BIBLIOTHÈQUE UNIVERSELLE ET REVUE SUISSE
Octobre i885.
Nous détachons les lignes suivantes du remarquable travail de M. A. de Verdilhac, publie dans cette Revue sous le titre de : Le Congo et V Afrique équatoriale :
« L'Association africaine internationale est peut-être la meilleure et la plus honorable institution de notre temps. Elle est due à l'initiative du Souverain pacifique et sage d'un Etat de second ordre, et ce n'est pas la première fois que les petits Etats auront rendu au monde de plus beaux services que les grands. Voici comment l'Association s'est fondée :
» Au mois de septembre 1876, le Roi Léopold avait invité les géographes distingués de toute l'Europe à se rendre à Bruxelles, pour y délibérer sur un sujet important. Ce sujet, c'était l'exploration de l'Afrique centrale, au double point de vue des études géographiques et de la civilisation des noirs. C'était une noble et féconde pensée. Tout le monde s'empressa d'y répondre. Dans cette mémorable Conférence, il fut convenu que l'on formerait, chez chaque nation, un comité pour réunir les souscriptions des commerçants, des philanthropes, et pour nommer des délégués à Bruxelles, qui, assemblés sous la protection du Roi, représenteraient tous les comités, lesquels comités formeraient, par leur réunion dans une même organisation, la grande Association africaine internationale.
» Le succès fut complet. Les particuliers, les maisons de commerce souscrivirent; les princes, les souverains acceptèrent la présidence des comités nationaux, et le Roi des Belges se trouva tenir dans ses mains, à la satisfaction de toute
FEurope, sauf PAngleterre qui voulut conserver sa liberté d'action, la haute direction d'une riche et puissante Société, à la fois scientifique et philanthropique, mue par le plus haut esprit de sagesse.
» C'est cette Société (qui commença virtuellement d'exister au mois de septembre 1876) qui, ayant appris, en 1877, le merveilleux voyage de Stanley sur le Lualaba et sur le Haut Congo, forma, dans son sein, un comité spécial pour l'exploration de cette partie du Continent africain. Ce comité, qui porte le titre de Comité d'études du Haut Congo, est l'objet de l'intérêt tout particulier du Roi, son œuvre personnelle, le sujet de toute sa munificence. C'est le Comité d'études qui a conçu, préparé, rendu possible, l'expédition conduite par Stanley en 1879, l^q^^Uc a abouti à l'ouverture du centre africain, à la réunion de la Conférence de Berlin, et à la création de l'Etat libre du Congo. »