Vykhojou odin ia na dorogou. 1841. I
Je m'avance seul sur la route :
Au travers de la brume brillent les cailloux du chemin; La nuit est paisible ; la solitude écoute Dieu Et l'étoile s'entretient avec l'étoile.
================ AMOUR ET INTIMITES
Dans le ciel, spectacle auguste et merveilleux ! La terre dort dans un rayonnement bleuâtre. . . Pourquoi suis- je si douloureux, si accablé? Attends-je quelque chose ? Regretté-je quelque chose?
Delà vie je n'attends plus rien, Et du passé je ne regrette rien ; Je cherche la liberté et le repos, Je voudrais trouver l'oubli et m'endormir,...
Mais non pas de ce sommeil froid du tombeau... Je voudrais pour toujours m'endormir, de façon Que sommeillent en mon cœur les forces de la vie, Que, respirant, mon sein doucement se soulève ;
Je voudrais que nuit et jour, charmant mon oreille, Une douce voix vînt me parler d'amour , Que sur ma tête, éternellement vert, Un sombre chêne s'inclinât en bruissant.
Cette « méditation », si remplie d'apaisement et comme baignée de sérénité, donne des indices sur l'état d'esprit de L. la dernière année de sa vie. Il semble s'être détaché de plus en plus de son amertume. Est-ce sous linfluence de Heine ? Dans cette pièce encore on peut saisir de lointaines analogies avec la poésie Der Tod, das ist die kùhle Nacht (Buch der Lieder. Die Heimkehr, n° 89). Revien.t encore ici le thème poétique développé déjà dans V Amour d'un mort (n° 20).