PAR M. P. MILLIÈRE
Lauréat de la Sorbonne (Médaille d'Or).
Mémoire présenté à la Séance du 22 Mai 1878.
J’ai dit dans un précédent article que le département des . Alpes-Maritimes paraissait être, ce qu’il est en effet, le plus riche de France au point de vue des sciences naturelles, mais plus particulièrement, peut-être, en ce qui concerne Ja botanique et l’entomologie. Cela tient, sans doute, aux éléments si divers, si opposés qui constituent ce département privilégié. Ce sont : le littoral, les petites et moyennes altitudes, les grandes et iles très hautes montagnes dont les sommets, chez ces dernières toutelois, demeurent indéfiniment neigeux.
Il ne paraïtra surprenant à personne qu’en de telles conditions, plantes et insectes du Midi, du centre et du nord de la France, ainsi que des diverses zônes des Alpes suisses et françaises se rencontrent, se coudoient quelquefois. C’est ainsi qu'en 1872, j’observais dans les Alpes provencales, à une grande élévation, 1,800 mètres, je crois, des insectes des bords de la mer Méditerranée, en même temps que d’autres appartenant aux Alpes de la Suisse.
Pendant l’été de 1877, il a été capturé dans notre région deux lépidoptères dont, jusqu’à ce jour, l'habitat semblait être réservé au centre et au nord de la France : l’Aventia Fluctuata, Schiff. et l’Epichnopteryx Tarnierella, Brd., lépidoptères dont je ferai connaître les premiers états et les mœurs dans le cours de ce récit.
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AVENTIA FLEXULA, Schiff.—Strg.— FLEXULARIA, Hb.—Tr.—Frey.—Dup.—Berce.
— EMARGINATA, Hufn.
(P1. 3, fig. 1 à 3.)
Tous les entomologistes français qui ont mentionné ce lépidoptère, l’ont considéré comme une Phalénite ; d’autres se sont abstenu d’en parler, ne sachant peut-être où le placer au juste.
Je viens à mon tour entretenir les lépidoptérologues de ce curieux insecte et de ses premières formes à peu près ignorées jusqu’à ce jour. J’ose espérer que la question sera enfin définitivement éclaircie.
L’Aventia Fleæula est une véritable Noctuide, car elle a seize pattes bien visibles ; elle est de plus aplatie en-dessous et garnie sur les côtés et à l'extrémité des pattes membraneuses et anales de « petits appendices furfuracés, » (1) ce qui lui donne un faux air de Catocala, avant ou après lesquelles ce lépidoptère devra désormais prendre place.
Si les naturalistes d'Allemagne, Hubner (Larv. Lepid. V, Geom. I) et Freyer (Tab. XXXV, n° 1) ont fait de la Flexula une Géomètride, et s'ils ont représenté la chenille avec dix pattes, (2) plusieurs entomologistes de cette nation ont dû considérer l’Aventia Flexula comme une Noctuelle ; cependant aucun de ces derniers auteurs ne l’a figurée, que je sache du moins.
Voici ce que j'ai appris de cette espèce, dont l’insecte parfait semble si étrange jugé comparativement à sa chenille.
(1) Guenée, VII, p. 80.
(2) Ce qui a lieu de suprendre, car on sait avec quel soin ces deux consciencieux iconographes ont étudié ce qu'ils ont publié.
Celle-ci est médiocrement allongée, un peu aplatie endessous, avec la tête disposée en biseau et relativement grosse. Le 12° anneau présente une légère éminence qui précède le clapet anal, lequel est assez mal formé. Elle a seize pattes bien apparentes, mais les quatre premières ventrales sont plus courtes que les suivantes. Celles-là, très rétractiles, m'ont paru, au repos de la chenille, moins embrasser la branche que les autres pattes ; elles sont, de fait, moins visibles que ces dernières ; circonstance qui peut expliquer que les deux naturalistes allemands précédemment cités, n’ont vu, chez l’Aventia, que 4 pattes membraneuses, au lieu de 8 qu’elle possède en réalité.
L’aspect de cette chenille rappelle entièrement, pour la couleur, les plantes cryptogamiques sur lesquelles elle demeure sans cesse, et dont elle fait son unique nourriture. (1)
A la fin de l’été 1876, j'ai pu recueillir un assez bon nombre de ces précieuses chenilles, lesquelles avaient alors subi leur seconde mue. Leur croissance a cessé en automne ; dès lors elles n’ont plus mangé jusqu'aux premiers beaux jours de l’année suivante. Pendant ce long jeûne, mes chenilles, élevées en plein air, ont maigri sensiblement.
Cette Aventia traverse donc la saison froide ; ce qu’on ignorait.
C’est à la fin de mai ou les premiers jours de juin que cette larve, après avoir passé l’hiver, atteint toute sa grosseur ; elle se transforme alors au pied de l’arbre où elle a vécu.
(1) Au dernier instant me parvient de Dombresson (Neuchâtel), de la part de M. de Rougemont, neveu de notre honorable collègue de la Société Entomologique de France, M. de Mimont, ce renseignement intéressant :
« Les chenilles de Zlemularia mangent l'écorce même et une espèce de fard (cryptogame microscopique sans doute), qui croît sur certaines branches de sapin, tandis que les chenilles de Zichenaria ne mangent que du lichen, »
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La chrysalide est cylindrico-conique, relativement allongée, entièrement noire, avec la pointe abdominale se terminant en un double crochet très fin.
L’Aventia Fleæula appartient aux régions sub-alpines du département des Alpes-Maritimes ; j’en juge d’après un sujet, en assez mauvais état, ilest vrai, mais très reconnaissable, qui a été rapporté l’année dernière (1877) de la vallée de la Vésubie où il à été capturé à la fin de juillet. Cependant ce n’est point là que j’ai pu observer la chenille de Fleæula.
On dit l’insecte parfait « rare partout. » Cela n’est pas; il s’agit seulement de chercher et de trouver son véritable habitat. Je crois qu’en France, ce sont les bois humides du Nord qui me paraissent être la vraie patrie de cette précieuse Noctuide. C’est, dans le parc très grand, très ombragé de M. Delespaul, situé à Allennes-les-Marais, près de Lille (Nord), que, dès la fin d’août 1876, (1) j’ai pu étudier la chenille avec soin.
Au commencement de juin, trois semaines après sa lransformation en chrysalide, vole, dans les régions plutôt humides que froides, l’insecte parfait connu aujourd’hui de la plupart des lépidoptéristes, et pour lequel un genre nouveau, devenu nécessaire, à été formé : genus Aventia, Dup.
PHIBALAPTERYX LAPIDATA, Hb.—Gn.—Stgr.Berce.
(PI. 3, fig. 4à 6.)
Il s’est produit à l'égard de cet insecte une erreur qui serait
fort regrettable, si elle ne pouvait être réparée, En effet, sur
(1) Depuis cette époque, il m'a été envoyé à Cannes, par mon collègue et obligeant ami, M. de Mimont père, cinq chenilles de l'A. Fleæula provenant de son parc à Fontenay-Trésigny (Seine-et-Marne), où l'espèce ne paraît point rare sur les branches moussues des grands pins et sapins, qui y forment par leur nombre une véritable forêt,
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un renseignement fourni par moi-même, M. Berce, dans son T. V, p. 430, dit que la chenille de ZLapidata vit sur le chêne-vert ; il ajoute : et probablement sur d’autres arbres et arbrisseaux, car elle habite aussi le nord de l’Europe. Je viens de m’assurer que la véritable nourriture de cette larve est la clématite des haies (Clematis vitalba). Ce qui a dû causer mon erreur peut s'expliquer ainsi : En battant des branches de chêne-vert dans un parasol renversé, je ne remarquai sans doute pas des-tiges de clématite qui étaient fixées aux branches de chêne.
Depuis lors ayant retrouvé plusieurs exemplaires de cette Arpenteuse sur les Clematis vitalba et flammula, je les ai élevées avec grand soin, et l’éclosion des chrysalides a eu lieu en temps ordinaire ; vers les premiers jours de novembre, entre neuf et dix heures du matin.
Les œufs de Lapidata qui n’éclosent que quatre grands mois après qu’ils ont été pondus : c’est-à-dire dans les premiers jours de mars, sont elliptiques, légèrement comprimés et jaunâtres.
La chenille grossit lentement et ne parvient à son entier développement qu'à la fin d'avril, après avoir vécu à découvert jusqu’à sa transformation, époque où elle descend de la plante qui l’a nourrie, se cache sous une légère couche de terre, et se métamorphose promptement.
Aux premières époques de sa vie, la chenille semble plas allongée, plus vive qu’elle le sera vers la fin de sa 2*° forme.
Jusque vers le milieu d’avril, la croissance de Lapidata est très lente, mais il n’en est pas ainsi aux derniers jours de ce mois. Parvenue à tout son développement, cette chenille est médiocrement allongée, cylindrique, d’un carné obseur,et rayée sur la région dorsale et sur les côtés de cinq lignes fines, continues et verdâtres. La dorsale ou vasculaire est plus
obscure que les autres lignes. Le ventre est marqué sur chaque incision d’un trait brun, la tête est petite et les lignes du corps y sont reproduites, mais imparfaitement. Les stigmates sont grands, circulaires et noirs ; les points pilifères sont petits et noirs.
La chrysalide, disposée dans une légère coque formée de terre et de soie, est assez courte, obtuse, d’un brun rougeâtre, avec la spire terminée par une fine pointe bifide.
L’insecte parfait mâle est généralement plus petit que la femelle, aux environs de Cannes toutefois. Il est aussi plus coloré en vineux, avec cinq ou six lignes brunes et transversales sur les quatre ailes où ces lignes sont également mieux indiquées que chez l’autre sexe.
Cette espèce qui est toujours rare dans les quelques localités où elle a été observée en Europe, ne se montre ici, ni dans la plaine, ni sur les hauteurs voisines où je l’ai cherchée obstinément. Elle préfère, semble-t-il, les lieux boisés des petites collines, les ravins exposés au Sud-Est. On la prend quelques fois au réflecteur pendant les nuits chaudes, obscures et pluvieuses de l’arrière-automne. Son apparition dans mon jardin précède de vingt-cinq à trente jours celle du Bombyx Canensis, et de trente à trente-cinq jours celle de la Depressaria Decemberella. Ce sont les derniers lépidoptères de l’année qui se montrent dans le voisinage des Phalènes à Cannes.
Obs. — La Phibal. Lapidata a un peu le vol lourd, incertain, et l’aspect assez obscur de la plupart des /Zybernia, genre nombreux qui paraît manquer absolument sur le littoral des Alpes-Maritimes.
Il est un fait qui caractérise l’espèce ; c’est sa grande fécondité. En effet, plusieurs sujets dont l’acte copulatif a eu lieu en captivité ont fourni, chaque , de 325 à 350 œufs.
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EUXESTIS DENTULA (?) Led. Hor. 1869, T. V.
—Stgr. p. 51. (Pl9S, He 07)
Voici une espèce de chenille qui a tout-à-fait les mœurs des Lithosidae ; des Nola plus particulièrement, mais qui n’est point une Vola propre, puisqu'elle a 16 pattes et que les MNola n'en ont que 14. Ce serait avec raison que la Dentula dût précéder ce genre, puisque, en réalité, ma chenille a tout l'aspect et les habitudes des larves des Mola sans toutefois partager leur manière de se transformer en chrysalide.
Je figure une larve que je suppose être celle de Dentula, bien que je ne sache point encore, je l'avoue, quel lépidoptère elle devra produire ; les chrysalides n'étant pas encore écloses ; cependant leur état léthargique dure depuis bientôt dix mois.
Un sommeil prolongé peut, ainsi qu'il arrive souvent chez la Nola Tymula, durer près de deux ans...
Cette chenille rencontrée en août dans l’Estérel, sur le Phillyrea angustifolia, vit uniquement du lichen qui croît sur cet arbuste; voici sa description : Elle est de forme obtuse, un peu aplatie en dessous, recouverte de nombreux poils courts, raides, d’un gris foncé et implantés sur de nombreux points verruqueux noirs relativement gros. La ligne vasculaire n’est indiquée que par une tache rectangulaire brune occupant le milieu de chacun des anneaux, du 3°° au 10% inclusivement. La sous-dorsale et la stigmatale sont marquées par un trait noir interrompu, mais large et continu sur les trois premiers, le 10" et le 11" segments. La tête est petite, rectangulaire et présente deux couleurs : la base est verdâtre, mais le sommet est noir et luisant. Les 16 pattes
met sont courtes et concolores ; les stigmates blancs, cerclés de noir et reposent sur un fond verdâtre.
La chenille au moment de se transformer, ce qui a lieu les premiers jours de septembre, s’entoure de soie blanchâtre, se place sur une branche moussue, la tête en haut, et deux jours après la chrysalide est formée : celle-ci est courte, obtuse, ovalaire, d’un rougeâtre foncé, et semble fixée solidement par la pointe anale.
Si, comme je le suppose, je dois voir éclore l'Euxestis Dentula, l'apparition de cette grande rareté des bords de la mer Caspienne, serait une nouvelle preuve de la richesse de notre faune entomologique.
BRYOPHILA GLANDIFERA, S. V. (Var. (?) Liguris.) (PI. 3, fig. 8)
Cette nouvelle aberration de Glandhfera n’est peutêtre pas une simple variété du type, soit en raison de sa grande envergure (33"”), soit à cause de son époque d’apparition : celle du commencement de juillet, alors que Glandifera type, et sa variété Par, Hb. ne se montrent guère sur notre littoral avant les premiers jours d’août. J’ai pris ici, appliquée à un mur, la variété Par, le 16 août, très bien conservée. Que ce soit une espèce séparée, une race particulière, ou une variété climatérique, voici ce qui distingue cette remarquable Bryoplula.
Les ailes supérieures sont moins larges à l'extrémité que chez la Glandifera ordinaire, et sa couleur est généralement plus accusée que chez cette dernière. Le vert des premières ailes est sombre et presque noir au bord costal; les taches ordinaires réniforme et orbiculaire, sur ce fond obscur, ne se distingueraient pas si elles n’étaient arrêtées sur les bords par
un liséré fin et très noir. Les inférieures, festonnées à la frange, sont uniformément obscures. Le thorax et l’abdomen sont d’un vert sombre qui rappelle la couleur des ailes antérieures.
En dessous, les quatre ailes sont obscures el le point cellulaire existe sur chacune d’elles.
M. Staudinger me mande qu’il a reçu de la Dalmatie un sujet identique au mien, mais, ajoute-t-il, « seulement plus petit. »
Je prends à la fin de juin et au commencement de juillet cette Var. (?) Liguris à mon réflecteur à Cannes; c’est, je crois, la plus grande des Bryophila connues.
Je ne sais rien de la chenille qui doit vivre au printemps sur les murs et troncs d’arbres moussus, sur les rochers humides de mon voisinage.
DIANTHOECIA COMPTA (Aberr. Armeriae, Bdv. — Gn., VI, p. 26 — Ster.) (PL. 8, fig. 9.)
Cette Dianthoecie de la Russie méridionale, retrouvée dernièrement à Cannes, prouve une fois encore à quel point notre beau département est riche dans ses produits entomologiques.
C’est à la fin de juin 1877 que, pour la première fois, j'ai capturé cette Diant. Armeriae, dans mon jardin, butinant au crépuscule sur les plantes fleuries. Elle ne doit pas avoir été figurée ; on me saura gré, je pense, de la faire représenter.
Cette remarquable Noctuide est caractérisée par les ailes antérieures qui sont d’un brun noirâtre et traversées au centre par une large bande blanche unie, non interrompue, mais
resserrée aux trois cinquièmes de son étendue. Les taches
ordinaires, comprises dans cet espace d’un blanc mat, se distinguent à peine. Mon insecte, dont le thorax et l’abdomen sont blanchâtres, ue se rapporte pas précisément à la description que donne M. Guenée de l’Armeriae dont, nous dit ce savant, « le fond de l'aile est d’un cendré jaunâtre clair uni sans aucune ligne noire. » Je reconnais cependant un caractère qui est partagé par l’Armeriae et par ma Dianthoecia : « Le point anal y forme une liture blanche terminale. » Gn.
DIANTHOECIA LUTEOCINOTA, Rb.
(PL. 3, fig. 10.)
M. Staudinger et moi rapportons avec doute cette variété à la très rare Diant. Luteocincta de Rambur. Elle s’éloigne en effet du type par sa petitesse relative, la brièveté de ses ailes, sa teinte obscure et la faible quantité de jaune répandu sur les supérieures.
Précédemment, la Luteocincta n'avait été observée, en France, que dans le Lyonnais et aux environs de Montpellier, et cela toujours à de longs intervalles. Par sa présence sur le littoral méditerranéen, cette Dianthoecie, dont les premiers états ne sont toujours pas connus, fera désormais partie de la faune lépidoptérologique des Alpes-Maritimes.
C’est encore dans le jardin des Phalènes que, pendant une nuit chaude de la fin de juin 1877, cette précieuse Noctuide a été capturée au réflecteur.
Obs. — Dans le grand catalogue des docteurs Staudinger et Wocke, la Luteocincta, considérée comme variété de la Diant. Filigrama des auteurs, est ainsi sommairement décrite, p. 93 : dilutior, albido nigroque varia, luteo valde mixta (fasciata). Kt, dans le même Catalogue, sont
rapportées comme variétés de Filigrama, les Dianthoecia Polymita, S. V. (forma obscure brunnea) et Xanthocyanea, Hb. obscure grisescens, leviler flavo-mixta).
PSYCHE APIFORMIS, Rossi (Var. Melasoma, Stgr.) — Siculella, Bdv. — Brd. — Bellier de la Chavignerie. (PI. 4, fig. 1 et 3)
J’ai figuré (Ie. IL, pl. 122) le type provenant des environs de Naples. Depuis cette époque, j’ai retrouvé abondamment cette jolie Psychide sur les rochers de grès qui servent d’assise à la petite ville de Bordighera (Italie) non loin de la frontière française. Et, depuis trois ans, l’Apiformis, à ma grande surprise, paraît acclimatée dans mon jardin à Cannes, après s'être établie sur un gazon disposé en pente à l’exposition méridionale. Ce gazon qui n’est jamais tondu est formé en presque totalité d’une plante exotique, originaire du Caucase, le Cerastium tomentosum, ce gazon, dis-je, semble très bien convenir à la chenille de cette Psychide, qui passe l'hiver fixée près des racines. Dans de telles conditions, l’Apiforme n’abandonne le lieu où elle a vécu, que pour se transformer, ce qui a lieu à la fin de mars, soit contre les murs d'une terrasse voisine où elle va fixer définitivement son fourreau, soit aux feuilles charnues d'un gros Agave americana silué non loin de là.
Après avoir recueilli quelques # au moment de l’éclosion, qui a toujours lieu dans la matinée, j'ai pu m’assurer que la moitié environ de ces représentait la Var. Melasoma, et l’autre moitié l’Apiformis type. Cette variété constante, qui n'avait jamais été figurée, se distingue par l'abdomen qui, au lieu d’être d’un roux vif, est entièrement d’un noir intense. Chez cette race le thorax et la base des ailes sont roux.
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M. Bellier de la Chavignerie nous a dit (Ann. Soc. Ent.
de France 1860, p. 69) avoir capturé l’Api/ormis aux envi-
rons de Palerme, ainsi que la Var. constante Siculella, variété que le docteur Staudinger rapporte à sa Melasoma.
Maintenant cette aberration observée en Sicile est-elle réellement la Melasoma Ster. ?
Je n’ai point vu la Siculella de la collection du docteur Boisduval, mais, en tout cas, cette variété décrite et représentée dans la Monographie des Psychides de Bruand, p. 60, fig. 36, a bien peu de rapports avec la Melasoma puisqu'elle a le thorax et l'abdomen entièrement noirs ou d’un gris brun.
Pour bien faire connaître la chenille de l’Apiformis, j'en donne une nouvelle figure représentant cette larve placée hors de son fourreau.
Selon toute apparence, la chenille mettrait deux ans pour achever son entier développement ; ce qui semble le prouver, est de voir, soit à Bordighera, soit à Cannes, du 15 au 30 avril, de très petits fourreaux d’Apiforme traînés, chacun, par une jeune chenille.
J’ai raconté dans mon Catalogue raisonné des Lépidoptères des Alpes-Maritimes, p. 301, les mœurs de la chenille qui vit sur plusieurs espèces de plantes herbacées et de végétaux sous-ligneux.
Obs. — Au moment d’envoyer ces lignes à l'impression, J'aperçois, aujourd'hui, 18 mai 1878, sur la pelouse dont j'ai parlé, quelques heures sans doute après leur éclosion, plusieurs chenilles de P. Apiformis déjà munies d’un petit sac en forme de capuchon qu’elles portent sur le dos tout en marchant très vite.
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PSYCHE LORQUINIELLA, Brd. (Var. B.) (PI. 4, fig. 4.)
Cette grande Psyche est-elle une variété de Lorquiniella, Brd, ou de Plumosella Rb.? J'avoue ne pas le savoir au juste, n'ayant vu en nature ni l’une ni l’autre de ces deux Psychides ; j'inclinerais cependant à considérer ma variété comme rappelant plutôt la Lorquimiella que la Plumosella dont l’une ne doit être qu’une aberration de l’autre. Pour ne pas surcharger d’un nom de plus la nomenclature lépidoptérologique, je crois devoir ne pas donner un nom à cette nouvelle variété, d'autant qu’elle n’est peut-être pas constante.
Voici ce que je puis dire de cette aberration : Envergure, 20°". Les quatre ailes sont complétement diaphanes, avec les poils du thorax et de l’abdomen légèrement fuligineux, tandis que chez Lorquiniella les ailes supérieures sont enfumées sur les bords.
Cette variété, que je désignerai par la lettre B, appartient à la Catalogne, d’où je l’ai reçue; elle doit exister en Provence.
Elle semble être l’exagération de sa congénère la P. Malvinella qui possède aussi les quatre ailes diaphanes, avec le thorax et l’abdomen d’un blanc pur. Cette dernière espèce est la plus petite des Psyche proprement dites. Si, maintenant, l’on est tenté de croire que Zorquiniella et Plumosella ne sont que deux variétés de grande taille de la Psyche Albida(an Albivitrella,Vax.? Brd., Monogr.des Psych., p.46) on pourrait tout aussi bien admettre que la P. Malvinella est une aberration, très petit exemplaire, de cette même A/hida laquelle paraît être un trait d’union entre la plus petite : Malvinella et la plus grande du groupe : Lorquiniella.
Il est regrettable qu’on n’ait encore rien appris de certain sur la © et sur la chenille. Bruand, il est vrai, dans sa Tribu
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des Psychides, parle bien, p.46,de la chenille de Lorquiniella, dont « les taches de la tête et des trois premiers anneaux la font ressembler à celle de Graminella ; » mais tout cela est bien vague ; et, d’ailleurs, la figure de cette chenille, N° 25, b, mal dessinée, mal coloriée, semble n’avoir nul caractère d’exactitude.
EULOPHUS VESUBIELLAE, Mill. (Species nova) (PI. 4, fig. 5 à 7.)
Quel que soit, en entomologie, l’ordre d’insectes qu’on étudie, ce qui doit, il me semble, le plus intéresser, est la question des mœurs.
Chaque espèce de l’immense famille des Articulés, possède des habitudes qui lui sont particulières, faciles à observer le plus ordinairement, si, surtout, il s’agit de l’ordre des lépidoptères. La nourriture des chenilles, la transformation et l’éclosion, la dissemblance du vol, d’allures dans les mouvements des espèces (1),toutes ces choses sont toujours,ou presque toujours si ditférentes,qu’il est surprenant,que, jusqu’à ce jour, il ait été si peu tenu compte de ces faits pour la séparation, le rapprochement ou l'éloignement, des unes des autres, de bon nombre d’espèces jugées et classées le plus souvent d’après l’insecte parfait. Si, par exemple, on voulait ne voir dans la Psyche Vesubiella qu'une variété de grande taille de l’une de ses congénères, j’opposerais à cela, non-seulement la différence d’altitude dans l'habitat des deux espèces, motif secondaire je le veux, mais je parlerais du parasitisme, cause bien
(1) Qui n'a observé les divers faits que je signale, pour peu qu'il ne soit occupé d'Entomologie pratique {
autrement sérieuse. En effet, chez cette Psyche Vesubiella nous voyons apparaître, à l'exclusion de tout autre insecte parasite, un Calcidien, un Æulophus, qui a des mœurs singulières que je vais raconter; espérant par là intéresser les entomologistes. Voici donc ce que j’ai observé se rapportant à ce Calcidien voisin de l’Æulophus Flabellatus, Konscolombe.
Après avoir recueilli à la mi-juillet, et cela pendant plusieurs années consécutives, dans nos montagnes des Alpes- Maritimes, à une assez grande hauteur : 1,200 jusqu’à 1,800 mètres environ, un grand nombre de fourreaux de la Psyche Vesubiella, Mill. et, après avoir obtenu, un mois après, les insectes parfaits des deux sexes, je remarquai qu’un bon tiers de ces fourreaux ne me donnaient rien. (1) Ayant ouvert ces derniers, et les voyant remplis de très petites nymphes jugées devoir aprartenir à une espèce d’Hyménoptère, serrées les unes contre les autres, je conservai ces nymphes dans des boîtes séparées et vitrées pendant de longs mois, dans l’attente anxieuse de voir éclore ce mystérieux insecte dont la nature piquait, avec raison, ma curiosité. Enfin, en mai de l’année suivante, neuf mois ! environ après l’éclosion des lépidoptères Vesubiellu, s’est montré un petit Hyménoptère dont voici la description :
Envergure : , 3 1/2 à 4"; ®, 6 à 7°". Corps relativement robuste finissant en pointe aiguë, chez la © surtout dont l’oviducte est très apparent. Tête et thorax gros et d’un noir profond ; abdomen noir brun, lavé de rougeâtre en dessous. Les ailes sont diaphanes, irrisées, sans taches chez les deux
(1) Je fais observer que {owjowrs, à ma connaissance, les parasites de chenilles éclosent avant les papillons.
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sexes. La tête est bien développée : les yeux gros et sphériques; les antennes épaisses, courtes, moniliformes et également noires. Ces antennes, fort remarquables, sont garnies de fines lamelles spatulées, pectiniformes, régulières qui se développent en longueur à mesure qu’elles s’éloignent de leur point d'insertion. Les 6 pattes sont noires; les postérieures sont grandes et munies de fins éperons aux articulations.
La © est d’un tiers plus grande que le +, elle laisse voir un oviducte bien formé. Chez cette © les antennes ne présentent pas les fines lamelles qui caractérisent le, car elles
sont moniliformes et se terminent par un bouton ovale et spatulé.
La nymphe a 8"" de long; elle est relativement large, légèrement cannelée dans le sens de sa longueur et d’un jaunâtre testacé.
EPISEMA GLAUCINA, Esp. (Var. Gruneri, Bdv.) (PL. 4, fig. 8 à 10)
Parmi toutes les Noctuelles connues, il n’en est peut-être pas une qui présente autant de variétés que la Glaucina, Esp. laquelle nous montre cinq races principales, qui toutes, tranchées et constantes, ont reçu un nom. Ce sont les variétés : Tersa, Bdv., Dentimacula, Hb., Æispana, Bdv., Unicolor, Dup. et Gruneri, Bdv. Cette dernière aberration est la plus intéressante des cinq, soit par la couleur blanc de lait des ailes antérieures, du thorax et de l’abdomen, soit parce qu’elle est nouvelle pour la faune entomologique française. (1).
(1) Avant que j'eusse observé la Gruneri à Cannes, elle n'avait été capturée qu'en Sicile et en Espagne.
L’Episema Var. Gruneri ne semble pas très rare sur les terrains à base calcaire, secs et stériles de mon voisinage. En effet, pendant les nuits obscures de la fin septembre, elle se montre de temps en temps au réflecteur, ou fixée, dans les lieux incultes, aux tiges désséchées de bromus.
J’ai pu enfin voir éclore à Cannes les œufs de l’Uricolor et de la Gruneri; ce que, pendant plusieurs années, j’ai vainement tenté à Lyon ; à l’égard, toutefois, de la première de ces variétés.
Les œufs de la Gruneri sont sphériques, cannelés et d’un blanc jaunâtre ; une semaine après qu'ils ont été pondus, ces œufs out bruni et n’ont pas tardé à éclore. Pendant le premier âge, la jeune chenille ronge seulement le parenchyme des graminées ; ce n’est qu'après la seconde mue qu’elle attaque l'épaisseur des feuilles. Elle grossit très lentement en hiver, se cache avec soin pendant le jour dans les tiges d’herbe, et v’arrive à son entier développement qu’à la fin d'avril.
Cette larve rappelle assez, pour la forme, la couleur et la disposition des lignes, la chenille de l’Agrotis Spinifera, Bell. (Ie. Mill. pl. 112, fig. 1) c’est-à-dire qu’elle est cylindrique, de couleur argileuse, sur lequel fond les lignes ordinaires existent larges, blanchâtres et continues. La tête est brune, la plaque du premier anneau est concolore ; on y voit distinetement la continuation des lignes vasculaire et sousdorsales. Les seize pattes sont bien développées et argileuses. Les stigmates sont blancs, très-petits et cerclés de noir. Les trapézoïdans sont bruns et surmontés de poils fins, courts et blonds.
Cette Episème est fort délicate ; ia plupart des chenilles que j'ai élevées sont mortes avant leur quatrième mue, ou mieux pendant cette opération, et pas un des trois sujets qui sont descendus en terre pour se transformer, n’a réussi à se chry-
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salider. Cet accident est assez regrettable puisque n’ayant pas vu éclore l’insecte parfait, érigé en espèce par le docteur Boisduval, il devient assez difficile d'affirmer qu’il y a, ou non, simple variété de l’Ep. Glaucina. Je crois pourtant à une aberration par la raison que, parmi les Gruneri capturées dans les conditions précédemment indiquées, j'ai observé des individus faisant passage, dont les lignes et taches des ailes supérieures se rapprochent assez de celles du type, et plus encore de la Var. Hispana, lout en conservant le même fond blanc de lait.
Obs. — Aux environs de la ville de Lyon, sur les côteaux de Crépieux où l’Episema Glaucina type n'existe pas, mais où, cependant, toutes les variétés, sauf la Gruneri, se montrent fort abondamment à partir de la fin de septembre jusqu’au 15 octobre, en certains lieux à base siliceuse, secs et bien exposés au Sud, où, enfin, j'ai recueilli moi-même, pendant le cours de plusieurs automnes, cinq ou six cents individus au moins de cette E'pisema, il est absolument certain que: je n'ai jamais capturé, ni vu, soit après mes chasses, soit chez mes collègues lyonnais, un seul sujet ressemblant à la Gruneri.
PSYCHE TARNIERELLA, Brd. Monographie des Psy-
chides, p. 79, f. 54. — Æpichnopteryx Turnierella. — Sigr. (huj. generis?) p. 64. — J. M. Heylaerts.
(PI. 4, fig. 11 à 14)
M. le docteur en médecine Heylaerts, de Bréda (Hollande) a bien voulu me faire parvenir plusieurs exemplaires de la chenille de cette précieuse Psychide aussi rare que sa parure est modeste, aussi petite qu’elle semble dépourvue d’intérêt au premier abord.
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M. Heylaerts a fait l'éducation complète de cet insecte que bien peu de naturalistes -possèdent en collection; il a raconté son histoire dans un important mémoire publié dans les Annales scientifiques de ; « Stettin, entomol. Zeitung 1875, p. 30. » Je lui emprunterai certains détails de mœurs de la Tarnierella, détails que je n’ai pu constater moi-même dans la nature, ainsi que l’a si bien fait mon très obligeant collègue.
Je figure l’insecte sous ses diverses formes ; ce qui n’avait point encore été fait.
On ne savait à peu près rien de cette Æpichnopteryæ découverte en 1847, aux environs de Dijon, par M. Tarnier, et décrite par Bruand, lorsque, au printemps de 1871, le docteur Heylaerts a retrouvé aux environs de la ville de Bréda, quelques Tarmerella # qu’il prit au vol. Plus tard, par suite de travaux de terrassement exécutés au lieu où l'espèce avait été capturée, M. Heylaerts ne la retrouva plus et la croyait disparue à jamais, lorsqu'un jour il découvrit plusieurs fourreaux de l’Epichnopter. Pulla, Esp. dans « une autre localité nommée : la lunette À, reste des anciennes fortications de Bréda » celte localité est exposée au soleil et les herbes y croissent en abondance, dès le mois de mars. Les chenilles mangeaient plusieurs graminées, mais surtout l’Holcus mollis. « J'en avais pris un certain nombre, nous dit M. Heylaerts, lorsqu'un jour je remarquai quelques sacs (fourreaux) plus petits que les autres.
« Après avoir bién soigné les petites bêtes (la nourriture étant l'Æolcus molls), j’eus le plaisir de voir se développer un beau le 30 mai. Le lendemain apparurent encore deux da, J'avais trouvé six fourreaux dont deux me donnèrent des Ichneumonides; donc il y en avait encore un. En l’examinant le 10 juin, je remarquai le bout anal du petit sac tout grand ouvert. Je le coupai prudemment, et j'y trouvai
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une ©; la chrysalide s'était fendue par en haut. La © avait poudu déjà quelques œufs qui étaient assez grands proportionnellement et d’un blanc jaunâtre. »
CHENILLE
Parvenue à son entier développement, elle mesure 6°” environ. Sa forme n’a rien de particulier et rappelle tout-àfait les chenilles de la plupart des Zpichnopterix, c’est-à-dire qu’elle est cylindrique, d’un jaunâtre un peu vineux, devenant d’un jaune testacé après la préparation et la dessiccation de la petite larve. Elle a 16 pattes dont les membraneuses très courtes, sont invisibles à l’œil nu. La tête est globuleuse, d’un brun noirâtre et luisante; les pattes écailleuses sont robustes, également brunes, avec le dernier article testacé ; les pattes ventrales et anales, vues à une forte loupe, sont garnies en dessous de petits crochets noirs. Les trois premiers segments ainsi que le dernier sont munis de leur plaque écailleuse brune et luisante ; celle du premier anneau est très large et partagée au sommet par un fin sinus, les plaques des 2"° et 3"° segments sont accompagnées, de chaque côté, d’un point écailleux brun assez visible. Les 4” et °° anneaux sont recouverts de légers renflements concolores, luisants, mais nullement écailleux.
La chrysalide n’a rien qui la distingue, pour la forme, de celle de Pulla, si ce n’est son exiguité.
Bruand aurait décrit exactement l’insecte parfait æ s’il n'avait laissé supposer que les ailes sont bordées de jaune « margine flavo-sericed »; ce qui n’est pas, puisque les franges sont à peine plus claires que le fond qui est, lui-même, d’un noir fuligineux chez l’insecte fraîchement éclos,
Les quatre ailes sont allongées, sensiblement arrondies, d’un brun noirâtre, soyeux, uniforme. Les antennes sont grandes épaisses et grossièrement pectinées. Le thorax est robuste, l'abdomen bien développé.
La *, suivant M. Heylaerts, n’a que 4"” de long ; elle est vermiforme, d’un brun jaunâtre soyeux. La tête, courbée en bas, est de la même couleur que les écussons du thorax et porte deux points oculaires noirs, Les pattes ne sont que des tronçons rudimentaires. L’abdomen qui n'est pas très large, s’allonge en espèce d’oviducte. Elle ne quitte jamais son fourreau.
Le fourreau du est un peu plus grand que celui de la © ; sa longueur est de 7 à 8"%, il est formé de très petits brins de graminées ägglomérés ; il est ordinairement cylindrique, mais parfois quadrangulaire.
Pour se transformer, la petite chenille attache définitivement son fourreau à une tige d'herbe.
M. Guenée a décrit une variété méridionale de Tarnierella qu'il a nommée Mirmidonnella. Monogr. Bruand, p. 79, fig. 55. Cette variété constante ne se distingue pas du type d’une manière appréciable. C’est du moins l’avis de Bruand, avis que je partage moi-même.
M. Heylaerts se demande comment il se fait que depuis qu’a été prise la Tarnierella aux environs de Dijon en 1847, on n’ait pas, jusqu'à ce jour, retrouvé cette espèce. Cette opinion du savant docteur hollandais n’est certainement pas fondée, puisque la Var. Myrmidonnella a été rencontrée en Provence par Boyer de Fonscolombe, et, aussi, par M. Bellier de la Chavignerie. Foudras, de Lyon, a capturé le type en 1852, dans le département du Rhône. Enfin, j'ai retrouvé cette même Var. Myrmidonnella, Gn., au printemps 1877, au pied de l’Estérel, à 14 ou 16 kil. de Cannes.
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Si cette Psychide semble rare partout, cela ne tient-il pas à son exiguité et à sa couleur obscure ?
Ces trois exemplaires de Myrmidonnella capturés tous en Provence, représentent une variété géographique constante ; mais, je le répète, je ne vois en elle qu’une simple aberration de la Tarmerella.
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Avant de clore ce fascicule, une observation rectificative est devenue nécessaire.
J’ai figuré, pl. III, n° 7, une chenille sous le nom de Dentula, Led. (??) L’éclosion de l’insecte qui vient d’avoir lieu me prouve que ce n’est point l’Euxestis Dentula attendue, mais la Paida Mesogona, God., lépidoptère fort rare, et entièrement inconnu sous ses premiers états.
Si, dans le classement des VNycteolidae, H.$., la Dentula précède les Nola comprises dans les Zithosidae H. $., la Mesogona suit immédiatement le genre Mola.
La chenille de Mesogona a 16 pattes, celles des Nola n’en ont que 14. Je dirai aussi que l’éclosion hâtive de cette Nycteolida est remarquable ; son état léthargique ne dure en effet que 18 à 20 jours au plus.
Les chrysalides, dont j’ai attendu si longtemps léclosion, s'étant desséchées, j'ai dû, cet été 1878, renouveler l’expérience qui, cette fois, a pleinement réussi. 11 m’est donc éclos récemment un certain nombre d'exemplaires de la Mesogona.
Cannes, 30 septembre 1878.
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