‹ L’Epave du CynthiaChapitre 42 sur 108 · ENFIN · texte numérisé non relu

ENFIN

son nom à la grande péninsule sibérienne dont le cap Tchelynskin n'est que la pointe extrême, Y Alaska se dirigea vers l'ouest et navigua sans relâche pendant toute la journée et la nuit du 47. Le 18 au matin, on sortit enfin du brouillard pour entrer dans une atmosphère pure et ensoleillée. A midi, on put faire le point. Cette opération s'achevait,' quand la vigie signala une voile au sud-

Une voile dans ces mers peu fréquentées était un phénomène trop extraordinaire pour ne pas obtenir une attention toute spéciale. Erik grimpa sans tarder au « nid de corbeau », et, lorgnette en main, examina longuement le navire qui venait de lui être signalé. Il lui parut bas sur l'eau, gréé en schooner et muni d'une cheminée, quoiqu'il ne marchât pas présentement à la vapeur.

En redescendant sur le pont, le, jeune commandant était très pâle.

« Cela m'a tout l'air d'être Y Albatros, » dit-ilau

Puis, il donna l'ordre de pousser les feux de la machine.

Eu moins d'un quart .l'heure, il fut visible un on gagnait sur le navire, dont la coque se dessina bièulùl à l'ieil nu. Outre qu'il allait à la voile avec

une brise des plus faibles, sa direction formait avec celle de Y Alaska un angle très aigu.

Mais, soudain, un changement se produis.! dans son allure. Une fumée épaisse jaillit de sa chenu-

née et forma derrière lui un long panache noir. Il allait maintenant à la vapeur et dans la même direction que V Alaska.

« Plus de doute! c'est Y Albatros ! » murmura Erik.

Et il donna ordre au chef mécanicien d'activer encore la marche. On filait déjà quatorze nœuds. Un quart d'heure plus tard on en filait seize.

Le navire qu'on poursuivait n'avait pu encore atteindre une pareille vitesse, car V Alaska continuait à gagner sur lui. En trente minutes, on en fut assez près pour distinguer les détails de sa mâture, son sillage, les hommes qui allaient et venaient dans ses manœuvres ; — enfin les moulures de son arrière et les lettres qui formaient ce nom : Albatros.

Erik donna ordre de hisser le pavillon suédois. Aussitôt Y Albatros hissa le pavillon étoilé de l'Union américaine.

Encore quelques minutes, cl les deux navires ne furent plus séparés que par une distance de trois à quatre cents mètres. Alors le commandant de \ Alaska, debout sur sa passerelle et muni d'un porte-voix, héla Y Albatros en anglais.

« Ohé!... du navire!... Je désire parler à Votre capitaine!... »

Quelqu'un monta à la passerelle de Y Albatros. C'était TudorBrown.

« Je suis propriétaire et capitaine de ce yacht, dit-il. Que me voulez- vous?

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