‹ LépidoptérologieChapitre 14 sur 25 · LS CT · texte numérisé non relu

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teinte pourprée se reproduit au bord externe des ailes inférieures. En dessous, le pourpre passe, sur les quatre ailes, au rose très vif.

ACIDALIA ESTERELATA. Le Naturaliste, 15 décembre 1879, n° 18. — (PI. IX, fig. l à 9).

A l'égard de ses mœurs, cette nouvelle Phalénite se ‘trouve dans le cas de plusieurs autres espèces du même genre, considérées comme ayant deux générations alors qu’elles n’en ont qu’une. Voici dans quel cas j’ai pu reconnaître que l’Æsterelata n’a qu'une éclosion.

Après avoir capturé cette Acidalie au commencement de mai, et une seconde fois à la fin du mois d’août de la même année, je lui supposais deux éclosions.

Une ponte obtenue le 10 mai me permit de voir éclore les jeunes chenilles huit jours après. Celles-ci grossirent lentement jusqu’à la fin de juillet, époque où eut lieu la transformation d’un tiers environ de mes chenilles, et, quinze jours après, parurent les insectes parfaits; cependant les autres larves, provenant de la même ponte, continuèrent à manger pendant l’automne et l’hiver qui suivirent pour ne se transformer qu’au printemps.

Ce fait anormal en apparence, celui d’un lépidoptère, dont les transformations se montrent complètes à deux époques; à six mois d'intervalle, ce fait, dis-je, n’est pas nouveau pour moi, car déjà je l'ai vu se produire chez plusieurs autres espèces de papillons.

La Chenille d'Æsterelata obtenue ab ovo, s'éloigne par sa conformation, des espèces congénères qui ont été étudiées. Lors de l’éclosion elle est blanchâtre.

Après les premières mues, sa conleur n’a pas changé, mais ce qui la distingue est certain caractère qui n’a été,

jusqu’à ce jour, que bien rarement remarqué chez les chenilles arpenteuses : celui d’avoir le premier anneau recouvert d’une plaque écailleuse (1) d’autant plus apparente qu’elle est d’un marron foncé tranchant sur le fond blanchâtre de la petite chenille.

Eclose à la mi-mai, elle n’est parvenue à toute sa taille qu’à la fin de juillet. A cette époque cette arpenteuse est médiocrement allongée, cylindrique, sans carène latérale, d’un blanc jaunâtre s’affaiblissant en dessous, sans lignes, avec une grosse tête cordiforme, aplatie en avant et entièrement d’un brun acajou.

Chose assez rare chez les chenilles de ce genre nombreux ; l’'Esterelata est marquée de petits points noirs surmontés chacun d’un poil raide et court. La plaque étroite et brune du premier anneau, n’est pas divisée par un sinus.

Cette chenille est polyphage ; elle a vécu de fleurs de plantes bien différentes les unes des autres : Cistus, Anemone, Rosmarinum et Astrancia major, L. Cette dernière plante de la haute montagne, semblait lui convenir peut-être mieux que toute autre. Dès le jeune âge elle se retire parmi les pétales des fleurs réunis par quelques fils de soie, et semble se comporter ainsi que certaines Tortricides.

C’est au milieu des feuilles sèches qu’a lieu la transformation. La petite chrysalide est d’un jaune ambré. Neufou dix jours après la métamorphose de la chenille, à lieu l’éclosion de l’insecte parfait.

C’est de la plus petite des Acidalies connues que l’Æsterelata se rapproche le plus, soit par l’envergure, soit par la disposition des lignes transverses ; mais la coupe d’ailes des

(1) Déjà j'ai signalé ce fait à l'égard de la chenille de la Phalène Gentianata IN, p. 411, pl. 151.

Mise

deux Phalénites n’est point la même, et leurs chenilles ne se ressemblent nullement.

Cette nouvelle Acidalia rappelle aussi les insectes du genre Cleta de M. Guenée, notamment les Perpusillaria, Ev. et Pygmaearia, Hb. qui précèdent les Acidalies, mais ce qui éloigne sans nul doute l’Esferelata des Cleta, sont, chez celle-là, les antennes du seulement ciliées, alors que chez les Cleta ®, elles sont franchement pectinées jusqu’au sommet.

Voici la description de ma nouvelle Acidalia.

Envergure : #, 11 à 12".; ©, 12 à 18°. — Les quatre ailes quoique fort courtes, sont bien formées et légèrement aiguës à l’apex ; elles sont d’un fauve rougeâtre chez l’insecte obtenu ex larva. Les supérieures sont traversées par trois lignes fines et brunes; les deux premières sont obliques, et, chez la seconde, le coude se voit à peine. La troisième ligne, la subterminale, est très large, finement liserée de noir, à bord interne droit et à bord externe ondulé. Frange concolore et sans points nervuraux. La cellulaire à peine indiquée aux quatre ailes. Les inférieures ne sont traversées que par une seule ligne d’une extrême finesse; les antennes sont simplement ciliées. Le thorax et l’abdomen grêles et concolores. Le dessous des quatre ailes rappelle le dessus.

La * a l’envergure du , cependant les ailes supérieures sont moins anguleuses que celles du «; elle varie assez souvent par sa taille un peu plus grande.

Cette délicate Acidalie vole pendant le jour, en mai, en août et en septembre, dans l’Estérel (Alpes-Maritimes), au vallon resserré et sauvage de la Trayas, où coule sur un terrain granitique un torrent qui se dessèche quelquefois en été.

L’Acidalia Esterelata devra trouver place après la Nexata, Hb.

Obs. Le 12 juin 1880, je retrouvais dans le vallon de la Trayas, un © d’Esterelata différent pour la taille de ceux que j'avais précédemment capturés ou qui me sont éclos.

Son envergure, qui est de 14", et les lignes des ailes supérieures le rapprochent assez de la Transmutata, Rb. dont le n°9 mesure 16". Je dois ajouter que la fig. 11, de la même Acidalie, a une envergure de 23", (Cat. syst. de l’Andal., pl. XXII.)

L’Ac. Esterelata ne serait-elle qu'une variété de la Transmutata? ce que je ne crois pas. Je fais observer cependant que les ailes inférieures de cette dernière n’ont pas la large bordure d’un brun marron, et que les antennes d’aucune des 4 figures de Rambur, n’est représentée avec des antennes ciliées.

HALIA LORICARIA, Ev.— Gn.— Stgr.{Pl. IX, fig. 6 à 8)

M. le Baron Hoyningen-Huene, de Lechts (Russie), m'a adressé une publication entomologique datée de janvier 1879, extraite de la Correspondance des naturalistes de Riga, publication dont il est l’auteur et où il raconte avec de nombreux détails, l’histoire de cette Phalénite qui appartient à plusieurs provinces de la Russie occidentale, mais plus particulièrement à l’Esthonie. 4

Jusqu'à ces temps derniers, la ZLoricaria, publiée par Eversmann en 1846, n’était connue que par des mâles. C’est bien en vain que pendant longtemps le Baron Huene et son ami le général Baron de Nolcken se sont obstinés à chercher la femelle.

Un jour, en 1877, aux environs de Lechts, sur un terrain tourbeux de cent mètres carrés environ, recouvert de nombreux

M es

bouleaux nains, le hasard fit rencontrer à ces Messieurs un grand nombre de Loricaria ®. Ils étaient si abondants en ce lieu que, en peu de temps, environ 150 mâles furent Capturés, mais sans une seule ©.

« Le Baron Nolcken, ajoute l’auteur de la publication précitée, revenant me voir au mois de juillet 1878, apportait de Petrozawodsk, une © aptère ; c’est alors que je m’aperçus de l’impossibilité de trouver des femelles ailées. »

Cette époque étant celle de l’éclosion des Loricaria, les deux amis munis de leur lanterne, aidés de leurs domestiques, cherchèrent avec un soin extrême. Enfin, le 24 juillet, à dix heures du soir, ils rencontrèrent un accouplement de cette précieuse espèce : celui d’un bien développé et d’une ° semi-aptère. Celle-ci mise à part pondit environ 150 œufs fécondés.

Le petit mystère étant dévoilé, il ne fut pas difficile, à partir de ce jour, d’obtenir d’autres ? .

Le Baron Huene m'ayant fait parvenir, à Cannes, une cinquantaine d'œufs de Loricaria en automne 1878, ces œufs sont éclos au mois de mars de l’année suivante.

Ayant appris que cette Æala vole parmi les bouleaux, j'ai pensé que la chenille, restée inédite, doit vivre aux dépens de ces arbrisseaux. C’est avec de très Jeunes feuilles d’un bouleau de la Russie occidentale, le Betula humitis (1) que j'ai pu élever mes Loricaria.

Lors de son éclosion, la chenille est, jusqu’à sa seconde mue inclusivement, d’un brun clair, sauf la ligne stigmatale qui est d’un blanc jaunâtre et la tête noirâtre. A sa troisième mue elle passe au vert clair, avec la stigmatale large, blanchâtre et continue.

(1) M. le Baron Huene m'a envoyé de Russie,avec une obligeance extrême,

une dizaine de jeunes bouleaux naïns qui prospèrent assez Eten dans mon jardin à Cannes.

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