‹ Léopold II, roi des belges, chef de l'Etat indépendant du CongoChapitre 2 sur 87 · BRUXELLES · texte numérisé non relu

BRUXELLES

F. HAYEZ, IMPRIMEUR DE L ACADKMIE ROVALE DK BlILGIQUf;,

M. Henri Duveyrier et de M. le marquis de Compiègne, assistés des savants géographes dont les noms suivent : MM. le baron de Richthofen, de Berlin, le docteur de Hochstetter, de Vienne, de Semenow, de Saint-Pétersbourg, d^Abbadie et Maunoir de Paris, et des hommes politiques désignés ci-après : MM . Bartle- Prère, le commandeur Negri, le comte Zichy, sir Henry Rawlinson, le baron de Hofmann, le baron Lambermont, Emile de Laveleye, Couvreur, etc.

La séance ayant été déclarée ouverte, le Roi prit la parole en ces termes :

« Messieurs,

» Le sujet qui nous réunit aujourd'hui est de ceux qui méritent au premier chef d'occuper les amis de l'humanité. Ouvrir à la civilisation la seule partie de notre globe où elle n'ait point encore pénétré, percer les ténèbres qui enveloppent des populations entières, c'est, j'ose le dire, une croisade digne de ce siècle de progrès, et je suis heureux de constater combien le sentiment public est favorable à son accomplissement : le courant est avec nous,

» Messieurs, parmi ceux qui ont le plus étudié l'Afrique, bon nombre ont été amenés à penser qu'il y aurait avantage, pour le but commun qu'ils poursuivent, à ce qu'on pût se réunir et conférer en vue de régler la marche, de combiner les efforts, de tirer parti de toutes les ressources, d'éviter les doubles emplois.

» Il m'a paru que la Belgique, État central et neutre, serait un terrain bien choisi pour une semblable réunion, et c'est ce qui m'a enhardi à vous appeler tous, ici, chez moi, dans la petite confe'rence que j'ai la grande satisfaction d'ouvrir aujourd'hui.

» Ai -je besoin de vous dire qu'en vous conviant à Bruxelles, je n'ai pas été guidé par des vues égoïstes? Non, Messieurs, si la Belgique est petite, elle est heureuse et satisfaite de son sort; je n'ai d'autre ambition que de la bien servir. Mais je n'irai pas jusqu'à affirmer que je serais insensible à l'honneur qui résulterait, pour mon pays, de ce qu'un progrès important, dans une question qui marquera dans notre époque, fût daté de Bruxelles. Je serais heureux que Bruxelles devînt en quelque sorte le quartier-général de ce mouvement civilisateur.

» Je me suis donc laissé aller à croire qu'il pourrait entrer dans vos convenances de venir discuter et préciser en commun, avec l'autorité qui vous appartient, les voies à suivre, les moyens à employer, pour planter définitivement l'étendard de la civilisation sur le sol de l'Afrique centrale.

» Mon vœu est de servir, comme vous me l'indiquerez, la grande causQ pour laquelle vous avez déjà tant fait. Je me mets à votre disposition dans ce but, et je vous souhaite cordialement la bienvenue. »

C'est ainsi que fut placée la pierre angulaire de r Association internationale africaine, dont M. le baron J. Greindl fut le premier Secrétaire général. Le Comité exécutif, dont le siège est à Bruxelles, est

aujourd'hui constitué de la manière suivante : Président, S. M. le Roi des Belges; — Membres, MM. le docteur Nachtigal ('), de Quatrefages et Sanford; — Secrétaire général, M. le colonel Strauch; — Trésorier, M. A. Galezot.

L'assemblée poursuivit ses discussions pendant trois jours; ses décisions résumèrent l'Œuvre africaine, et servirent de base au programme à soumettre à la Conférence internationale de Berlin, qui s'ouvrit le i5 novembre 1884 et se termina le 26 février i885, en donnant, pour couronnement à ses travaux, son approbation à l'Acte général, constituant et reconnaissant le nouvel État du Congo , dont le Roi Léopold fut, peu après, proclamé Chef, en vertu de la résolution votée par le Parlement belge, à la date des 28 et 3o avril i885, qui sera une grande date de la vie de notre Souverain, on peut même dire de son siècle.

(') M. le D' Nachtigal est décédé.

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