‹ LépidoptérologieChapitre 6 sur 25 · DES ENVIRONS DE CANNES (ALPES-MARITIMES · texte numérisé non relu

DES ENVIRONS DE CANNES (ALPES-MARITIMES

Extrail des Annales de la Société Enlomologique de Belgique (Année 1877.)

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MANESTRA IMMUNDA, Ev.—Stgr.—Cat. 1389.

Cannes et son territoire se recommandent aux naturalistes non seulement par la richesse de leur végétation, mais aussi par leur faune entomologique. Le nombre relativement important de lépidoptères nouveaux ainsi que d’autres considérés jusqu’à ce jour comme fort rares, certaines espèces que l’on croyait exclusives soit à l'Espagne, soit à la Russie, les uns découverts et les autres retrouvés ici, en sont la preuve.

La Mamestra Immunda, Ev., dont les premiers états ne sont nullements connus, rapportée de l’Oural méridional par le D' Eversmann, vient d’être capturée à Cannes même. Cette grande rareté, qui est éncore une nouveauté pour la plupart des lépidoptéristes, ne doit avoir qu’une génération. Sa chenille, que je vais faire connaître, éclot ici au commencement de février, époque où se transforme en chrysalide'sa

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congénère, la Chenopodii, $. V. dont elle partage les habitudes. C’est, en effet, le même arbrisseau, l’Atriplex halimus, dont les rameaux inférieurs traînent à terre et sont souvent submergés par les flots de la mer, c’est, dis-je, cet Atriplex qui nourrit les deux espèces de chenilles à cinq ou six semaines d'intervalle.

Lors de ses première et seconde mues, la chenille de Ham. Immunda est cylindrique, avec le onzième anneau relevé en bosse. Elle est entièrement d’un vert blanchâtre avec la tête petite et concolore. La stigmatale est large, blanche et lavée de rose sur les anneaux du milieu. Contrairement à la plupart des chenilles de Noctuides, celle-là possède, dès le premier âge, ses huit pattes membraneuses très développées. Parvenue à toute sa grosseur vers la fin de mars ou les premiers jours d'avril, l’Zmmunda est médiocrement allongée, pleine, avec la tète petite et le 11° segment sensiblement relevé en bosse. Elle est d’un vert très clair tirant un peu sur le bleuâtre ; les lignes vasculaire et sous-dorsale sont fines, continues et d’un vert foncé. La stigmatale est large, continue, blanchâtre, lavée de jaune et teintée de rose sur chacun des anneaux du milieu. La tête est concolore, avec les ocelles largement entourés d’ochreux vif. Les seize pattes sont concolores et teintées de rose extérieurement. Les stigmates sont fort petits et doublement cerclés de noir.

Cette chenille varie en argileux obscur présentant les lignes vasculaire et sous-dorsale brunes. Elle vit à découvert, mais arrivée à sa troisième mue, elle descend pendant le jour au pied de l’'Atriplex.

La Mam. Immunda est délicate mais elle s'élève assez facilement ; elle s’enterre pour se chysalider. Le papillon éclot en juin.

L’insecte parfait, qui mesure 45 à 47 mill. est d’un gris

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argileux luisant, uniforme ; les lignes transversales ordinaires sont fines, noirâtres, dentées, partant de la costale pour aboutir au bord interne. La ligne subterminale en zigzag, plus dentée que les précédentes, est moins vivement écrite ; cependant les taches réniforme, orbiculaire et claviforme sont à peine visibles ; les franges sont concolores. Les ailes inférieures sont d’un sombre enfumé, mais claires à la base ; elles sont traversées par une ligne obscure, mal indiquée ; la frange est large et de couleur argileuse. Les antennes sont filiformes et brunes ; le thorax et l'abdomen sont robustes et fournis de poils courts. En dessous, les ailes sont plus claires qu’en dessus ; le milieu des supérieures est occupé par une large tache obscure, de forme indécise, s'appuyant à la coudée imparfaitement indiquée elle-même. Aux ailes inférieures celte même ligne est beaucoup plus visible qu’en dessus et le point cellulaire est bien marqué.

M. Ch. Oberthur qui possèdela Mam. Immunda, laquelle fait partie de la riche collection de lépidoptères, acquise par lui au D' Boisduval, a bien voulu se défaire en ma faveur de l’un de ses trois exemplaires provenant du D' Eversmann lui même. J’ai pu comparer mon insecte à cette Zmmunda type. La race de notre pays diffère par sa teinte claire de l’Zmmunda de Russie. M. Staudinger, étant devenu possesseur de la grande collection de feu Lederer, contenant quelques unes de ces rares Mamestra de Russie, j’ai soumis à ce docteur expérimenté mon Zmmunda de Cannes : M. Staudinger a eu d’abord quelque peine à la reconnaître, tant mon insecte diffère de ceux d’Eversmann, cependant notre collègue m'a affirmé ne voir dans les Zmmunda de France qu’une variété claire de celles de l’Oural. (1)

(1) Parmi les derniers sujets qui me sont éelos cette année, plusieurs se sont montrés de couleur sombre et paraissent assez voisins de l'munda type.

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Cette race ou variété constante sera ainsi désignée : Mamestra Immunda, Evm. Var. Halimu.

BOARMIA SUBFLAVARIA, Mill. Cat. des Lép. des Alpes-Marit. p. 404.

La chenille éclot en automne, passe l’hiver sous son état de larve et atteint toute sa grosseur vers le milieu de mars. C’est toutefois ce que j’ai observé chez moi, à Cannes, en élevant une ponte de cette intéressante Boarmia. La chenille se comporte-t-elle ainsi à son habitat ordinaire, dont la hauteur dans nos Alpes-Maritimes est de 1,400 à 1,500 mètres À La chose est douteuse, car à cette époque de l’année, plantes et chenilles sont peut-être encore sous la dernière neige.

Parvenue à son entier développement, la Subflavaria est cylindrique, atténuée antérieurement, avec dix pattes. La tête est petite, concolore et aplatie en avant. Le fond est d’un argileux clair, lavé de verdâtre sur les premiers et les derniers anneaux ; les lignes ordinaires sont, sauf la stigmatale, bien indiquées ; la vasculaire et les deux sous-dorsales se montrent assez larges, continues et brunes. La ligne stigmatale est à peine visible, bien que large et claire. On voit sur les anneaux du milieu une tache rectangulaire blanchâtre qui lie la première paire de trapézoïdaux ; les stigmates sont blancs. Il existe sur le ventre, du 6° au 9° segment, une large ligne blanchâtre et continue. Cette chenille doit vivre exclusivement sur les Genista. Elle a beaucoup de rapports avec la Rhomboidaria, dont elle a ce caractère important : les caroncules latérales du 5° anneau. Les autres caroncules, observées d’abord sur les 9°, 10° et 11° anneaux, semblent disparaître chez la chenille parvenue à son entière grosseur.

L’insecte parfait est très voisin de la Perversaria, Bdv.,

mais il est ordinairement plus grand ; son envergure porte 42 à 44m. La Subflavaria a le fond des quatre ailes d’un blond argileux et non brunâtre, comme chez la Perversaria. Les lignes transversales, qui rappellent assez celles des espèces congénères Rhomboidaria et Perversaria, sont mal écrites et le sablé obscur qui recouvre l’insecte est fin et peu serré. Cette espèce, qui a peut-être deux éclosions, est commune dans la vallée de Thorenc (1) ; mais plutôt au pic de l’Aigle et à Castellas que dans la vallée même. Elle ne commence à se montrer qu’à la hauteur de 1,500 mètres environ.

GRAPHOLITHA OXYCEDRANA, Mill. Cat. des Alpes- Marit., p. 286.— De Peyer. Pet. Nouv. Entom., n° 164 (15 janvier 1877.)

Deux chenilles de Microlépidoptères qui ont des mœurs identiques, vivent, aux environs de Cannes, à la même époque, aux dépens des baies du Juniperus oæycedrus. De plus, ces larves se ressemblent tellement qu'il faut une très grande attention pour ne pas les confondre. Cependant elles appartiennent à deux genres bien différents l’un de l’autre. La chenille de l’un de ces Micro, celle qui nous occupe, produit la Graph. Oxycedrana, et celle de l’autre donne la Gelechia Oxycedrella : Icon. I, p. 177, pl. 118, fig. 1 à 6.

Voici la description de la chenille de la Grapholita :

Elle est assez courte, un peu aplatie, d’un blanc d’os mat, faiblement rosée sur les derniers segments et sans lignes. La tête est rousse ainsi que la plaque du cou ; cette plaque est très étroite. Les seize pattes sont concolores.

(1) Vallée haute et d'une grande étendue, située au centre des Alpes- Maritimes, où nul entomologiste peut-être n'a pénétré avant moi,

Ce qui distingue la chenille de la Gelechia Oxycedrella, c’est la présence d’une ligne vasculaire imparfaitement indiquée, et celle de deux points bruns placés au bord de la plaque. Elle est aussi moins allongée et moins vive que la Gelechia. L’Oxycedrana vit en hiver et atteint toute sa taille à la fin de février. Elle abandonne alors la baie du genévrier pour se transformer dans les détritus tombés à terre (fig. 12).

L’insecte parfait, qui n’a qu'une génération, se montre pendant un mois, du 15 juin au 15 juillet. Bien que confondu d’abord avec ma Jumiperana, il en est, jugé comrparativement, fort distinct.

Notre collègue, M. de Peyerimhoff, en a donné une description exacte ; je ne puis mieux faire que de la rappeler.

« 9-11 mill. Sup. gris brun noirâtre. Une large bande transverse gris blanchâtre, oblique et antémédiane à la côte, verticale et médiane au bord interne, divisée par une ligne à peine plus foncée et souvent nulle, enfin nette et claire en dedans, fondue également en dehors, avec une bande transverse mince ; une,anguleuse et noirâtre, faisant partie du fond. Tout le tiers marginal de l’aile grisâtre (à la loupe) couvert d’écailles régulières blanchâtres sur fond noirâtre. Écusson mal limité, très grand, 3-4, strié de noir intense et bordé de deux larges lignes peu régulières, violâtre, métallique. Stries costales simples, blanchâtres. Liseré marginal noir, intact sous l’apex. »

GRAPHOLITHA OPULENTANA, Mill. Catal. des Lép. des Alpes-Marit., p. 287.

Pendant la plus grande partie de l’année on peut trouver la chenille, aux environs de Cannes, sur les collines boisées, et plutôt aux expositions fraiches que partout ailleurs, sur les

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Juniperus oxycedrus malades ou en train de le devenir. Cette petite larve vit dans les boursoufflures des branches, cachée sous l’écorce, rongeant en paix l’aubier et, par là, agrandissant la blessure faite à l’arbrisseau, d’où s’écoule, sous forme de gouttelettes, la gomme-résine qui, en s’échappant, épuise la branche et la fait promptement mourrir (1).

La petite chenille a seize pattes ; elle est légèrement aplatie, d’un blanc jaunâtre, avec la tête, et la plaque du cou très étroite, d’un rouge obscur. Les lignes ordinaires sont brunes, fines et continues, les pattes écailleuses sont jaunâtres, avec le dernier article brun. La transformation a toujours lieu sur l’arbrisseau, sous l'écorce, au centre d’une petite coque formée de soie et d’excréments desséchés de la chenille.

L’insecte parfait tient de ses congénères par la coupe d'ailes et les dessins, et de la Carpocapsa Amplana par la couleur ; cependant on ne saurait le confondre, car en réalité il ne ressemble à aucun lépidoptère connu.

Envergure : 5 mill.—Les quatre ailes sont larges et bien développées ; les supérieures sont relativement courtes, d’un fauve vif, avec les lignes très accusées. Celles qui limitent l’espace médian (celui-ci est large dans toute son étendue) sont d’un brun rougeâtre et présentent, la première, un angle vif, la seconde, un coude très arrondi. Cette ligne, dite coudée, se dédouble au milieu de l’aile pour former une sorte de

(1) Je ne crois pas que ce qui forme les boursoufllures de certaines branches du Juniperus, soit le résultat de la piqüre du petit lépidoptère qui nous occupe. Je pense plutôt que l'Opulentana ® ne vient déposer un œuf sur la branche qu'après que celle-ci a déjà été attaquée par un petit diptére dont, d'ailleurs, on rencontre assez souvent la larve avant qu'ait paru la chenille de l’'Opulentana. Je regrette de n'avoir pu encore m'assurer de l'espèce que peut produire cette larve de diptère,

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delta plein, brun rougeâtre, lequel appuie un de ses côlés au bord interne de laile. Cette ligne est accompagnée extérieurement d’un liseré doré qui se prolonge, par en bas, jusqu’à la frange concolore qu’il borde intérieurement dans ses deux tiers. Les ailes inférieures sont entièrement d’un brun rougeâtre uni. En dessous les quaire ailes sont brunes et luisantes. Les antennes, la tête et le thorax sont de la couleur des premières ailes.

La © d’Opulentana, bien que plus petite et beaucoup plus sombre que le” (quelques femelles sont presque entièrement d’un brun noir), nous montre, aux antérieures, les diverses lignes transversales qui caractérisent le mâle. Cependant, sur ce fond obscur des ailes supérieures, les lignes et taches métalliques qui devraient, eu égard au fond où elles reposent, avoir plus d’éclat que chez le d, en ont moins et sont comme souillées par l’obscurité générale. Les ailes inférieures seraient complèlement d’un brun noir si ce n’était la frange d’un gris blanchâtre.

Cette charmante espèce a deux éclosions ; la première se montre au mois d'avril et la seconde en été.

FUMEA NUDELLA, Och. (Var. ? Vestalis, Stgr..)

Elle est indiquée dans le grand catalogue de MM. Staudinger et Wocke, n° 866, comme variété ? Vestalis ; Pectinella, Hb. Vog. et Schm. 27 (1793) (minor tota albida).

Est-ce une simple aberration ? J’inclinerais à voir plutôt en elle une espèce indépendante. Sur ce point, on ne saura bien à quoi s’en tenir qu'après avoir étudié la chenille et le fourreau demeurés inconnus jusqu’à ce jour.

Celte jolie Fumea n'a point encore été figurée ; en attendant de connaître la ©, sa chenille et son fourreau, on me

saura gré, je pense, de faire représenter aujourd’hui la Vestalis qui tranche si bien avec toutes les espèces du même genre, par la couleur blanc mat de ses quatre ailes. Les deux mots « fota albida », en parlant de la Fumea Vestalis, ne sont pas exactement appliqués, puisque cette Psychide a la tête, les antennes et le corps d’un noir fuligineux. Les pattes sont grises,

La Fumea, Var.? Vestalis, n’a été observée jusqu’à ce jour qu’en Russie et en Hongrie.

FUMEA SUBFLAVELLA, Mill. Catal. des Lépidoptères des Alpes-Maritimes, p. 309.

La chenille a quelques rapports avec la Roboricolella Brd. et la Comitella Brd. Elle s’éloigne de la première par le fond jaune clair des trois premiers anneaux, et par les bandes testacées de ces mêmes anneaux. Elle se distingue de la seconde par sa couleur grisâtre, du 4° au 12° segment, et par l’absence de points noirs sur les premiers anneaux. La Subflavella est donc antérieurement d’un jaune pâle, et postérieurement d’un vineux obscur. Les trois premiers segments sont cornés, luisants et marqués d’une bande testacée, largement interrompue. Le 12° anneau porte aussi un écusson testacé, mais il est fort petit.

Cette chenille hiverne, fixée soit à un mur, soit à un tronc d'arbre. Dès le mois de mars, elle sort de son engourdissement, se remet à manger, et ne parvient à son entier développement qu'à la fin d'avril, époque où elle se fixe définitivement à un corps solide pour opérer ses dernières transformations.

Le fourreau est recouvert de petites pailles coupées irrégulièrement,

L’éclosion de l’insecte parfait a lieu au commencement de juin et se poursuit pendant quinze ou vingt jours.

L’insecte parfait # tient de Roboricolella pour la taille et de Comitella pour la couleur, mais il est plus pâle et tire sur le blond. Les ailes de Subflavella sont médiocrement allon- . gées : 12 mil., arrondies au bord externe, d’un fuligineux clair, et souvent roussâtre : couleur non due à la vétusté de l’insecte, puisqu'il la possède dès lo jour de son éclosion. La tête est fort petite ; cependant les antennes me semblent plus développées que chez les autres Fumea, ses voisines. Les antennes, la tête et le corps ont la couleur blonde des quatre ailes.

La © ne paraît se distinguer en rien des Roboricolella et Comitella. Pourtant si la chenille et le de Subflavella diffèrent des espèces congénères précitées, il est à supposer que la © s’en éloigne par certains caractères réels, mais difficiles à saisir.

Ainsi que plusieurs autres Psychides du même groupe, la Subflavella ?, quelques heures après son éclosion, sort de son fourreau et s’y cramponne inférieurement. L’acte copulatif a bientôt lieu, après quoi cet insecte pond dans son fourreau, se laisse ensuite tomber et meurt immédiatement.

Cette nouvelle Fumea vole dans mon voisinage à Cannes. Cependant les fourreaux m’ont paru fort abondants à San- Remo, où, à la fin d'avril, on les voit appendus aux vieilles murailles. J’ai encore observé l’espèce à Bordighera, Menton et Monaco.

EPICHNOPTERYX MENTONELLA, Mill. (Spec. nova.)

Envergure : 9 mill.— Elle ressemble à sa voisine Pulla, mais elle est sensiblement plus grande que cette dernière ; elle en diffère par les ailes supérieures moins aiguës à l’apex,

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par l’épaisseur des antennes et l'intensité de la couleur fuligineuse.

L’Epich. Mentonella est entièrement d’un noir profond en dessus et en dessous, avec les ailes grandes, bien développées et faiblement aiguës à l'extrémité des supérieures. Elle a été capturée pendant les premiers jours d'avril 1875, aux environs de Menton (Alpes-Maritimes) par notre nouveau collègue de la Société Entomologique de France, M. Adrien Finot, qui a bien voulu me Poffrir.

Il est regrettable qu’on ne connaisse ni la © ni le fourreau de cette Psychide, qui n’est peut-être qu’une variété de très grande taille de l'Æpich. Pulla.

EUPITHECIA MNEMOSYNATA, Mill. Catal. des Lépidoptères des Alpes-Maritinies, p. 409.

L'année dernière (1876), vers la mi-octobre, une Mnemosynata ® fut prise à mon réflecteur ; elle pondit une quinzaine d'œufs fécondés, lesquels sont éclos huit jours après. La jeune cheniile est restée jusqu’au 12 novembre d’un blanc mat, avec la tête d’un noir de jais. Parvenue à sa taille à la fin de décembre, elle est assez allongée, tout à fait cylindrique, de couleur argileuse, ou verte, et laisse voir sur chaque segment du milieu, en dessus et en dessous, un dessin brun en forme de croix nettement indiqué. Les flancs sont marqués, du quatrième au neuvième anneau, d’un gros point blanchâtre. La tête est petite, globuleuse, d’un verdâtre indécis et jaspée de brun ; les dix pattes sont concolores.

Cette chenille rappelle un peu, pour la forme, celle de la Provinciata, de Peyer. et Mill. (Icon., pl. 150, fig. 5), et celle de la Phœniceata, Rb. (Ic., p. 110, fig. G). Ce qui distingue la Mnemosynata de ces deux chenilles est, indépen-

damment de sa grande taille, son aspect luisant, sa couleur moins obscure que Provinciata, le plus souvent verte ; nulle carène latérale, mais surtout absence de la ligne blanche ventrale, laquelle existe toujours vive et continue chez les deux espèces voisines.

Dans la nature Mnemosynata doit vivre aux environs de Cannes, sur les Juniperus ou les Cupressus (1); ce qui me le fait penser, est l’éclosion d’un sujet de cette belle Eupithécie, obtenu, l’automne dernier, par de jeunes entomologistes qui ont élevé la chenille après lavoir rencontrée accidentellement sur l’un de ces deux arbrisseaux. Au reste, c’est avec la fleur du Juniperus oæycedrus que j’ai nourri mes chenilles de Mnemosynata, qui réussirent toutes à se transformer.

L’insecte parfait a une envergure de 22 mill. Le fond des quatre ailes est d’un gris carné. Les lignes ordinaires transversales sont des mieux écrites, surtout la première de l’espace médian, qui est d’un noir profond et continu, et qui présente un coude très aigu à la pointe duquel la tache cellulaire grosse et noire se trouve comme enserrée. La ligne dite coudée se montre large, un peu plus claire que le fond, et présente également un coude aigu ; cette ligne est liserée de noir de chaque côté. L'espace médian est, à la hauteur du point cellulaire, occupé par un dessin rectangulaire bidenté extérieurement et très noir. Les ailes inférieures présentent trois lignes qui sont indiquées à partir du bord interne jusqu’à

(1). A la fin de mars de cette année (1877) j'ai pu m'assurer que la chenille de Mnemosynata vit sur les cyprès de mon voisinage, à Cannes, car À cette époque je faisais tomber de ces conifères plusieurs chenilles d'Ewpithecia qui étaient identiques à celles que j'ai obtenues ab ovo en octobre 1876, Aujourd'hui, 14 août, pas une des chrysalides, qui sont toutes en parfait état, n’est éclose, Selon toute probabilité, mes Mnemosynata ne paraîtront qu'en septembre. d

la hauteur du point cellulaire ; celui-ci est petit et noir. La tête et le vertex sont concolores ; l'abdomen est gris et cerclé de noir sur le troisième segment. Les ailes sont grises en dessous. La tache cellulaire est ici grande, noire et très visible aux quatre ailes.

La © ressemble au æ.

Cette nouvelle Eupithécie vole dans le jardin des Phalènes, à Cannes, vers la fin de septembre et le commencement d'octobre.

Cannes, Mars 1877.

Obs. De nouvelles éducations de lÆupith. Mnemosynata m'ont prouvé que la chenille vit exclusivement sur les

Cupressus indigènes, et que l’insecte qui éclot en automne n’a qu'une génération.

P. MiLLiÈRe.

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. Insecte parfait ?.

. Fumea Nudella, Och. (Var. ? Vestalis, Stgr.) . Chenille de la Fumea Subflavella, Mill., traînant son

EXPLICATION DES FIGURES

Chenille de la Mamestra Immunda, Evm.

— — — jeune.

. Insecte parfait.

. Chenille de la Boarmia Subflavaria, Mill.

. Insecte parfait ®.

. Chenille de la Grapholitha Oxycedrana, Mill., aban-

donnant, pour se transformer, un fruit du Juniperus oxycedrus, qui l’a nourrie.

. Insecte parfait.

. Chenille de la Grapholitha Opulentana, Mill.

— — rongeant l’aubier d’une branche de Juniperus oxycedrus.

fourreau.

. Insecte parfait ©.

— — © entrain de pondre.

. Epichnopteryx Mentonella, Mill.

. Chenille de l’Zwpithecia Mnemosynata, Mill.

— vue de dos.

. Insecte parfait ©.

Branche de Juniperus oxycedrus.

Rameau de Genista scoparia.

— d'Afriplex halimus.

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