SE
Jaunâtre. Les pattes sont noires et largement tachées de jaunâtre; les inférieures sont munies d’une paire de longs tarses. *
La Gelechia Rumicivorella, ne doit avoir qu’une génération ; elle trouvera place entre la Plutelliformis et la Divisella, Del.
DEPRESSARIA PEUCEDANELLA (PL. X, fig. ldet 15).
Une grande Ombellifère de l’Estérel, le Peucedanum officinale, L. qui ne croît qu’à une certaine altitude, dans un vallon sauvage appelé Mail-Infernal (1). Cette plante, dis-je, nourrit, au mois d'avril, une chenille de Depressaria inédite, laquelle lie les feuilles naissantes, étroites et allongées du Peucedanuwm ; elle grossit rapidement, et moins d’un mois après son éclosion, elle est parvenue à toute sa grosseur.
Elle éclot peu de jours après que la plante nourricière est sortie de terre, c’est-à-dire à la fin de mars ou vers les premiers jours d'avril. .
Dans le premier âge, la Peucedanella est d’un blanc jaunâtre ; parvenue à son entier développement à la mi-mai, elle se montre médiocrement allongée, cylindrique, d’un vert obscur pâle.
La tête est globuleuse ‘et entièrement noire; la plaque écailleuse du premier segment est jaunâtre et largement marquée de noir à droite et à gauche. Les pattes écailleuses sont noires et annelées. de jaunâtre. La plaque du dernier auneau est entièrement noire.
(1) Ce vallon est bien certainement le plus agreste et le plus sauvage de tous les vallons de l'Estérel. (Victor Petit, p. 213).
Ad
Il n’existe pas de lignes. Les points verruqueux et les trâpézoïdaux sont noirs, luisants et surmontés d’un poil fin. Les stigmates sont assez gros et noirs.
En captivité c’est au cœur de la plante qu elle se chrysalide, mais en liberté elle descend à terre, parmi les détritus végétaux et s’y transforme.
L’insecte parfait qui n’a qu'une génération éclot dès le courant de juin.
Voici sa description :
Envergure : 15 à 17”.
Ailes supérieures d’un brun noirâtre, avec la côte ocracée par places. La base est très visiblement limitée extérieurement par une grande tache noire qui se fond ensuite dans la couleur générale. La tache ocracée se dirige vers la côte, s'étendant en pointe jusqu’au milieu de l’aile. A la base, sur le côté, existe un point noir ; au tiers de l'aile sont placés obliquement deux autres points noirs, et en ligne avec le second plus éloigné de la base. Il y a quelquefois des traces d’un petit point blanc cerclé de noir. Aux deux tiers de l’aile, on voit à peine la trace d’une ligne foncée partant de la côte et formant un angle très aigu avant d'arriver au bord interne. Le bord externeest clair et entrecoupé de points noirs. La frange, en dessus et en dessous, est d’un gris obseur. Les ailes inférieures sont luisantes, d’un gris fuligineux plus clair vers la base, avec la frange d’un gris noirâtre. La tête est d’un ocracé blanchâtre ; les antennes d’un gris foncé ; les palpes d’un jaunâtre clair, avec les barbules du second article largement lavées de fuligineux. Le thorax est ocracé ; l'abdomen d’un ocracé grisâtre en dessus est fortement saupoudré d’écailles noires, et, sur les bords de chaque segment, il existe une tache très noire. Les pattes sont d’un
gris ocracé, tachées de noirâtre, avec deux paires de tarses aux inférieures.
La Gelechia Peucedanella présente une variété qui est presque aussi abondante que le type(l). Je crois devoir lui imposer le nom de Var. E'sterella. Voici sa description :
Ailes supérieures de couleur plus ou moins ocracée, saupoudrées d’écailles noires, et légèrement ombrée de brunâtre au-dessous de la côte. L’espace basilaire de la couleur du fond est limité par quelques écailles noires. Un point à la base sur la côte, deux autres obliquement au tiers de l'aile, et un point blanc cerclé de noir sur le disque. La frange concolore est précédée d’une série de très petits points noirs. Les ailes inférieures sont d’un gris chaud, avec la frange d’un gris obscur. La tête, les palpes, le thorax et l’abdomen parti cipent de la couleur des ailes supérieures. L’abdomen a, ainsi qu'on le voit chez le type, le bord de droite et de gauche, marqué en noir. Les antennes sont brunes.
M. Ragonot qui a bien voulu me prêter son officieux concours pour la détermination de la Depressaria Peucedanella, me dit que « cette nouvelle espèce devra trouver place entre l’Æypomarathri, Nick. et la Cachritis, Stgr (2)
La Peucedanella se rapproche de ces deux Depressaria surtout par la disposition de la partie claire de l’aile; mais l’'Hypomarathri est de couleur différente : ses écailles sont plus fines, partant ses ailes sont plus lisses, plus soyeuses ; elles sont aussi plus allongées.
(1) Mes collègues, M. le général de Nolcken et M. Constant qui ont recueilli en même temps et au même lieu que moi, la chenille de la Peucedanella, ont, chacun de son côté, obtenu cette variété constante dans la mème proportion numérique que moi.
(2) M. Staudinger m'éerit que la chenille de la Dep. Cachritis vit en Espagne, au bord de la mer, sur le Cachrys lucvigata.
La Cachristis ressemble beaucoup plus à la Ferulae, Z. dont elle a la couleur rouge brun ; et l’espace basilaire n’est pas aussi tranché que chez Peucedanellu, ni sa côte de la couleur de la base.
« La Peucedanella a bien la forme de Selini, Hein. et de Parilella, Tr.; mais n’a pas leur couleur rouge, ni la disposition de l’espace basilaire. Enfin, la variété pâle a quelque ressemblance à la Pallorella, Z. mais là encore, ses écailles grossières, sa taille courte, l’absence àäe la liture brune ne permettent pas de la confondre. »
Les chenilles de cette variété Zsterella, vivent au même lieu, sur la même plante, à la même époque et de la même manière que celles du type. De plus elles leur ressemblent. Je verrais cependantune faible ditférence chez le tiers environ de ces chenilles : la plaque du dernier anneau, au lieu d’être d’un noir de jais, est jaunâtre.
GUENEA (1) PANDORELLA (Species nova)
(PI. X, fig. 20).
Je ne saurais mieux faire, pour cette espèce inédite, que répéter ce qui a été dit, en décrivant sa congénère Borreonella : Iconog. Ul, p. 436. « Bien qu'ayant l’article basilaire dilaté, avec la tête toutfue, cette nouvelle espèce ne doit pas plus être une Tinea qu'une Bucculatris. »
Et plus loin « les Bucculatrix se distinguent par le front lisse, la tête velue, et surtout par l’absence des palpes (Stt.
(1) Le genre Gwenea serait peut-être mieux placé après le genre Tineola qu'après le genre Trifurcula, Z.
VIII, p. 2). Les Tinea ont aussi la tête velue, mais leurs palpes sont courts et droits. »
Voici la description de Pandorella.
Envergure : 9 à 10". — Elle a la coupe d’ailes et l’envergure de la Borreonella dont on peut la croire une simple variété au premier abord. Ce serait même l'avis de M. Stainton. Cependant des différences absolument constantes doivent en faire autre chose qu’une variété. Tête laineuse, antennes allongées, moniliformes, avec une légère nodosité à la base. Yeux gros et noirs ; palpes longs, minces, incombants. Ailes étroites, d’un gris plombé, très légèrement violacées et luisantes.
Pandorella se distingue de Borreonella par l'absence de longs poils soyeux au second article des palpes, par sa couleur d'un gris plombé et non argileuse ; elle s’en éloigne surtout par la présence d’un gros point noir à l’apex. Tous les sujets que j’ai pris au vol, au nombre de 28 ou 30, présentent sans exception ce caractère important.
Cette espèce paraît très voisine d’une nouvelle Tinéide : la Tineola Subtilella, Kuch. découverte récemment en Hongrie, mais dont Guenea Pandorella s'éloigne par d’importants caractères.
Si Pandorella devait être considérée comme une variété de Subtilella celle-là constituerait une race bien tranchée par sa coloration plombée et surtout par le gros point noir arrondi de l’apex.
Voici l’avis de M. Ragonot à l’égard de cette Pandorella comparée à la Subtilella.
« La nouvelle espèce (Pandorella) est un peu plus grande que Subtilella (il faudrait dire moins petite) la couleur des ailes moins ocracée, plus grisâtre, ef plus foncée ; la tache
es
noire à l’apex est plus grande, plus distincte et plus ronde. »
Pendant la seconde quinzaine d’août la G&. Pandorella se montre assez communément aux environs de Saint-Martin- Lantosque au déclin du jour, dans les lieux frais; son vol est rapide et saccadé.
L’espèce appartient encore au littoral ; je l’ai en effet capturée au réflecteur des Phalènes dans les premiers jours de septembre.
PSYCHE HEYLAERTSII (PL X, fig. 16 à 19).
Cette espèce se distingue de toutes ses congénères, mais c’est avecle Ps. Viadrina, Stgr. qu’elle a le plus dé rapports. « Elle en diffère par des caractères essentiels, principalement par la nervure. »
Après avoir étudié le Psyche Heylaertsi dans ses divers états, je vais le décrire sous toutes ses formes.
L'œuf est relativement gros, elliptique et jaunâtre. Une ® de moyenne grandeur, a pondu 210 œufs, me mande M. le D' Heylaerts, de Bréda.
La chenille qui demeure deux ans avant d'atteindre son entier développement, a seize pattes : les écailleuses sont longues, robustes, testacées et annelées de brun ; les membraneuses sont fort courtes, grisâtres et impropres à la marche. Cette chenille est d’un gris foncé. La tête est marquée d’un trait noir en forme d’Y, et les trois premiers segments sont recouverts d’une large plaque écailleuse descendant assez bas de chaque côté, avec de nombreux points et dessins noirs de formes diverses. Les mandibules sont noires et les palpes blanchâtres ; celles-ci sont annelées de noir.
Le 12° anneau porte une double plaque cornée, obscure et luisante. Les stigmates'sont grands et noirâtres.
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La chrysalide n’a rien qui la distingue de celles des espèces congénères. La chrysalide du est d’un marron luisant ; celle de la © est pleine, jaunâtre et maculée de brun.
Le fourreau est assez différent de tous ceux des autres Psyche. Il ressemble un peu à celui de l’Uralensis, Frey., mais il est plus court ; il est gris et formé de tiges de graminées, tandis que le fourreau de l'espèce nouvelle, est composé de soie et de grains de sable agglomérés et recouvert de buchettes, et souvent de Petites écorces de bois.
L’enveloppe protectrice du #’ qui porte 35 à 40" de long, a plus de développement que celui dela ®.
Les chenilles que j’ai reçues d'Italie, m'ont paru polyphages : je les ai élevées à Saint-Martin-Lantosque où j’ai passé l'été 1880; elles ont été nourries avec des Thymus, Leontodon, Campanula, Salix, ete. M. Failla Tedaldi, de Castelbuono a nourri celles qu’il a élevées avec des Agrostis, des Calamagrostis et la Lactuca Sativa.Cette chenille cesse de manger au commencement de juillet et, pour se transformer, elle s'enfonce à moitié dans une terre légère, la tête en bas, ainsi qu’il arrive pour l’espèce congénère Febretta, B. F.cC. :
La chenille du attend pour changer de peau une dernière fois, de s’être fixée définitivement.
La transformation en chrysalide n’a lieu que quinze jours après.
Autant que tous les Psyche que j'ai observés, le He laertsi recherche la chaleur du soleil le plus ardent.
Au 25 août environ, trois ou quatre semaines après que s’est fixée la chenille, se montre l’insecte parfait; et cela toujours dans l’après-midi : de trois à six heures.
L’acte copulatif a lieu aussitôt après l’éclosion.
L’envergure du Ps. Heylaertsii est de 20 à 23". Il
rappelle pour la forme non seulement la Vradrina, Stgr., mais encore la Vaciella, Schiff. et la Var. S'etinensis, Hering (1).
Les quatre ailes sont grandes, entières, arrondies sur les bords, plus allongées que celles de ses voisines, d’un gris obseur un peu fuligineux. Les supérieures possèdent 12 nervures, les inférieures nous en laissent voir 8. La base des quatre ailes, le thorax et l’abdomen sont d’un gris roussâtre, et certaines fois d’un gris obscur. 8Les franges sont un peu plus foncées que les ailes. Celles-ci sont en dessous, semblables au dessus. Les antennes sont médiocrement longues; les lamelles sont roussâtres et finissent en pointe aiguë à l’extrémité de la hampe qui est brune. Le thorax est très velu ainsi que l'abdomen ; celui-ci dépasse à peine les ailes inférieures.
La © relativement petite, est d’un jaunâtre clair et maculée irrégulièrement de quelques taches brunes transversales. Les antennes sont invisibles à l’œil nu ; les pattes sont d’une petitesse extrême ; enfin, le corps est recouvert d’un duvet blanchâtre très court.
Le P. Heylaertsi appartient à la Sicile où la découvert M. Luigi Failla Tedaldi, membre de la Société Entomologique italienne, qui l’a rapporté des monts Nébrodes situés à l'Ouest des monts Héréens, dans l’ancienne Sicile, à 1800" d’altitude environ.
La chenille, à son habitat, vit de plantes herbacées.
M. Failla Tedaldi a bien voulu, avec une obligeance extrême, me faire parvenir un certain nombre de ces chenilles arrivées à leur entier développement. Je le prie de recevoir aujourd’hui l'expression de ma vive gratitude.
(1) S'il est permis de comparer la nouvelle venue à ces trois Psyche, on peut affirmer que ses mœurs, la forme et la nature de son fourreau, n'ont rien ou à peu prés rien qui se rapporte à ces espèces.
Je dédie cette nouvelle espèce de Psyche à M. le D’ en médecine Heylaerts, auteur de plusieurs travaux très estimés sur la Lépidoptérologie ; notamment d’une monographie des Psychidae d'Europe.
Cette intéressante Psychide devra trouver place après la Viadrina, Stgr.
ARGYRESTIA WALSINGHAMELLA
Cette nouvelle espèce a l’envergure de sa congénère Semaitestacella, Curt. (12") dont elle a la couleur, mais avec une teinte violette ou lie de vin.
Les ailes supérieures de cette Argyrestia inédite sont allongées, étroites, aiguës à l’apex, d’un ocracé vineux obscur, luisantes, sans dessins, mais saupoudrées de rares atomes bruns. Les ailes inférieures sont uniformément d’un gris un peu vineux. La tête est blanche. Les antennes sont indistinctement annelées de noir. Le thorax est de la couleur des ailes supérieures ; l’abdomen est gris. En dessous les quatre ailes sont d’un ocracé enfumé; les pattés sont d’un gris vineux.
Cette Tinéide vole en hiver, aux environs de Cannes, dès la fin de janvier, jusqu’en mars. Pendant le jour elle se tient au repos parmi les buissons de Juniperus Oxycedrus aux dépens duquel doit vivre la chenille.
C’est à lord Walsingham que revient l'honneur de cette découverte. C’est en effet ce savant naturaliste qui, cette année (1881) captura cette jolie Tinéide et m'’indiqua son habitat fort restreint.
L’Argyres. Walsinghamella devra prendre place après Arceuthina, Z. et portera le n° 1612 bus.
Cannes, Avril 1881].
Pierre MIiLLIÈRE.
Fic.
EXPLICATION DES FIGURES
PIX.
Chenille de la Thais Rumina, L.
Chenille de la 7. Potyxena (Nar.Cassandra, Kb.) Chenille dela 7, id. (Var. Polymnia).
Insecte parfait variété Potymnia.
» » » sous-variété,
Ephestia Ragonotella.
Chimabacche Nolchenella.
Chenille de l'Eupithecia Veratraria, HS.
» » » (variété).
Insecte parfait ©.
Eupithecia Fenestrata.
Chenille de la Gnophos Serotinaria, Hb.
Gelechia Rumicivorella.
Depressaria Peucedanella.
» » Var. ÆEsterella.
Chenilledu Psyche Heylaerlsii.
Insecte parfait æ.
id. ITR
Fourreau.
Guenea Pandorella.
Aristolochia Pistolochia, L.
Arislolochia Clematilis, L.
Veratrum Album, L. (passé fleur).
ln. "0 r 0 DT +
ANNALES DES SCIENCES NATURELLES DE CANNES, / rE Tade,