‹ Léopold II, roi des belges, chef de l'Etat indépendant du CongoChapitre 3 sur 87 · SA MAJESTE LEOPOLD II · texte numérisé non relu

SA MAJESTE LEOPOLD II

Chacun connaît les intéressants détails de l'existence politique et historique de S, M. Léopold II. Maints biographes ont mis en relief son noble caractère, son pur patriotisme, son généreux dévouement, sa persévérante ardeur, pour établir sur des bases de plus en plus durables la prospérité de son pays natal, qui lui a confié ses destinées.

Néanmoins la reproduction d'une rapide Etude sur la carrière si brillante de ce monarque semble trouver ici tout naturellement sa place, à l'heure où la Belgique entière s'associe à l'hommage universellement rendu au Souverain de son choix, à la suite de la solennelle sanction donnée par l'Europe à l'Œuvre africaine entreprise, sous ses augustes auspices, par l'Association internationale du Congo.

LEOPOLD-Louis-PHttippE-MARiE- Victor, Roi des Belges, né à Bruxelles, le 9 avril i835.

Ce ne fut pas une victoire achetée au prix du sang des fils de la patrie qu'annoncèrent le bruit du canon, le son des

cloches. Non, ces détonations multiplie'es, l'airain mis en branle apprirent soudain à la Belgique entière l'heureuse naissance d'un enfant royal, du désire de la nation ! Par ordre du Roi la grande nouvelle fut transmise aussitôt par messages ministériels aux Chambres législatives, et partout elle fut accueillie avec des transports unanimes de joie et d'enthousiasme.

En effet, la Providence qui semble avoir conduit la Belgique comme par la main, au milieu de ses adversités mêmes, lui accordait une preuve nouvelle de son éclatante protection. Un prince nous est donné, s'écriait-on de toutes parts, et cette expression d'un sentiment spontané et populaire, qui était au fond de tous les cœurs, en disait trop pour qu'il fût possible de la reproduire autrement que dans sa naïve simplicité.

Dans les divers Etats de l'Europe, les usages qui règlent les noms et les titres des membres des Maisons souveraines varient, mais en général les monarchies distinguent le fils aîné par la qualification de prince impérial ou royal, et les fils puînés par leurs prénoms et leur nom d'Etat. En usant en faveur de ses enfants du droit que lui conférait la Constitution, Léopold I®' a obéi à des considérations d'un ordre élevé que le sentiment public a appréciées. On emprunta donc à l'histoire des noms qui vivent dans la mémoire du peuple; qui, en renouant la chaîne des traditions du pays, attachèrent à la monarchie nouvelle, symbole et force de l'unité nationale, la puissance des souvenirs d'un autre temps, et qui vinrent confondre sur des têtes chères aux Belges, les gloires du passé avec les espérances de l'avenir. Ce fut dans ces vues qu'une disposition royale du i6 décembre 1840 attribua au Prince héritier le titre historique de duc de Brabant, et au Prince Philippe, son frère, celui de comte de Flandre.

Léopold P% en acceptant la couronne, prononça ces mémorables paroles : « Les destinées humaines n'offrent pas de tâche » plus noble et plus utile que d'être appelé à fonder l'indé- » pendance d'une nation et à consolider ses libertés. » Le

Prince royal étant appelé à devoir un jour continuer Fœuvre pleine de sagesse et de dévouement de son auguste père, son éducation fut spécialement dirigée vers ce but.

Un prince élevé ainsi à Pécole de ce Roi, qui avait su conquérir une si large place dans l'admiration de l'Europe, ne pouvait manquer de perpétuer ses nobles et patriotiques traditions.

Il en fut ainsi, et, le 9 avril i853, lorsque le Prince royal eut atteint sa majorité politique, comme héritier présomptif' du trône, il fut proclamé apte à saisir les rênes de l'Etat, si le trône devenait vacant. La nation fêta avec un indescriptible élan le dix-huitième anniversaire de la naissance de ce prince; car, dès ce jour, les institutions, la nationalité, l'indépendance de la Belgique furent consolidées par la consolidation de la dynastie de Léopold !•'.

Peu de semaines après, un autre événement vint raviver le bonheur de la Famille royale, et la joie du peuple belge : le 3o mai i853, on annonça officiellement le prochain mariage de S. A. R. le prince Léopold, duc de Brabant, avec S. A. R. et I. Marie-Henriette-Anne, archiduchesse d'Autriche. Le mariage civil fut célébré publiquement, le 21 août i853, dans une des salles du palais de Bruxelles, et le mariage religieux, le lendemain, dans l'église des Saints Michel et Gudule.

Le Prince royal, qui depuis le 16 décembre 1846 avait été nommé sous-lieutenant au régiment des Grenadiers, et son frère Philippe, sous-lieutenant au régiment des Guides, furent, à l'occasion de ce mariage, promus l'un et l'autre au grade de général-major, et un Arrêté royal, du 22 juin i865, leur conféra également à tous les deux le grade de lieutenant général .

De l'union du Duc de Brabant naquirent : i^ Louise- Marie- Amélie, née à Bruxelles le 18 février i858, mariée, le 4 février 1875, au prince Philippe de Saxe-Gobourg-Gotha; — 2® Léopold -Ferdinand -Elle- Victor- Albert -Marie, né à

Laeken le 12 juin 1859, et décédé dans cette même résidence le 22 janvier 1869; — 3° Stéphanie-Clotilde-Louise-Herminie- Marie-Charlotte, née à Laeken le 21 mai i863, mariée, le 10 mai 1881, à l'archiduc Rodolphe, prince impérial d'Autriche, héritier du trône; — 4*» Clémentine- Alberte-Marie- Léopoldine, née à Laeken le 3o juillet 1872,

Au début de leur mariage, ces augustes époux firent de nombreux voyages dans les principaux Etats de l'Europe, et poussèrent leurs excursions jusque sur les côtes de l'Egypte et de l'Asie-Mineure, Au retour le Duc de Brabant rentra au Sénat, dont il était membre depuis qu'il avait atteint sa majorité politique ; il prit une part active à toutes les discussions importantes, et prouva ainsi maintes fois combien les moindres rouages des affaires politiques étaient familiers à sa facile intelligence, combien il se consacrait à l'étude des questions qui intéressent le pays.

Toutefois, cet horizon si riant devait inopinément s'assombrir, La grave maladie qui, depuis longtemps déjà, éloignait le Roi de la capitale, prit brusquement un caractère alarmant. Un nouveau deuil devait se lever pour le pays : Léopold I*' mourut le 10 décembre 1865!

La Belgique pleura longtemps la perte qu'elle avait faite, et elle gardera à jamais le souvenir du premier de ses Rois, qui fut pour elle un ami dévoué, un constant appui. Mais ses trop justes regrets ne lui firent pas oublier ses légitimes espérances. La patrie ne meurt point, et si de toutes parts s'éleva ce cri douloureux : « le Roi est mort ! » tous les Belges, maî- Irisant leur affliction, et se ralliant autour du trône, firent retentir avec force le cri de : « Vive le Roi ! »

C'est ainsi que le Duc de Brabant, succédant à son père, monta sur le trône.

Le 17 décembre i865, le Roi Léopold II fit son entrée solennelle dans la capitale, et vint au sein des Chambres réunies prononcer le serment constitutionnel. Le 17 décembre, un pacte sacré fut conclu entre Léopold II et le peuple belge :

tous deux se sont compris, tous deux se sont liés par une mutuelle confiance, par une mutuelle sympathie. Le 17 décembre sera toujours une grande date dans les Annales de la Belgique*

Le règne de Léopold P^ a su concilier les traditions monarchiques, les nécessités de l'ordre, et les irrésistibles tendances de la démocratie. Il a compris que son devoir était de gouverner par la force d'une direction habile, sans jamais engager avec les Chambres un conflit dont la Constitution ne lui aurait pas permis de sortir victorieux ; et c'est ainsi que, dans tout le cours de* son règne, l'opposition est restée affaire de partis et de luttes parlementaires; elle n'est jamais remontée jusqu'au trône; elle ne s'est jamais attaquée à la Constitution.

Le pouvoir du Roi est un modérateur qui n'oppose d'obstacle invincible à aucune expression de la volonté populaire; de là sa solidité. Barrez un fleuve, ses flots s'amoncelleront jusqu'à ce qu'ils aient emporté l'obstacle ; de cette barre, faites une digue, et vous enfermerez le courant dans son lit. « Il y a, — disait Léopold I" dans une circonstance difficile, — il y a, dans les pays qui s'occupent eux-mêmes de leurs affaires, de ces émotions rapides, contagieuses, se propageant avec une rapidité qui se constate plus aisément qu'elle ne s'explique, et avec lesquelles il est plus sage de transiger que de raisonner. » Simples et belles paroles, qui laissent voir le tempérament du vrai politique, et qui résument en peu de mots toute la difficile mission de Roi constitutionnel, mission que Léopold II remplit avec tant de tact et de prudence, en mettant constamment en pratique les sages préceptes de son regretté père.

La charité ne connaît pas de frontières!.,. L'Association internationale africaine, fondée en 1876, et due à l'intelligente et généreuse initiative de Léopold II, en est une preuve nouvelle.

« La science, a écrit de Humboldt, nous a révélé les traces caractéristiques des x'évolutions nombreuses que le globe a éprouvées. Tout en dédaignant les égarements d'une géologie

fantastique, elle a ouvert, par l'accroissement constant des objets d'observation, par l'étude perfectionnée des débris organiques enfouis dans les couches superposées des roches, de nouvelles voies pour pénétrer dans les profondeurs du temps et de l'espace. C'est là un des grands triomphes de la raison humaine, une manifestation de sa puissance. L'application heureuse des méthodes scientifiques, l'appréciation plus juste des rapports qui enchaînent tous les phénomènes et toutes les forces de la nature, doivent exercer une influence bienfaisante sur les études géographiques, en agrandissant l'horizon qu'elles dominent ; sur l'histoire, en démêlant dans les migrations des peuples et dans l'état de leur culture les effets de la configuration du sol et de la variété des climats ; sur la physique du globe, en l'élevant à cette généralité d'aperçus qui embrassent à la fois les couches ondoyantes de l'Océan aérien, la terre qu'elles enveloppent et fécondent, la distribution de la vie, depuis les sommités neigeuses, resplendissantes de lumière, jusqu'aux sombres abîmes des mers. »

Ces éloquentes paroles sont un fidèle exposé des aspects divers sous lesquels Léopold II examine l'Afrique centrale, dont nous ne parlons qu'avec un sentiment de défiance de nos forces, que nous ne saurions dissimuler. Mais telle est l'étendue des connaissances rassemblées dans les travaux relatifs à cette question ; telle est grande la précision de tant de remarques savantes, de tant de faits nettement observés et décrits, appuyés de théories qui les coordonnent et les énoncent en lois, que quiconque, à l'exemple de Léopold II, fera de l'Afrique centrale l'objet d'une étude de science et d'économie sociale autant qu'une intéressante occupation du loisir, ne pourra rester indifférent aux accents de cette majestueuse philosophie.

Si la question est envisagée à un autre point de vue, au lieu d'admirateurs, ces projets de civilisation et de transformation auxquels nous applaudissons, rencontreront des adversaires

qui diront à qui voudra les entendre, en parlant de leurs lointaines excursions sur le sol africain : notre âme vibre encore aux émotions infinies que la vue des ruines de Carthage avait éveillées confusément, lorsque nous mîmes pied à terre. Là finit le chai-me, s'évanouit le prestige. De loin nous avions entrevu l'Orient; nous nous trouvions face à face avec les plus ridicules imitations de l'Europe. Que dire de ces soldats, accoutrés à l'européenne, dont les jambes arquées semblent pleurer leurs larges pantalons ! Plus de turban gracieusement enroulé autour de ces têtes fortes et s'arrangeant comme un léger nuage pour faire ressortir l'éclat de ces beaux jeux noirs et la douce sévérité de ces faces brunies. Plus de ces babouches élégantes; plus de ces vêtements aux couleurs éclatantes. On se rappelle les employés des ambassades turques, qui se traînent flegmatiquement et en souffrance avec leurs hideuses redingotes et leurs immenses bonnets rouges; eh bien ! figurez- vous cent, mille, une foule enfin de ces hommes tristes, dépoétisés, portant leur costume comme une punition ! Quel affligeant spectacle ! Combien est plus beau le pauvre élégamment drapé dans ses haillons ! Tl a conservé au moins toute sa noblesse, toute sa fierté ; ses yeux ne rougissent pas de la lumière. Dans son bon sens il proteste contre ces funestes innovations; il se porte avec orgueil comme le représentant des habitudes et des mœurs de son pays.

Et c'est pourtant cela que l'on appelle la régénération de l'Orient! C'est dans cette voie que l'Europe ne craint pas d'encourager tous ces petits princes capricieux qui n'ont réussi jusqu'à présent qu'à épuiser les ressources de leurs Etats et à se faire abhorrer par leurs peuples.

Ah ! que la civilisation est une chose triste et funeste ! non pas la civilisation qui reste chez elle, dans ces beaux foyers d'Europe; qui s'excite avec une ardeur toujours nouvelle aux progrès et aux améliorations; s'élevant avec mesure, avec sagesse, d'un degré à un autre; entourée de lumières,, écoutant la voix de l'expérience et du passé ; aimant mieux

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un mal léger que l'habitude lui a appris à supporter, que les épreuves chanceuses qui pourraient la conduire peut-être à un état meilleur. Non ! de cette civilisation-là nous sommes les plus sincères admirateurs, et nous lui avons toute reconnaissance pour les bienfaits que nous recevons chaque jour d'elle. Mais nous parlons de cette civilisation devenue follement conquérante; enivrée d'un orgueil exagéré et qui s'est mise sans pudeur en voyage à travers le monde pour tout plier à son niveau, pour imposer partout ses goûts et ses caprices sans respect du passé, sans souci de l'avenir. Oh! celle-là nous la détestons, et comme une ennemie implacable, elle nous chasse de rivage en rivage dès que nous touchons du pied la terre d'Orient. De Gonstantinople, elle nous a poursuivis à Smyrne; de Smjrne en Syrie, puis en Egypte, puis en Afrique.

O voyageurs, que l'amour du beau pousse en Orient, pleurons sur la ruine de nos espérances ! Adieu, bassin magique de la Méditerranée, avec tes mille peuples divers, aux costumes pittoresques, aux mœurs naïves, hospitalières et pleines decharme ! Adieu, villes orientales, riches de précieuses étoffes, embaumées d'essences odorantes, folles de luxe, de fêtes et de volupté! Adieu, constructions délicates épanouies aux rayons d'un brûlant soleil, vous disparaissez chaque jour refoulées et détruites par la civilisation! Hélas! il ne vous restera bientôt plus rien de votre passé, et vous marchez en aveugles vers un avenir sans espoir !

Quelques aventuriers, poussés à bout par la faim, plus audacieux que capables, se présentent devant un prince oriental, lui parlent de l'Europe, de ses institutions, des merveilles de l'industrie. Le prince, aussitôt, emporté par son orgueil, s'engoue de toutes ces belles choses et, sans savoir si son pays est assez riche, si son peuple a besoin de régénérer ses mœurs, sans respect pour les croyances, il commence à combattre les usages les plus chers à la multitude, il bâtit, il fonde, il ruine, il défigure ses sujets, pour assurer sa tyrannie,

pour augmenter ses revenus par toutes sortes dVxactions. N'est-ce pas là l'histoire de ces régénérations de l'Orient si pompeusement prônées en Europe ? Triste et affligeant spectacle, dont s'épouvantent les peuples orientaux; car ils ne trouveront bientôt plus au milieu d'eux l'ombre d'euxmêmes.

C'est avec ces pensées désolantes que l'on pénétra dans ces villes qui ont conservé dans leurs constructions un caractère qui les distingue des autres villes de l'Orient. Il faut se hâter de les visiter, qui sait combien de temps encore on les laissera subsister avec leur piquante originalité ?

Considérées sous le rapport artistique et pittoresque, ces réflexions ne sont peut-être pas dénuées de fondement; mais ne doivent-elles pas s'évanouir devant un ordre plus élevé de considérations purement humanitaires, qui ont fait surgir la pensée première de ce vaste projet auquel Léopold II a si généreusement accordé son auguste patronage?

L'Afrique, dit Emile Banning en rendant compte des récentes Conférences géographiques de Bruxelles, est demeurée longtemps ensevelie dans sa vaste solitude; aucun essai considérable de colonisation ou de propagande n'a été fait pour pénétrer les secrets de sa condition physique et sociale, pour l'entraîner dans ce large et puissant courant qui tend à associer de plus en plus, dans une tâche commune, toutes les races dispersées du monde. Sur le littoral, c'est à peine si les nations de l'Europe avaient noué d'autres rapports avec les indigènes que ceux que créait l'abominable pratique de la fraite des noirs, et au nord, le Sahara semblait une barrière infranchissable, qui condamnait éternellement à l'isolement et à l'infériorité les peuples qu'il abrite par ses dangers et ses terreurs.

Une ère nouvelle s'est enfin ouverte pour cette terre de servitude et de mystère. Le voile épais dont l'ignorance et le jjréjugé avaient enveloppé l'Afrique se déchire de toutes parts. D'intrépides voyageurs, de courageux missionnaires

la sillonnent, depuis vingt-cinq ans; du nord au sud, de Test à l'ouest, bien des e'tapes sont marquées par des tombeaux ; mais le dévouement à la science comme à l'humanité brave et surmonte tous les obstacles. Chaque année ajoute une province aux faits accomplis, et de profondes percées s'ouvrent dans toutes les directions sur l'intérieur du continent africain .

C'est ce noyau de l'Afrique centrale, vaste région qui s'étend des deux côtés de l'équateur, sur une superficie approximative de quatre millions de kilomètres carrés, qu'il reste à explorer. C'est pour résoudre ce dernier problème, faciliter l'effort qu'il impose, en diminuer, si possible, les périls, par l'association des forces individuelles et nationales, que dès 1877 Léopold II a convoqué une Conférence à Bruxelles, et cette auguste initiative a rencontré de telles sympathies dans l'opinion publique, qu'aussitôt après l'Association internationale africaine fut pleinement constituée, et c[ue de la période d'organisation elle est passée à l'action.

La réalisation de cette grande pensée sera un des meilleurs titres de gloire de Léopold II aux yeux des hommes d'intelligence et de cœur du monde entier : l'Acte général de la Conférence africaine de Berlin l'a démontré à toute évidence.

Espérons qu'un jour la Belgique pourra inscrire cette gloire dans les fastes de son histoire, et qu'il sera permis de payer un poétique tribut à ses courageux et vaillants explorateurs.

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