CONTE
Il était une fois un fleuve et un coin de terre si beaux, si beaux... que personne n’en parlait.
Le ciel se trouvait tout heureux de le regarder, lui-même se reflétait dans l’eau, à de certains jours avec des nuances ineffables.
Tous les musulmans qui venaient voir ce beau paysage y tombaient en extase, bénissaient le prophète, et s’en revenaient avec la nostalgie des paradis rêvés.
C’est qu’il ne ressemblait à aucun autre et gardait quelque chose de la. mystérieuse sérénité du ciel. '
11 était tendre comme une âme, et harmonieux comme le corps des grâces. Oh! l’étrange paysage!
Un grand peintre, un grand poète le vit, par hasard, et le fixa à force de rayons sur sa toile. Le ciel semblait avoir souri à son travail.
Mais quand il voulut le montrer à la foule, elle frotta ses yeux incrédules et cria au miracle pour avoir le droit de douter de tant de merveilles.
Plaignons la foule, ami, et prions Dieu qu’elle fasse un jour le voyage pour la gloire du peintre et du chef-d’œuvre.