‹ Les $5,000 de M. Mercier [microforme]Chapitre 7 sur 14 · AT · texte numérisé non relu

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et cela, malgré ses déclarations solennelles au contraire faites avant, pendant et depuis la contestation.

Plus tard, M. Mercier, qui voulait sauver son honneur aux dépens de n'importe qui et par n'importe quels moyens, à deimandé à M. Trudel qui le jure solennellement de dire en publie que lui M. Trudel avait gardé c’est-à-dire volé les $5,000, C’est probablement de cette manière que M. Mercier voulait payer l'intérêt des $500 à lui prêtées. L'histoire est à encadrer, Ecoutons-la :

Vers la fin d'août, je ne sais pas trop si M. Mercier m'a fait demander ou si je suis venu de moi-même, pour d'autres affaires, mais dans tous les cas, que ce soit de mon

ropre chef ou demande par lui, j'étais ici e vingt-neuf, Je suis allé voir M. Mercier, comme je ne manquais jamais de le faire quand je venais à Montréal.

M. Mercier, là, me dit : ‘* Trudel, je suis ‘dans une position désesperée et je vou- ‘ drais que vous me sauviez.”

Je lui dis : ‘“ Mercier, vous n'avez qu'à me dire comment je puis le faire et je ‘suis votre homme.” M. Mercier commença alors à me donner le moyen de lui être utile. Ce moyenconsistait à reprendre une partie de l’argent et à lui donner une lettre dans laquelle je dirais que les accusations qui avaient été faites contre lui étaient complètement fausses et que je n'avais remis à M. Mercier que le montant de ses frais.

Je dis à M. Mercier : ‘ Cela m'étonne de ‘vous entendre me demander une chose * comme celle-là. Réellement je ne pense ‘‘ pas que vous puissiez me demander cela,

“Je passerais pour avoir gardé l'argent ; je |

‘ passerais pour voleur du montant que je “n'ai pas payé.”

Il me dit : ‘ Vous n'êtes pas un homme ‘ politique et moi jen suis un, Dans un ‘avenir très rapproche, je serais en posi- +* tion de vous rendre cela.”

Je lui dis : ‘ Il m'est impossible de con- ‘* sentir à cela ; s’il n’y a pas d'autre moyen ‘ de vous aider, je ne suis pas capable de ‘le faire. Dites moi si je puis vous être

‘utile autrement qu’en me faisant passer :

“ pour un misérable et je le ferai.” lime dit : ‘* Qu'est-ce que ça fait avec

‘“cette bande de crasse-là ? Ils ie feraient ‘eux autres.”

Je lui dis : ** Voulez-vous me mettre sur ‘le mênre pied qu'eux.”

Finalement, je ne voulus pas consentir ; je laissai M. Mercier, je ne pourrais pas

dire mécontent, mais passablement découragé de mon refus. C'est là tout ce qui s’est passé,

Je revis M. Mercier dans le journée, il me dit: ** Songez-y Trudel ”, il y avait encore plusieurs jours ‘‘ qu’il l’espérait que je

le ferais.” J'ai quitté Montréal sans le faire.

Plus tard encore, M. Mercier offre à M. Trudel de lui rendre sur les $5,000 tout l’excédant des frais. Il va sans dire que M. Trudel refuse de nouveau. Alors M. Mercier en désespoir de cause organise dans son parti toute une conspiration pour essayer de faire croire que M. Trudel n’est pas croyable sous serment,

Quelle générosité ! quelle grandeur d'âme ! Déchirez ves vêtements, M. Mercier, cela ne prendra pas.

Comment ! M. Trudel, pas croyable, sous serment ! Votre cher Trudel ! Votre ani de cœur ! Allons donc, comment ne serait-il pas croyable ?— [1 raconte la même histoire que vous—avec plus de détails, c'est vrai, en y mettant moins de reticences, c’est encore vrai, mais c’est toujours la inème chose au fond.

Ce témoignage de M. Trudel est corroboré par celui de l'honorable R, Taflamme, ministre de là justice sous le gouvernement libéral.

Il est étonnant que M. Mercier n’essaie pas de faire croire au publie que celui-là aussi n'est pas croyable. Quant à prendre du galon, on n’en saurait trop prendre.

Voici, dans tous les cas, ce que dit l'honorable XF. Laflamme dans son témoignage :

Q. D'après ce que vous connaisse#, Île paiement de la somme decinq mille piastres était une condition du règlement ?

R. Quant à moi, je ne sais pas si j'ai su exactement à l'assemblée chez M. Mercier ou après quel était le chiffre du règlement.

Q. Je vous demande si, espere ce que vous connaissez aujourd'hui, le paiement de la somme de SIpq ie piastres était en considération de l'abandon de la poursuite en déqualification ?

R. Il n'y « pas dedoute que les cinq mille piastres (S5,000) étaient la considération qui devait étre nayée à raison de la discontinuation des procédés de déqualification.

M. L. O. David, un autre libéral important, et M. Dansereau jurent positivement la même chose, Sont-ils croyables sous serment, M. Mercier? Maintenant, qu'elle est l'opinion de l'honorable F, Langelier, le député de Mégantic, et sur l’objet du paiement et sur les dénégations du T'emps :

M. Amyot—A son retour de Montréal, vous a-t-il parlé de ce qui s était passé? (Il s'agit de M. Trudel.)

M. Langelier—Oui, quelque peu: m'a dit qu'il avait remis $5,000 à M. Mercisr, dela part des amis de M. Mousseau.

M. Amyot—Vous a:t-il dit que c'était dans le but d'engager M. Mercier à discontinuer la déqualification de M. Mousseau ?

M. Langelier—Il n’est pas entré dans les détails. Je crois qu'il a dit que cela se TARPETIONS a cette question:là,.

. Amyot—Alors que Ini avez-vous dit ?

M. Langelier--Je l'ai blûmé pour s'être prêté à cela ; mais il m'avoua au'il n'avait pu faire autrement, qu'il ne pouvait être couvert de honte à propos de cette affaire connue de tous les amis, que M. David l'avait engagé fortement à remettre l’argent à M. Mercier.

M. Amyot—Le l'emps ne niait-il pas que M. Mercier avait reçu les cinq mille piastres ?

M. Langelier—Je crois qu'il le niait, d’une certaine manière au moins.

Enfin,la Patrie, l'organe libéral à Montréal, a, elle aussi, donné son opinion.

Le 8 mai 1883 elle écrivait :

* Dans le Sfar du 17 avril, au cours d’une entrevue avec un reporter de ce journal, l'honorable M. Mercier disait au sujet de la contestation Mousseau qu’on l’avait menacé et continuait ainsi :

‘* Je répondis que ces MENACES NE M’AR- RÈTERAIENT PAS, que j'avais décidé de pousser jusqu’à la fin des fins le procès d'élection de Jacques-Cartier, même si je devais avoir contre moi tout le parti libéral et le parti conservateur.”..........

Cette cause célébre est maintenant terminée du consentement des avocats des deux parties......

Le premier ministre perd son mandat de député, mais il conserve ses droits politiqueg. La preuve contre M. Mousseau paraissait assez forte, de prime abord, pour faire croire qu’il rentrerait dans la vie privée avec la flétrissure de la dégualification pour sept ans, mais les AVOCATS EN ONT DÉCIDÉ autrement.

L'honorable M. Mercier avait annoncé à plusieurs reprises et de LA MANIÈRE LA PLUS EMPHATIQUE que l'ère des compromis était passée et qu'il mènerait JUSQU’AU BOUT la poursuite contre M. Mousseau.

Et il ne l’a pas fait !

La Patrie est-elle croyable, M. Mercier ?

Voilà donc M. Mercier cloué au pilori par tout le monde, amis comme adver-

saires.

Qu'il fasse ensuite insulter M. Benjamin

Trudel tant qu'il le voudra, M. Mercier ne détournera pas l'opinion publique et ne la trompera pas.

Vous avez voulu persécuter M. Mous-

seau, vous avez voulu des enquêtes, Eh bien vous en avez eu pour votre compte.

Dormez en paix, maintenant, si vous le pouvez, sous ce terrible fardeau des cinq mille piastres qui pèseront éternellement sur votre réputation d'homme public.

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