IV. Fernex» Juge
Fernex (Joseph) était ouvrier en soie à Lyon. On voit dans la collection de Melville-Glaver qu'il avait été membre de la Commission révolutionnaire établie dans cette ville, laquelle fonctionna depuis le 8 frimaire jusqu'au 18 germinal an II (28 novembre 1793 au 6 avril 1794), et envoya à l'échafaud 1684 victimes. <^ Fernex, dit Aimé Guillon (3), est le seul des cinq ju-
(1) Rapport de Courtois N*» CXVlii.
(2) Réponse de Roinan-Fonros 18, n- CXVlll.
(3) Histoire du siège de Lyon.
(2) Réponse de Roman-Fonrosa, le 30 messidor. — Rapport de Courlois, n- CXVlll.
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ges de la Commission populaire à qui on ne put jamais arracher la moindre marque de sensibilité. Sauvage, vivant seul, n'ayant pas même de liaison d'intimité avec les quatre autres, il était sans pitié pour l'homme riche, et pour celui qu'il ne croyait pias dévoué à la République. Son mot ordinaire était : « Je donne ma vie pour que la Révolution triomphe. »
Il accepta avec empressement l'emploi de juge de la Commission populaire. A Orange comme à Lyon, il se montra cruel et farouche, et il était considéré comme le plus impitoyable. Ecrivant à Robespierre, dont il était le misérable espion, il laisse entrevoir la haine dont son cœur est rempli contre les riches, les prêtres et les nobles.
« Brave sans-culotte, si j'ai différé longtemps à te remercier d'avoir bien voulu te charger de mon affaire, c'est que tu me témoignes un vif désir de connaître ceux qui cherchent leur tête, et que j'attendais pour cela de pouvoir t'en faire passer la liste, dans laquelle, malgré que la majorité de la Commission soit animée des mêmes sentiments et guidée par les mêmes principes que toi, tu verras encore une quantité de ceux que tu crois n'avoir été que des mannequins, et qui le sont effectivement selon moi. Malgré la répugnance que l'on éprouve à les condamner, néanmoins on ne peut s'en dispenser, tant, ils sont compromis ; mais aussi quananous trouvons Coccasimi de nous en venger sur ceux qui ont cru se tenir derrière le rideau^ tels que messieurs les gens d'affaires, les prêtres, les nobles et ce qu'on, appelait les ci-devant, ces messieurs de la première volée, nous ne les manquons guères, comme tu verras, et nous tâchons de les punir de leur perfidie, en leur faisant pressentir, dès Vouverture des débats, quel sera pour eux le résultat. »
Le président de la Commission nous le montre marchant au pas avec lui et Ragot (1); c'est dire qu'il ne reculait devant aucun assassinat. Et Moureau ajoutait : « Les deux juges de Commune-Affranchie sont excellents, et celui qui les a choisis se connaît en hommes (2). »