LES BELGES DANS L'AFRIQUE CENTRALE
i^'juin 188S.
En offrant leur ouvrage au public, MM. Burdo et de Matrin-Dunos disaient : « C'est l'âme de la patrie que l'on sent palpiter au sein de cette vaillante milice qui parcourt le noir continent, bravant les plus grands dangers, le flambeau de la liberté à la main ! »
En écrivant ces lignes nous ne craignons pas d'être taxé d'exagération. Les entreprises des Belges dans l'Afrique centrale sont aujourd'hui couronnées par un succès sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Le monde civilisé représenté à la Conférence de Berlin, en février dernier, a reconnu, limité, constitué, l'Etat libre du Congo.
Des hommages ont été rendus à notre Roi par les dél^;uife des grandes Puissances qui assistaient à cette Conférence. « La constitution de ce no uvel État, a dit sir Edward Malet, est due à l'initiative de Sa Majesté le Roi des Belges... Pendant de longues années le Roi, dominé par une idée purement philanthropique, n'a rien épargné, ni efforts personnels, ni sacrifices pécuniaires, de ce qui pouvait contribuer à la réalisation de son but... on croyait que l'entreprise était au-dessus de ses forces, qu'elle était trop grande pour réussir. On voit maintenant que le Roi avait raison, et que l'idée qu'il poursuivait n'était pas une utopie... En rendant à Sa Majesté cet hommage de reconnaître tous les obstacles qu'EUe a surmontés, nous saluons l'Etat nouveau-né avec la plus grande cordialité, et nous exprimons un sincère désir de le voir fleurir et croître sous son égide. »
Nous n'avons pu résister au désir de rappeler ces paroles si glorieuses pour notre monarque « qu'entoure le respect de l'Europe », a dit aussi M. le baron de Gourcel, le représentant de la France à la Conférence de Berlin.