‹ Léopold II, roi des belges, chef de l'Etat indépendant du CongoChapitre 75 sur 87 · APPRÉCIATION D'UN DÉLÉGUÉ FRANÇAIS A LA CONFÉRENCE DU CONGO · texte numérisé non relu

APPRÉCIATION D'UN DÉLÉGUÉ FRANÇAIS A LA CONFÉRENCE DU CONGO

Le nouveau Livre jaune sur les affaires du Congo et de FAfrique occidentale, contient un rapport inédit des plus remarquables de M. Engelhardt, choisi par le Gouvernement français — à cause de sa compétence toute spéciale dans les questions concernant le régime international des voies navigables — pour assister le Plénipotentiaire français à la Conférence de Berlin.

La question du Congo nous touche de trop près pour qu^on ne lise pas avec intérêt la conclusion suivante de ce remarquable rapport :

« La Conférence africaine de 1 884-1 885 occupera une grande place dans l'histoire diplomatique de la seconde moitié de ce siècle. Elle y paraîtra au premier rang par le nombre de ses. membres; car, si Ton excepte les trois royaumes orientaux et la Suisse, tous les Etats d'Europe ont pris part à ses délibérations, dans les conditions d'une entière égalité...

» Aucune délégation internationale analogue n'a été saisie de questions plus multiples, ni de problèmes d'une plus grande portée.

» Son œuvre économique, aussi libérale que prévoyante, prépare la conquête commerciale d'un territoire plus vaste que les deux tiers de l'Europe ; elle y assure à toutes les entreprises légitimes, de quelque drapeau qu'elles le couvrent, une égale et durable protection.

» Tel était assurément le but principal d'une négociation inspirée par une commune pensée de conciliation et de paix.

» Cependant, ce nouveau monde, encore barbare, que des lois tutélaires doivent ouvrir à toutes les activités du négoce et de l'industrie modernes, la Confiérence de Berlin a entendu

le gagner à la civilisation, et, à cette fin, elle n'y a point seulement implante les principes les plus avancés du droit public contemporain : dans l'élaboration de chacun de ses projets, elle s'est appliquée à garantir les populations indigènes contre toute violence injuste, en recherchant les moyens les plus propres à favoriser leur émancipation morale, et leur bien-être matériel.

» C'est plus de cinquante millions d'âmes dont il lui a été permis de tracer les destinées, et l'on conviendra qu'en aucune circonstance l'aréopage européen, dans ses grandes assises, n'a eu à accomplir une plus haute et plus généreuse mission. »

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