‹ L’Epave du CynthiaChapitre 58 sur 108 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

constatation soudaine do la prodigieuse richesse de la sonn e vinrent modifier la situation du tout an ii m t. Il ne pouvait plus être question de s'assurer pour un morceau de pain cette splendide propriété; mais il suffisait, pour qu'elle fît retour à Noah Jones, que Georges d'abord, puis son unique héritier, disparussent de ce monde. Or. deux ans après son mariage, six mois après la naissance de mon petit-fils, Georges était relevé mort auprès d'un puits d'extraction, asphyxié, dirent les médecins, par des gaz irrespirables. Je n'étais déjà plus aux Etats-Unis, ma nomination de consul à Riga étant survenue dans l'intervalle; les affaires de la succession furent réglées par un solicitor. Noah Jones se montra de bonne composition et souscrivit à tous les arrangements pris pour ma fille. Il resta convenu qu'il continuerait à exploiter le fonds commun et payerait semestriellement à la Central-lîank de New- York la part de nets profits revenant à l'enfant. Hélas! il ne devait même pas en solder le premier semestre!... Ma tille prit passage sur le Cynthià pour venir me rejoindre. Le Cynthià se perdit corps et biens dans des conditions si suspectes que la Compagnie, d'assurances réussit à se faire exonérer de toute responsabilité, et, dans ce naufrage, l'unique héritier de Georges disparut. Dès lors, Noah Jones restait seul propriétaire de la source l 'ambili'i. qui lui a donné en moyenne, depuis cette époque, cent quatre-vingt mille dollars de revenu annuel!

- l'épave nu cyntiiïa.

— N'aviez-vou s jamais soupçonné son inlerveiftion dans ces drames successifs? demanda M. Bredejord.

— Je l'avais certes soupçonnée, c'était trop naturel, cl une pareille accumulation de prétendus accidents, tournant tous au même but, était malheureusement trop claire. Mais comment donner un corps à mes soupçons et surtout comment les établir en justice? Je n'avais sur le fait que des données trop vagues. Je savais par expérience combien peu il faut compter sur les tribunaux dans les contestations internationales. Et puis, j'avais à consoler, tout au moins à dis! ra ire ma tille, et un procès n'aurait fait que raviver ses douleurs, sans compter que la cupidité seule en aurait paru le mobile! Bref, je me résignai en silence. Ài-je eu tort? Faut-il le regretter? Je ne le crois pas, et je reste convaincu que je n'aurais obtenu aucun résultat. Voyez comme il nous est difficile, encore aujourd'hui, et même en réunissant toutes nos impressions, tous les faits h notre connaissance, d'arriver à une conclusion précise!

— Mais comment s'expliquer dans tout cela le rôle de Patrick 0'Donoi»lian? reprit le docteur Schwaryencrona.

, — Sur ce point comme sur beaucoup d'autres, nous en sommes évidemment réduits aux conjectures; mais il me semble qu'en voici une assez plausible. Cet O'Donoghan, novice à bord du Cynthictj attaché au service personnel du capitaine, était en rapports constants avec les passa-

Page 1