HERMINIE ET LES RERGERS
La fille du roi d’Antioclie autrefois vaincu par Tancrède, l’amante désolée et la guerrière, Herminie, a quitté le camp des chrétiens. Lille entre dans une foret obscure et s’endort. En s’éveillant, elle voit des bergers qui s’amusent et chantent; elle vient à eux leur demander l’hospitalité. Les bergers s’intimident en voyant ses armes. — «Ne craignez rien, leur dit-elle, après les avoir salués, en ôtant son casque qui montre ses cheveux d’or, ces armes ne sont point destinées à troubler vos travaux et vos chants.»
Ce tableau rayonne au-dessus de tout éloge. L’Hor-
minie est superbe d’expression.... La belle guerrière ! Comme on devine sous cette cuirasse un cœur amoureux et vaillant.... Les groupes de bergers sont d’une souveraine grandeur, — le paysage ne le cède en rien à celui de V Ovide. La couleur, la lumière ont une intensité, une vigueur toute particulière ; les personnages vivent et s’agitent.
Le sentinent général est une rudesse aimable, une farouche grâce, une naïveté, une grandeur simple et bonne, une paix austère et bienveillante à l’âme agitée de passions, qui sont le pur écho de l’âme du Tasse, et disent le génie d’assimilation du peintre, ce grand poète et ce philosophe de la forme.