‹ LermontovChapitre 29 sur 54 · Niet, ne tébia takpylko ia lioubliou. 1841. I · texte numérisé non relu

Niet, ne tébia takpylko ia lioubliou. 1841. I

Non, ce n'est pas toi que j'aime si ardemment, Ce n'est pas pour moi que brille ta beauté, — Ce que j'aime en toi, ce sont mes peines passées Et ma jeunesse évanouie.

Quand parfois je te contemple, Dans tes yeux plongeant un long regard, Un entretien mystérieux m'occupe, Mais ce n'est pas à toi que je parle en mon cœur.

Je parle à l'amie de mes jeunes ans, Dans tes traits je cherche d'autres traits, Dans tes lèvres vivantes, des lèvres dès longtemps

muettes, Dans tes yeux, le feu de regards éteints.

L'accent profond de passion indestructible qui anime cette pièce a fait penser qu'elle s'adresse, comme plusieurs autres où le ton est le même, à Barbe Lopoukhina que, par une fiction poétique, L. pouvait représenter comme morte. On y peut reconnaître encore la manière de Heine, dans V Intermezzo.

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