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frange grise et un trait cellulaire suivi d’une ligne à peine indiquée. Entre celle-ci et les points nervuraux qui précèdent la frange, les secondes ailes sont lavées d’une teinte ferrugineuse très peu visible.
La ® a les ailes très courtes et grises. Les supérieures sont aiguës à l’apex ; les inférieures arrondies, recouvertes d’un sablé brun, avec deux bandes transverses brunes; la première n’est bien marquée qu’à la côte ; la seconde est large et continue ; celle-ci se prolonge sur les ailes inférieures.(1) Le point cellulaire est très petit, mais il se voit aux quatre ailes.
En dessous les lignes sont à peine marquées aux antérieures, mais elles sont très apparentes aux secondes ailes.
Les antennes sont relativement longues et filiformes ; elles sont ainsi que le thorax et l’abdomen de la couleur des ailes.
On dit que la Loricaria appartient à la Sicile; cela me paraît douteux , à moins pourtant qu’elle n’ait été prise sur les montagnes élevées de l’île.
Il ne serait pas impossible que cette espèce vécut en certaines hautes vallées des Alpes-Maritimes où, à 1200 mètres environ, la température doit être à peu de chose près celle de l’Esthonie. Je ne désespère donc pas de rencontrer dans les forêts de bouleaux qui dominent Saint- Martin-Lantosque cette intéressante espèce.
EUPITHECIA GUENEATA, Iconogr. Mill. I, p. 258, 6° Liv., pl. 1. — Stgr. — Berce. (PI. IX, Fig. 9).
Cette charmante Phalénite découverte à Celles-les-Bains (Ardèche) il y a plus de 20 ans, semble exister assez abondamment à Saint-Martin-Lantosque (Alpes-Maritimes) où on
(1) Chez un deuxième exemplaire de Loricaria Q, cette bande brune aux ailes inférieures n'existe pas.
la prend au réflecteur en été. Son habitat est à 1000 mètres d'altitude environ. Le vol de l’insecte paraît se prolonger pendant près de six semaines ; c’est-à dire du 15 juillet au 20 ou 29 août.
La ® de Gueneata était imparfaitement connue; elle n’avait pas encore été figurée. Celle queje fais représenter, d’après un sujet d’une conservation parfaite, est de grande taille ; cette ©? mesure 25". La couleur brique qui recouvre presqu’entièrement les premières ailes, le thorax et l’abdomen, est moins vive que chez le ©”.
Chose digne de remarque, cette Eupithécie ne pond jamais en captivité : c’est toutefois ce que j'ai remarqué avec des femelles que j'ai conservées vivantes. Cette particularité, très rare chez les Phalénites, se remarque encore chez l’espèce congénère Fenestrat a.
Je suppose aujourd’hui, comme autrefois, que la chenille de Gueneata vit sur l’aulne (Alnus Viscosus). Mon lieu de chasse à Saint-Martin-Lantosque domine de nombreux massifs d’aulnes arrosés par la Vésubie.
ENNYCHIA FASCIALIS, Hb. (PL. IX, fig. 10).
Le genre Ennychia de Treitschke, adopté par l’auteur du Species général, est formé d’une dizaine d'espèces qui sont toutes européennes. Cependant, chose fâcheuse, aucun de ces jolis lépidoptères n’est connu sous ses premiers états; leur histoire reste donctoujours très incomplète.
Jusqu'à l’époque où feu Henri de Peyerimhoff a rencontré la Fascialis aux environs de Cannes, sur les contreforts du Grand-Pin, cette Ennycha n'avait été capturée qu’en Hongrie où elle est « toujours rare. » (Gn.)
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SPILOSOMA SORDIDA, Hb. — (PI. IX, fig. 11).
Le 10 août 1879, M. l’abbé Clair ayant capturé au vol, à deux heures de l’après-midi, une femelle d’une variété remarquable de la Spilosoma Sordida, à 2,000" d’altitude environ, cet aimable compagnon de chasse obtint quelques œufs qu’il voulut bien me confier pour essayer l’éducation des chenilles qui, selon toute probabilité, devaient bientôt éclore. Elles ont en effet paru douze jours après que les œufs ont été pondus.
La croissance de ces chenilles fut rapide, et cinq ou six semaines après leur éclosion, elles avaient atteint leur entière grosseur.
La chenille diffère de la Sordida type, mais moins cependant que l’insecte parfait ; il peut se faire qu’il y ait ici, autre chose qu’une simple variété locale.
Je dirai, en parlant de l’insecte parfait, en quoi consiste cette différence.
Jusqu'à la 3° mue inclusivement, la chenille ressemble à la Mendica jeune, c’est-à-dire qu’elle est de couleur claire et qu’elle est recouverte de longs poils blonds. Après sa 4e mue, elle prend assez l’aspect de la Sordida type, mais elle est généralement plus sombre. La peau est d’un carné livide recouvert de poils médiocrement longs, noirâtres el tirant sur le brun foncé. La ligne vasculaire, la seule qui existe, se distingue difficilement au milieu d’une villosité abondante. Cette ligne assez large, interrompue sur les incisions, est d’un orangé pâle. A la place de la stigmatale existe, sur chaque segment, une petite tache rectangulaire de couleur aurore, placée antérieurement un peu en dessus des stigmates. Ceuxci sont ovalaires, blancs et largement cerclés de noir. La tête globuleuse serait tout-à-fait noire si elle n’était striée
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de rougeâtre. Les mandibules sont surmontées d’un trait blanc. Les pattes écailleuses sont noires ; les membraneuses sont d’un carné vineux.
Cette Spilosome m'a semblé polyphage, mais elle a été nourrie avec l’Astrantia major, L., plante herbacée de la haute montagne, dont elle a préféré la feuille à la fleur, rongeant le parenchyme en dessus avant d’attaquer la feuille sur les bords.
C’est dans la mousse qu'a eu lieu, le 20 septembre, la transformation de la chenille, 40 jours environ après sa sortie de l’œuf.
La chrysalide rappelle celle du type ; elle est d’un rouge acajou clair, et placée dans un léger cocon formé en soie brune.
L’insecte a passé l’hiver sous son état léthargique ; il est éclos dans la seconde quinzaine de mai, après avoir séjourné dans un appartement sans feu.
INSECTE PARFAIT
Cette variété (?) de la Spilosoma Sordida, des hauteurs de Saint-Martin-Lantosque, diffère du type par son envergure et par sa coupe d’ailes qui sont celles de la Luctuosa H.-G., par sa couleur générale qui tourne au fuligineux. Cependant les taches et les lignes transverses des supérieures, très bien marquées et continues rappellent, par leur disposition, plutôt la Sordida .
La ® est grande et d’un gris obscur. Ne serait-ce pas la Lugubris, HS, que je ne connais pas ?
Cette race intermédiaire qui tient de Luctuosa, de Lugubris et de Sordida, vit à une altitude plus que double du type qu’on rencontre seulement à 800 et 900" dans la vallée de la Vésubie.
nt es SPILODES ÆRUGINALIS. Hb.— (P]. IX, fig. 12).
Je puis aujourd’hui sûrement comprendre dans notre faune entomologique des Alpes-Maritimes, cette charmante Pyralite de Hongrie, retrouvée en Bulgarie et aussi en Arménie.
On ne sait encore rien de précis sur les mœurs de sa chenille que l’on soupçonne vivresur les Artemisia.
La Spilodes Æruginalis a été capturée pour la première fois, vers la fin de juillet 1879, par M. l’abbé Clair, sur les hauteurs (13 à 1400") de Saint-Martin-Lantosque.
Cet élégant lépidoptère est caractérisé aux ailes supérieures, par de nombreuses lignes et taches d’un vert pâle, lesquelles tranchent sur le fond d’un blanc satiné. Les secondes ailes sont traversées par deux bandes obscures qui se détachent sur un fond blanc mat. Le thorax participe des couleurs harmonieuses blanche et verte des ailes antérieures. Le corps très eftilé est d’un blanc de satin.
La figure que Duponchel donne de l’Æruginalis est un peu petite et le vert des premières ailes est trop obscur.
Cannes, Avril 1880.
P. Mure.