ENFIN
— Je désire savoir si vous avez à votre bord atrick O'Donoghan.
— Patrick (TDonoghan est à mon bord et va vous répondre en personne, » répondit Tudor Br o wn .
S Sur un signe qu'il fit, un homme le rejoignil sur la passerelle.
« Voici Patrick O'Donoghan, reprit le proriétaire de Y Albatros. Que lui voulez-vous? » Erik souhaitait cette entrevue depuis bien longtemps, il venait la chercher de bien loin, et pourtan l. eu se trouvant inopinément en présence de cet homme aux cheveux rouges, au nez écrasé, qui le regardait d'un air soupçonneux, il se trouva pris au dépourvu et ne sut d'abord que lui demander. Mais enfin, rassemblant ses idées et faisant un effort :
« J'aurais besoin de causer longuement et confidentiellement avec vous, dit-il. Depuis plusieurs années, je vous cherche, et c'est pour vous trouver que je suis venu dans ces mers. Voulez- vous passer à mon bord?
— Je ne vous connais pas et je suis bien mi je
suis, répondît l'homme.
— Mais je vous connais, moi! Je sais pur M. Bowles, de New-York, que vous vous êtes trouvé au naufrage du Cynthia et que vous lui avez parlé de « l'enfant sur la bouée » ! Je suis cet enfant, et c'est à ce sujet que je voudrais vous demander les détails qui sont en votre possession.
— Il faut donc les demander à un autre que moi, car je ne suis pas d'humeur h les donner!
— Voulez -vous faire supposer qu'ils ne sont pas à votre honneur?
— Supposez ce qu'il vous plaira, cela m'est parfaitement indifférent! » répliqua l'autre.
Erik était décidé à ne pas montrer d'irritation.
« Mieux vaudrait me dire de bon gré ce que j'ai tant d'intérêt à savoir, que vous exposer à vous le voir demander devant une cour de justice, ajoutat-il froidement.
— Une cour de justice!... Tl faudrait d'abord pouvoir m'y amener! » riposta l'homme.
Ici Tudor Brown s'interposa.
« Yous voyez qu'il ne tient pas à moi si vous n'avez pas l'explication que vous souhaitez, dit-il à Erik. Le mieux est donc d'en rester là et de reprendre notre route, chacun de notre côté.
— Pourquoi chacun de notre côté!... Le plus simple n'csl-il pas de naviguer de conserve jusqu'à ce que nous arrivions en pays civilisé, pour régler les affaires que nous pouvons avoir ensemble? répondit le jeune commandant de Y Alaska.
— Je ne me connais pas d'affaires avec vous, et n'ai besoin do la compagnie de personne! » répliqua Tudor lirown en faisant mine do quitter la passerelle. ,
Krik l'arrêta d'un signe.
« Propriétaire de Y Albatros, s'écria-t-il, je suis porteur d'une commission régulière de mon gou-
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