LA FIN DU PÉRIPLE
ournal français, dans immodeste salon situé rue leVarennes, au second étage d'un vieil hôtel. Deux personnes se trouvaient dans ce salon, 'une était une dame en vêtements noirs et en
evoux blancs, quoiqu'elle parût jeune encore, el
ont toute la personne portait l'empreinte d'un jrand deuil éternel. Assise sous rabat-jour de la ampe, elle travaillait machinalement ;ï une brode- *ie, tandis que ses yeux se fixaient dans l'ombre uir quelque souvenir inoubliable et. accablant. I De l'autre côté de la table, un grand vieillard parcourait d'un regard distrait le journal que son lomestique venait de lui apporter.
C'était M. Durrien, consul général honoraire el 'un des secrétaires de la Société de géographie, — Celui- là même qui s'était trouvé à Brest, chez le préfet maritime, au moment du passage de VAlaska . •'.
I Sans doute, à raison do ce fait, le nom d'Erik frappa particulièrement son attention, car, en lisant l'art icle biographique consacré au jeune navigateur suédois, il eut comme un tressaillement. Puis, il relut cet article avec une profonde attention. Peu à peu, une pâleur intense se répandit sur son visage déjà si pâle. Ses mains furent prises d'un tremblement nerveux. Si m trouble devint si manifeste que sa silencieuse compagne s'en aperçut.
« Mon père, est-ce que vous souffrez?demauda-
-ellc avec sollicitude.
l'épave du cynthia.
— Je... crois qu'on s'est trop liàté de faire d feu!.,. Je vais aller prendre l'air dans mon cabi net!... Ce n'est rien!... un malaise passager!... > répondit M. Durricn en se levant pour passer dan la pièce voisine.
Comme par mégarde, il emporta le journal qu'i tenait à la main. Si sa fille avait pu lire dans s* pensée, elle y aurait vu dominer, au milieu de l'afflux tumultueux d'espoirs et de craintes qui s' heurtaient, la volonté arrêtée de soustraire le jour nal à ses regards.
Un instant elle songea à suivre M. Durrien dan son cabinet. Mais elle crut deviner qu'il désirai être seul, et se plia discrètement cà ce caprice Bientôt, d'ailleurs, elle se rassura en entendant su père aller et venir, marcher à grand pas, ouvrir c fermer la fenêtre.
C'est seulement au bout d'une heure qu'elle s décida à entre bâiller la porte, pour voir ce qu faisait M. Durrien. Elle constata qu'il s'était assi à son bureau et qu'il écrivait une lettre.