‹ Léopold Robert d'après sa correspondance inéditeChapitre 8 sur 59 · PREMIERS TRAVAUX A PARIS. IM · texte numérisé non relu

PREMIERS TRAVAUX A PARIS. IM

en général ces académies ne diffèrent pas très-sensiblement des travaux du même genre dus à tant de jeunes artistes qui ne sont pas devenus de grands peintres, et il n’est pas nécessaire de s’y arrêter longuement1. Je ne mentionne que pour mémoire deux ou trois copies de gravures médiocres du xvme siècle, que Robert fit avant son départ pour Paris à l’école de la Chaux-de-Fonds, et qui appartiennent également à son frère.

En fait d’exercices de peinture, d’académies proprement dites, M. Aurèle Robert possède deux belles études faites par Léopold à l’atelier de David; l’une représente un homme nu jusqu’aux cuisses, s’appuyant des deux mains à une colonne et tournant la tête à droite ; l’autre un buste d’adolescent, portant une draperie blanche sur l’épaule gauche. Ce dernier ouvrage surtout, d’un dessin ferme et vrai, est exécuté avec beaucoup de précision et de solidité. Il n’est pas sans analogie avec des peintures d’Ingres de la même époque. Il est probable que le portrait en buste du Dr Borel, qui existe encore à la Chaux-de-Fonds, est celui dont Léopold parle dans sa lettre du 15 septembre 1815. Je n’ai pu

! . Quelques-uns de ces dessins portent des mentions qui indiquent qu’ils furent faits pour les concours périodiques de l’académie et sont datés des années 4 811, 4 84 21 et 4 813.

retrouver la trace de l’original du portrait d’Ulysse Sandol et des deux répétitions qu’il fit au même moment de cet ouvrage.

De retour à la Chaux-de-Fonds, Robert dut sérieusement songer à tirer parti de son talent. Ses portraits plaisaient, et il en fit alors un assez grand nombre. Je citerai en première ligne ceux de son père et de sa mère, en buste et de grandeur naturelle, que conserve M. Aurèle Robert. Le premier représente un homme d’une cinquantaine d’années, menton accusé, aspect sérieux : une tête de conventionnel. Mme Robert est vue de face, vêtue d une robe brune avec un fichu blanc. L’expression est trèsintelligente, un peu soucieuse et intérieure , mais la bonté, la sensibilité, se font jour et illuminent ce visage pensif et presque sévère. Les autres ouvrages de même dimension dont j’ai connaissance sont les portraits de M. Courvoisier, du Dr Borel, de M. Perrot-Jacquet Droz et une copie du buste du roi de Prusse par Gérard, qu’il fit pour M. de Sandoz Roilin. Les portraits de Robert en demi -nature et au-dessous sont assez nombreux. Je mentionnerai ceux de sa sœur Adèle , un livre à la main, à la Chaux-de-Fonds; de Mme Maximilien de Meuron, resté dans la famille; de M. et Mme Moritz et de M. Racine Perrot; trois portraits de la famille Mon-

GRAVURES DE RORERT. 413

tandon, au collège de la Chaux-de-Fonds ; trois ou quatre dans la famille Mairet; trois, père, fils et fille, dans la famille Prince, etc. Robert fit à la Chaux-de- Fonds un seul tableau de petite dimension : Priant redemandant le corps d'Hector , qui appartient à M. Huguenin.

Malgré tous mes efforts, je n’ai pu découvrir que huit ou neuf gravures parfaitement authentiques dues au burin de Robert; ces estampes sont pour la plupart d’une extrême rareté. Ce sont :

1° La planche qui obtint le deuxième prix au concours de 1814. Elle représente un jeune homme debout , le bras droit sur la tête penchée à droite, l’autre pendant et tenant un long bâton. Cette figure est gracieuse et charmante, mais le travail, dans le haut surtout, manque de force et de netteté ;

2° La planche pour le concours de 1816. C’est une étude d’après le modèle Polonais, bien connu dans les ateliers à l’époque de l’empire. Il appuie le genou gauche sur une marche et pose la main sur le gradin supérieur; la jambe droite est tendue, la main porte sur une colonne; tout le corps est renversé sur la droite. Cette attitude violente n’est pas des plus heureuses, le travail est beaucoup plus poussé que dans la planche précédente, mais par places il est inégal et charbonné. M. Aurèle Robert

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