COMMUNICATION
M. LE Président. — Le Roi a reçu ce matin la dëputation chargée de lui remettre l'adresse que le Sénat a votée dans sa séance d'avant-hier.
Sa Majesté nous a fait la réponse suivante :
« Messieurs,
» Aucun témoignage de sympathie ne pouvait m'être plus » précieux que celui du Sénat, et je vous remercie d'avoir » bien voulu, en aussi grand nombre, m'apporter Fexpres- » sion de ses sentiments.
» C'est avec un véritable bonheur que je vois les Repré- » sentants de la Nation approuver la pensée qui, depuis huit » ans, a dirigé les efforts de l'Association internationale, » pour ouvrir l'Afrique centrale à la civilisation et au com- » merce du monde.
» A ses débuts, l'entreprise paraissait trop hardie, mais il » semble qu'on la comprenne mieux aujourd'hui. Le nouvel » Etat est reconnu par presque toutes les Puissances et, » grâce à l'initiative des deux grandes nations qui nous » avoisinent, la Conférence de Berlin a établi en Afrique » un régime politique et commercial, qui résume tous les » progrès du siècle.
» Je souhaite ardemment que la Belgique trouve pour » elle-même, sur les bords du Congo, de nouveaux éléments » de développement et de richesse. Sans avoir les charges » et les préoccupations que donne parfois la possession de » colonies, il est utile, il est nécessaire, qu'elle étende ses rela- » tions, et s'ouvre de nouveaux débouchés,
» Il y a longtemps qu'au Sénat même, j'ai exprimé mes » convictions à cet égard, et M. Van Vreckem a bien voulu » vous le rappeler, à l'une de vos dernières séances,
» Notre cher pays. Messieurs, jouit des bienfaits d'une » civilisation avancée, et, depuis plus d'un demi-siècle de » paix, il a accompli, dans toutes les sphères de l'activité » humaine, de remarquables et incessants progrès.
» Nous devons en remercier la Providence, et j'ai pensé » que, dans cette situation si favorisée, c'était peut-être un » devoir de songer aux autres, aux déshérités qui, au loin, » naanquent encore de tous ces avantages dont nous sommes » comblés.
» Je vous remercie. Messieurs, d'avoir apprécié mes » vues avec tant de bienveillance; votre approbation sera » un précieux encouragement pour tous les collaborateurs de » l'Œuvre à laquelle vous témoignez tant d'intérêt.
» Vous m'avez prouvé une fois de plus qu'en Belgique il » suffit qu'une idée soit généreuse pour être comprise. » {^Applaudissements sur tous les bancs.)
Je propose au Sénat d'ordonner l'insertion au procèsverbal de la réponse de Sa Majesté. (^Applaudissements sur tous les bancs.)
Séance du 3o avril i88S.
PRÉSIDENCE DE M. LE BARON t'kINT DE ROODENBEKE.