‹ Les 332 victimes de la Commission populaire d'Orange en 1794, d'après les documents officielsChapitre 19 sur 72 · XI. Nappier» Huissier · texte numérisé non relu

XI. Nappier» Huissier

Nappier (Eustache) naquit à Montreuil-l'Argillé (Eure), le 15 mars 1751. Il habitait Paris depuis l'âge de quatorze ans, et avait pris part aux grands drames juridiques de la Révolution. Comme huissier, il avait accompagné Marie-Antoinette jusque sur les marches de l'échafaud, et avait dressé le procès-verbal de son exécution. Attaché au tribunal révolutionnaire, lors du procès des Girondins, il empêcha les suprêmes adieux de ces victimes de la révolution ; il assista aussi impassible à la scène où les guichetiers de la conciergerie insultaient Bailly de la manière la plus révoltante, au moment où il allait être conduit au supplice. Il méritait de figurer dans la Commission populaire, dont il fut nonmaé huissier sur la recommandation de Fouquier-Tinville.

Les dépositions faites par le bourreau au tribunal criminel de Vaucluse disent que Nappier et Viot dépouillaient les condamnés de leurs effets, de leurs bijoux et de leur argent pour se les approprier. Il fut pour ce fait condamné, le 7 messidor an III (25 juin 1795), à douze ans de fers et à l'exposition sur la place publique pendant six heures. Attaché à un poteau, il

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narguait le peuple, il ripostait par des invectives grossières aux plaisanteries de la foule. Sa contenance et son langage irritèrent les spectateurs, qui se ruèrent sur lui, l'accablèrent de coups et le mirent en pièces. Ses restes sanglants mis sur un tombereau furent jetés au Rhône.

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