. — Lettre du Roi. — Il annonce à M. Beernaert qu'il a prié M. de Burlet de reconstituer le Cabinet 370
-J3 mars. — Lettre du Roi. — Il annonce à M, Beernaert c|ue MM. de Smet de Naeyer et Begerem ont accepté les portefeuilles des Finances et de la Justice 371
3o mais. — Lettre de M. Beernaert. — Remerciements au Roi à la suite de la visite de celui-ci à M. et à M""^ Beernaert et de l'élévation de M. Beernaert au rang de Ministre d'Etat • 371
-27 avril. — Lettre de M. Beernaert. — Négociations
diplomatiques concernant le Congo 401
'28 avril. — Lettre du Roi. — Les forces de l'État Indépendant viennent d'atteindre Albertville- • • • 402
11 mai. — Lettre du Roi. — « Droit de préférence »
de la France 404
Même date. — Lettre du Roi. — Signature de \'agree-
ment avec l'Angleterre ' • 404
Même date. — Réponse de M. Beernaert 4o5
12 mai. — Note de M. Beernaert rapportant une con-
versation avec le Roi au sujet des conséquences qu'aura l'arrivée des socialistes à la Chambre . . 372
27 mai. — Lettre du Roi. — Il voudrait que M. Beernaert se fît questionner à la Chambre au sujet du « droit de préférence » de la France 406
3o mai. — Lettre du Roi. — Remerciements à M. Beernaert au sujet de la déclaration que celui-ci a faite à la Chambre. — Assurance donnée à l'Allemagne au sujet du territoire congolais remis à bail à la Grande-Bretagne 408
:8 juillet. — Lettre du Roi. — Victoire du capitaine Delanghe sur les Madhisies. — Nombreux décès au Congo 4oq
XXX LEOPOLI) Il KT BEKUMAERT
1894. — 2 décembre. — Lettre du Roi. — Félicitalions à l'occasion du discours prononcé par M. Beernaert à la réception du baron Dhanis par
la Société d'Études Coloniales 4i5
Même date. — Répojise de M. Beernaert 416
28 décembre. — Lettre du Roi, de Laekeji. — Vœux otîerts à M. et M'"" Beernaert de la part du Roi, de la Reine et de la princesse Clémentine • • • • 419
INTRODUCTION
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INTRODUCTION
Sommaire. — Contraste entre les deux périodes de la carrière de Beernaert Pi-emier Ministre. — Difficultés de la tâche qu'il assume eu faisant décider la révision de la Constitution.
La seconde partie de la carrière d'Auguste Beernaert Premier Ministre offre avec la précédente des différences qui vont jusqu'au contraste. De 1884 à i8go, Beernaert n'a d'adversaires avérés qu'à gauche. Ceux-ci ne lui pardonnent pas l'audace qu'il a eue de reconstituer un ministère de droite, leur opposition est aussi bruyante, aussi passionnée en i8go qu'au moment où Beernaert a assumé le pouvoir.
En se ralliant à la re vision Beernaert va déplacer l'axe des partis. Sans désarmer la gauche, il amènera certains de ses adversaires à mettre parfois l'arme au pied. Mais il va du coup se créer à droite des inimitiés très fortes, tantôt manifestes, tantôt sourdes, tenaces en tous cas et irréductibles. Celles-là s'incarneront dans la personnalité la plus marquante de la droite, dans celui qu'on appelle couramment le chef de la droite — ce qui est significatif, carie chef naturel du parti au pouvoir est le premier ministre lui-même.
L'antagonisme de M. Woeste et de AI. Beernaert est l'une des circonstances les plus saillantes de cette période. Antagonisme des personnes, mais aussi des conceptions politiques et que Tévénement déclanche fatalement. Jusquà la revision M. Beernaert a été le représentant, le champion des forces conservatrices; en décidant la revision constitutionnelle il prend la direction des forces novatrices.
De sorte qu'à considérer les choses sous Tangle de la politique traditionnelle de la droite parlementaire belge, M. Beernaert paraît un transfuge. Des deux hommes d'Etat, c'est lui cependant qui a le sens profond du rôle des catholiques. Ceux-ci ne sont liés à la politique de résistance que par l'accoutumance ; ils peuvent être conservateurs ou réformateurs selon les besoins de l'heure, même ils ne sont par principe liés à aucune forme de gouvernement. Ils ne sont donc pas nécessairement les défenseurs du cens électoral.
Au surplus, si la politique de résistance va s'incarner désormais en M. Woeste, il s'agira d'une résistance de caractère très particulier. Chez ce parlementaire éminent le souci de l'unité et de la cohésion au moins apparentes de la droite, prévaudra à certaines heures sur le désir de s'opposer aux projets du Premier Ministre. C'est ainsi que la revision se poursuivra au milieu d'obstacles divers, mais finalement se fera avec le concours résigné de la droite. C'est ainsi que la revision faite, la droite déterminera la retraite du plus notable de ses hommes d'Etat.
La chose prit du temps. La période révisionniste va du 17 novembre i8go au 7 septembre 1893 et même se continue ensuite par l'élaboration de la loi électorale nouvelle. Cette durée tient aux conditions que la Constitution même pose pour la revision de ses textes, et à la nécessité d'amener par étapes la droite à la résignation indispensable.
INTRODUCTION 3
L'article 131 delà Constitution est ainsi libellé :
Le pouvoir législatif a le droit de déclarer qu'il y a lieu à revision de telle disposition constitutionnelle qu'il désigne.
Après cette déclaration, les deux Chambres sont dissoutes de plein droit.
Il en sera convoqué deux nouvelles conformément à l'article 71.
Ces Chambres statuent de commun accord avec le Roi, sur les points soumis à revision.
Dans ce cas, lesChambres ne pourrontdélibérer, si les deux tiers au moins des membres qui composent chacune d'elles ne sont présents; et nul changement ne sera adopté, s'il ne réunit au moins les deux tiers des suffrages.
Bien que la Chambre par un vote unanime se fût ralliée dès le 26 novembre i8go à la proposition de revision formulée par M. Janson et ses amis, les déclarations qui déclanchèrent le mécanisme de la revision en entraînant la dissolution des Chambres ne furent acquises qu'au mois de mai 1892, après de multiples et dramatiques péripéties dont quelques unes sont racontées aux premiers chapitres de la première partie de ce volume, tandis que le chapitre quatrième reproduit et commente la correspondance de M. Beernaert et du roi Léopold relative au Congo de juin i8go à juin 1892.
La deuxième partie retrace l'histoire de la revision elle-même : la préparation du travail des Chambres constituantes, les divers problèmes soulevés par la revision et en particulier l'abolition du cens, son remplacement par le vote plural, la réorganisation du Sénat, puis, la revision faite, la refonte de la législation électorale. Elle va des élections de juin 1892 à la retraite de Beernaert en mars 1894.
Le dernier chapitre concerne le Congo, auquel se rapportent plusieurs lettres du Roi postérieures à la démission de M. Beernaert ; la période qu'il embrasse s'étend jusqu'à la fin de l'année 1894.
Au sujet des questions importantes la correspondance est copieuse. Pour toute la période révisionniste M. Beernaert a conservé en minute ou en copie de nombreuses lettres adressées par lui au Souverain, de sorte que la correspondance, presqu'un monologue d'abord, devient à présent une conversation où, pour la connaissance des faits, les dires du ministre ne sont pas moins instructifs que ceux du Roi.