VIM
DEVOIRS DLS CONVIVES.
OcToirs des convives envers l’amphitryon.
Le premier des devoirs d’un convive est l’exactitude. Et c’est le seul dont nous parlerons ici.
L inexactitude des convives amène nécessairement,, fatalement l’inexactitude du service. Si un mets attendu est généralement bon, un qui aLlend perd presque toujours ses qualités. De là, démoralisation des chefs de-cuisine; de là, suppression de félicitations qu’ils sont souvent en droit d’attendre. Il n'en faut pas plus pour décourager un futur émule des Laguepière et des Carême. Il en vient a sacrifier le goût à la forme, ne pouvant flatter le palais, il se contente de fasciner la vue.
On ne saurait eucore trop s’élever contre l’élasticité qui affecte toute heure désignée pour un repas. Un véritable amphitryon ne doit jamais transiger sur ce point, et il lui laut surtout se bien pénétrer de cette vérité qu il est moinfe malséant de ne pas attendre un ou deux retardataires, que de laisser cinq ou six honnêtes convives, suivant douloureusement l’aiguille de la pendule et livrés à des bâillements convulsifs, qui décèlent les préoccupations de leur estomac. Honte aux retardataires, on ne saurait trop le répéter.
On traite généralement ces gens-la d’inexacts. Rien de plus faux. L’homme vraiment inexact est un distrait qui, s’il arrive trop tard aujourd’hui, paraîtra trop tôt demain et sera venu la veille au bon moment. Les retardataires dont nous voulons parler sont au contraire d’une exactitude parfaite. . . dans leur retard. Ce sont tout simplement des poseurs, qui n’ont pas trouvé un meil- Lcur moyen de faire parler d’eux. Pour d’autres, le retard est une sorte de consécration de leur mérite. Faire attendre, c’est arracher à tout ce peuple des salons 1 aveu de son vasselago.