‹ Les 332 victimes de la Commission populaire d'Orange en 1794, d'après les documents officielsChapitre 12 sur 72 · BAGOT · texte numérisé non relu

BAGOT

Drôme l'avait envoyé à Die en 1793 en qualité de commissaire surveillant. Le comité de Salut public le nomma juge à Orange. D'après les lettres de Fauvety et de Moureau, que nous avons citées, il est facile de comprendre que Melleret était porté à l'indulgence. Il voulait des preuves avant de condamner ; ce qui contrariait Fauvety, Fernex et Ragot. Aussi le président le dénonça comme n'étant pas à sa place dans un tribunal révolutionnaire. « Melleret, dit-il, mon quatrième collègue ne vaut rien, absolument rien au poste qu'il occupe; il est quelquefois* d'avis de sauver des prêtres contre-révolutionnaires ; il lui faut des preuves comme aux tribunaux ordinaires de l'ancien régime. Il inculque cette manière de voir et d'agir à Roman, il le tourmente, et tous les deux réunis nous tourmentent à leur tour. Nous avons quelquefois des scènes très fortes. Melleret enfin est patriote, mais il n'est pas à sa place » (1). Fauvety avait raison. Melleret avait puisé dans le sein d'une famille honorable et chrétienne des sentiments de droiture et d'équité. Son père jouissait de l'esti" me publique ; il avait été nommé administrateur par l'assemblée conservatrice de Chabeuil en 1790, et réélu en 1791 ; il commandait la garde nationale de sa commune à la fédération de Romans.

En des temps plus tranquilles,MelIereteùt été, comme Roman- Fonrosa, un juge intègre et impartial.

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