‹ LermontovChapitre 9 sur 54 · Gliajou na boudouchtchnost' . . . 1836. I · texte numérisé non relu

Gliajou na boudouchtchnost' . . . 1836. I

Je contemple l'avenir avec crainte, Je contemple le passé avec regret, Et comme le criminel avant le supplice, Je cherche autour de moi une âme-sœur.

Va-t-il venir, le messager de la délivrance, Me découvrir le sens de la vie,

(1) Nous suivons le texte de Vvedenski. Les autres variantes : « Ce sera mon génie, ou bien personne », « Ce sera le poète... » proviennent de corrections de la censure* Le sens exact du vers est assez obscur.

AMOUR ET INTIMITES

Le but des espoirs et des passions ?

Me dire ce que Dieu m'a préparé, Pourquoi si douloureusement il a contrecarré Les espérances de ma jeunesse ?

A la terre, j'ai payé un tribut terrestre D'amour, d'espoirs, de bien et de mal.

Je suis prêt à recommencer une autre vie... Je me tais et j'attends... Le moment est venu... Au monde je ne laisserai pas un frère ; Les ténèbres et le froid se sont emparés De mon âme fatiguée :

Semblable au fruit précoce, privé de sève, Elle s'est flétrie dans les tempêtes du destin A l'ardeur dévorante du soleil de la vie.

L'image du fruit précoce se rencontre déjà dans /a pièce I, 265, qui se trouve dans une lettre de 1832 adressée à Marie Alexandrovna Lopoukhina. Nous devons citer en partie cette pièce, dont plusieurs éléments ont été utilisés par L. à diverses reprises : « Il était né pour le bonheur, pour les espoirs — et les calmes inspirations ! Mais, l'insensé, — trop tôt il dépouilla ses vêtements d'enfant — et lança son cœur sur la mer de la vie bruyante :

— le monde ne l'épargna point et Dieu ne l'a pas sauvé !

— Pareil au fruit juteux, mûri avant le temps, — qui pend parmi les fleurs, comme un orphelin, — il ne réjouit ni le goût, ni les yeux, — et l'heure de leur beauté est l'heure de sa chute ! — Et le ver avide le ronge, le ronge, — et tandis que ses tendres compagnons — sont à peine attachés à leurs branches, lui, le fruit précoce — charge déjà la sienne... jusqu'au prochain orage ! » Voir n°" 38 et 10.

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